vendredi 29 février 2008
Le 5 août 1941 : le conseil municipal de Lapalisse s'inquiète du possible transfert de la sous-préfecture à Vichy.
Jeanne Labourbe : une Lapalissoise dans la Révolution russe
Jean Verdier : le service de l'Etat
Le magasin de nouveautés du père de Jean Verdier
dans les années 1930 sur la rue Nationale
L'odyssée révolutionnaire de Simon Dereure
jeudi 28 février 2008
Edme de La Poix de Fréminville : le prince des feudiste
S. HUG
(HUGSTEPHANE@aol.com)
Le docteur Jacques Laborde
Antoine Brun : la politique et les sciences
mercredi 27 février 2008
1940-1942 : l'école de Cadres au château des Vignauds
Honneur aux 51 sous-préfets de Lapalisse (1800-1940)

Le Père Jouanet était Lapalissois
mardi 26 février 2008
François Grèze : une certaine idée du mandat de maire

GREZE François
Chevalier de l’Ordre du mérite
Médaille d’honneur départementale
Maire de Lapalisse de 1971 à 1995
Conseiller municipal de 1995 à 1998
Docteur en médecine, rue Baudin
Fils d’un marchand de bois de la région sanfloraine et d’une institutrice, François Grèze fit des études de médecine à la faculté de Clermont-Ferrand, puis son internat à l’hôpital de Vichy. En 1951, il s’établit à Lapalisse comme médecin généraliste, tout d’abord sur l’avenue de la Gare, puis, rue Baudin. S’insérant peu à peu dans la vie associative, le Docteur Grèze devint Président de l’AAL de 1964 et le demeura pendant six saisons. Les débuts en politique de François Grèze datent de 1967, année durant laquelle il se présenta comme suppléant du centriste Charles Cointot aux législatives de mars. En mars 1971, le Docteur Grèze se présenta pour la première fois aux élections municipales. La décision de Lucien Colon, maire sortant, de ne pas se représenter, ouvrait une période d’incertitude durant laquelle le paysage politique local risquait fort d’être bouleversé. Trois listes se retrouvèrent en lice : une Liste républicaine indépendante d’administration et d’expansion communale (regroupant essentiellement des anciens colistiers de Lucien Colon et menée par son ancien bras droit, Jean Daumur), une républicaine pour le renouveau et l’expansion de Lapalisse (liste regroupant des hommes et des femmes neufs), sur laquelle figurait François Grèze, et une Liste des gauches pour une gestion sociale et démocratique (menée par le communiste Gaston Gay). Elu dès le premier tour sur une liste qui obtint finalement 14 sièges sur 21, le leadership de François Grèze n’allait finalement pas de soi face à sa colistière, Mme Jacqueline Dubuis, pharmacienne, qui le devançait de plus de deux cents voix. La place de la femme dans la vie politique n’étant pas encore une chose acquise dans cette France du début des années 1970, la plupart des colistiers de la Liste pour le renouveau et l’expansion de Lapalisse choisirent de se ranger derrière une candidature du Docteur Grèze au poste de maire. Le 26 mars 1971, au premier tour de scrutin, François Grèze fut élu maire de Lapalisse avec 14 voix contre 7 à Jean Daumur. Dans la foulée, Georges Ducout, cadre administratif et Firmin Périsse, cadre bancaire retraité, furent respectivement élus premier et second adjoints.
Le premier mandat du Docteur Grèze (1971-1977) fut celui des apprentissages pour un homme qui n’avait eu jusqu’alors aucune expérience des affaires municipales. Le dossier le plus important fut celui de l’extension et de la modernisation de l’hôpital rural qui évolua vers une structure du type maison de retraite et cela d’autant plus qu’à l’automne 1971 la maternité fut fermée pour des raisons sanitaires. En mars 1976, le Docteur Grèze décida de se porter candidat aux élections cantonales sous l’étiquette républicaine. Arrivé en tête au premier tour (2035 voix contre 1946 à Jean Daumur PS et 1085 à Gaston Gay PC), le report des voix de gauche au second tour profita largement à Jean Daumur qui fut élu conseiller général avec 2912 voix contre 2386 à François Grèze.
Aux municipales de mars 1977, la Liste sortante du Docteur Grèze se retrouva face à une liste d’union de la gauche pilotée par le conseiller général socialiste Jean Daumur et par le communiste Gaston Gay. Dès le premier tour, la liste républicaine pour la poursuite d’une expansion raisonnée du Docteur Grèze remporta les 23 sièges à pourvoir. Le 18mars 1977, le Docteur Grèze était réélu triomphalement maire de Lapalisse par l’ensemble des nouveaux conseillers municipaux. Georges Ducout fut réélu premier adjoint, MM. Francpourmoi, vétérinaire retraité et Chérasse, commerçant à la retaite, furent élus deuxième et troisième adjoints.
Le second mandat de François Grèze fut dominé par la signature d’un Contrat de Pays en 1978 regroupant à terme une trentaine de communes tout autour de Lapalisse au sein d’un SIAD (Syndicat Intercommunal d’Aménagement et de Développement). Les objectifs de ce Contrat de Pays était de lutter contre les effets de l’exode rural en soutenant les initiatives économiques et culturelles endogènes. Un centre de parachutisme fut notamment créé sur l’aérodrome de Lapalisse-Périgny en 1981, la même année, l’ancienne halle aux blés de la ville, la fameuse Grenette, fut réhabilitée en salle culturelle multifonction.
Aux municipales de mars 1983, la liste d’Union républicaine pour l’expansion de Lapalisse du Docteur Grèze se retrouva face à deux autres listes : une liste de l’Opposition unie, conduite par le tout nouveau conseiller général du canton de Lapalisse, Bernard Le Provost et une liste d’union pour la prospérité de Lapalisse et le soutien à la majorité présidentielle, rassemblant toutes les forces de gauche. Au premier tour du scrutin, la liste Grèze obtint la majorité absolue en remportant 21 des 27 sièges à pourvoir.
Passionné par les questions sociales, le Docteur Grèze, soutenu par son épouse qui animait d’ailleurs de nombreuses associations d’entraide, continua, lors de ce troisième mandat municipal, sa politique de modernisation et d’agrandissement de la Maison de retraite qui devint très vite un établissement modèle. Le 26 janvier 1986, le secrétaire d’Etat à la Santé, Edmond Hervé inaugura les nouveaux bâtiments en grande pompe. Ce troisième mandat fut aussi marqué par la rénovation du centre de secours, l’aménagement de la Place Jean-Moulin, la poursuite de l’assainissement des différents quartiers de la ville, l’extension des pistes et des locaux de l’aérodrome et la réalisation d’une Maison du temps libre.
En septembre 1988, le Docteur Grèze décida de se représenter aux élections cantonales. Sans étiquette au premier tour, il est devancé par le conseiller général sortant, Bernard Le Provost URB (1530 voix contre 1938). Le troisième homme, le communiste Gaston Gay, fort de ses 1045 voix se retrouva en position d’arbitre. Théoriquement, le report des voix de gauche aurait profité à François Grèze. Cependant, Gaston Gay décida de se maintenir au second tour, créant par la même occasion une triangulaire qui intéressa tous les observateurs politiques du pays. Entre les deux tours, le Docteur Grèze obtint le soutien du Parti socialiste en « remerciement » du soutien apporté par le maire de Lapalisse à la candidature présidentielle de François Mitterrand quelques mois plus tôt. La triangulaire du 4 octobre profita à Bernard Le Provost qui fut réélu conseiller général avec 2237 voix contre 2094 à François Grèze et 713 à Gaston Gay. Déçu par les résultats de ces élections, le Docteur Grèze décida le lendemain même de démissionner de son poste de maire de Lapalisse. Durant les jours qui suivirent 14 des 21 conseillers de sa majorité décidèrent de démissionner à leur tour. Le 4 décembre 1988, eurent lieu des élections municipales complémentaires mettant aux prises deux listes : une liste de rassemblement et d’ouverture pour l’administration de Lapalisse conduite par un Docteur Grèze regaillardi et une liste de rassemblement des forces de gauche conduite par le communiste Gaston Gay. La droite lapalissoise et son chef de file le conseiller général Le Provost préféra très stratégiquement ne pas participer à ce scrutin jugeant qu’il s’agissait d’une affaire interne à la gauche. Il n’est d’ailleurs pas faux de remarquer que la composition de la nouvelle liste Grèze faisait état d’une nette inflexion à gauche qui ne fut pas sans conséquence par la suite. Le résultat des urnes fut sans appel : la liste Grèze obtint 23 sièges n’en laissant que quatre à la liste de gauche.
Cependant, la crise politique de l’automne 1988 fragilisa la majorité municipale du Docteur Grèze dont l’aile droite entama un rapprochement avec l’opposition RPR de Bernard Le Provost. Aux élections municipales de mars 1989, trois conseillers sortant vinrent grossir les rangs de la liste de rassemblement d’union pour vivre et travailler à Lapalisse (URB). Confronté également à la traditionnelle liste d’union des forces de gauche, le Docteur Grèze fut mis en balotage. Au second tour, la liste du maire sortant triompha finalement en remportant 20 sièges, 6 revenant à l’opposition de droite qui doublait ainsi sa représentation au sein du conseil municipal.
Le quatrième mandat (1989-1995) du Docteur Grèze fut marqué par une certaine morosité. Alors que la situation économique du bassin d’emploi de Lapalisse ne cessait de se détériorer (fermeture de la SAVAB, des Ets Barthelot, Foucault, Crégut et Vynicuir), une partie de la population lapalissoise commença à exprimer sa volonté de voir s’installer à l’hôtel de ville une nouvelle génération d’élus municipaux. Le Docteur Grèze essaya d’enrayer la déstructuration du tissu industriel local en convaincant notamment le volailler Fléchard de venir s’implanter sur la ZA de Rosières. Malheureusement, la soixantaine d’emplois créée pesa finalement peu face aux trois cents emplois perdus en moins de dix ans…
François Grèze mit toujours un point d’honneur à garder une indépendance politique totale, quitte à tourner le dos aux réseaux départementaux et régionaux. Cette recherche constante de la liberté de manœuvres était encore possible au début des années 1980, mais passées les lois de décentralisation, il devint de plus en plus difficile de tenir cette ligne de conduite.
Dans l’espoir de défendre les intérêts de sa ville au niveau départemental, le Docteur Grèze décida de se présenter une nouvelle fois aux élections cantonales de mars 1994. Pour la première fois depuis bien longtemps, six candidats sont en lice. Un tel schéma facilita bien entendu l’éparpillement des voix . Au premier tour, l’URB Bernard Le Provost arriva largement en tête (35 %) devançant François Grèze (22 %) et Dominique Chassenieux (PS – 21 %). De façon théorique, le report des voix de gauche aurait du profiter à François Grèze. Cependant, au soir du second tour, Bernard Le Provost fut réélu avec 53,82 % des voix et réalisa même l’exploit de devancer à Lapalisse le Docteur Grèze de cent cinquante voix. La donne politique locale était en train de changer à quelques mois du renouvellement municipal.
La campagne électorale de 1995 s’annonçait difficile pour le Docteur Grèze qui dut tout d’abord prendre acte de la volonté de certains de ses conseillers de se retirer de la vie politique locale. D’ autres essayèrent de le convaincre de ne pas s’engager dans un cinquième mandat dont la conduite serait forcément très difficile. Défendant bec et ongles son bilan, le Docteur Grèze décida de constituer une liste Horizon 2000 qui se retrouva face à une liste de rassemblement et d’union pour vivre et travailler à Lapalisse conduite par Bernard Le Provost. Les résultats des urnes furent sans appel, dès le premier tour la liste Le Provost obtint la majorité absolue enlevant 21 des 27 sièges à pourvoir.
Le docteur Grèze se retrouva donc simple conseiller municipal après avoir été le premier magistrat de la ville pendant vingt-quatre ans. Après trois années d’opposition parfois tendue avec la nouvelle équipe municipale, François Grèze démissionna de ce mandat le 5 mars 1998. Vendant peu après ses biens lapalissois, le Docteur Grèze choisit de se retirer dans sa propriété bussetoise.
S. HUG
18 juin 1939 : inauguration du Jardin public de Lapalisse

Le jardin public de Lapalisse, fut la réalisation-phare de la municipalité de Charles Rousset, élu maire en 1935.
Les festivités débutèrent le samedi 17 juin par une retraite aux flambeaux et une fête foraine. Le lendemain, les principales artères de la ville furent décorées pour accueillir les officiels : Lucien Lamoureux, député de l'Allier, M. Adam, préfet de l'Allier, M. Vernay, sous-préfet de Lapalisse, M. Jean Beaumont, sénateur de l'Allier, M. Faure-Laurent, architecte du projet, une demi-douzaine de Conseillers généraux, les maires de l'arrondissement... Seul, le ministre du Commerce, devant à l'origine présider les festivités, ne put venir, retenu par une autre inauguration... celle de la foire de Zurich. Ce fut sous un soleil éclatant qu'une foule importante se pressa dans les allées du tout nouveau parc lapalissois. L'Union Musicale prenant possession du kiosque divertit les visiteurs. Après une rapide visite de la nouvelle école primaire édifiée Avenue de la Gare et un banquet réunissant une centaine de convives à l'Hôtel Renaud, vers 15 heures, un défilé de chars fleuris s'ébranla dans les rues de Lapalisse. Tout s'acheva pour un nouveau et ultime concert de l'Union Musicale sous le marché couvert et une bataille de fleurs. La fête foraine résonna jusqu'à une heure tardive... (Le Progrès de l'Allier du 19 juin 1939)
S. HUG
Au temps du Tacot
Photo 1 : vue de la ligne du Tacot sur les hauteurs de Lapalisse, photo 2 : carte du tracé du Tacot dans la région de la Lapalisse, photo 3 : l'automotrice De Dion MH, ultime "Tacot" sur la ligne Dompierre-Le Mayet, photos 4 et 5 : horaires de la ligne Dompierre-Le Mayet en 1938, photo 6 : la gare de Lapalisse-ville avant 1914.
Lucien Colon : le maire de l'expansion

COLON Lucien
(Saint-Prix 1903 - Lapalisse 1974)
Chevalier des Palmes académiques
Médaille d'honneur départementale et communale
Membre du Comité de Libération de Lapalisse en août 1944
Conseiller municipal de 1945 à 1947 et de 1953 à 1959
Maire de Lapalisse de 1959 à 1971
Conseiller général du Canton de Lapalisse de 1951 à 1974
Représentant de commerce, Montplaisir
Bien que Saint-Prissois d'origine, Lucien Colon eut une jeunesse avant tout lapalissoise. Issu d'un milieu modeste, Lucien Colon entra dans la vie professionnelle en tant que représentant de commerce et se spécialisa vite dans la vente d'articles chaussants d'intérieur. A la fin des années 1920, Lucien Colon épousa une jeune lapalissoise, Renée Reveret, fille d'un petit commerçant. Lucien Colon se forgea une première culture politique auprès des Radicaux lapalissois (le Docteur Baudon, Auguste Coche, Claudius Papon...) Néanmoins, ce fut sur la liste d'opposition d'Action communale qu'il se présenta pour la première fois aux élections municipales de mai 1935. Barré par son manque d'envergure publique, Lucien Colon ne recueillit que 348 voix. Mobilisé à l'automne 1939, Lucien Colon fut fait prisonnier par les forces allemandes lors de la Débâcle et ne recouvra la liberté que courant 1942.
Les années d'Occupation furent déterminantes dans l'itinéraire politique de Lucien Colon. Devenu délégué local aux prisonniers de guerre, la renommée de notre homme se fortifia de jour en jour. Voyageur de commerce infatigable, Lucien Colon recommença à sillonner tant bien que mal les routes de la région servant à l'occasion d'agent de liaison entre différents réseaux de résistance. La Libération venue, Lucien Colon était devenu un personnage incontournable de la vie lapalissoise. Dès août 1944, il siégea au sein du Comité de Libération qui administra la ville de Lapalisse jusqu'aux élections municipales de mai 1945. Confortablement élu conseiller municipal avec 1100 voix, Lucien Colon prit peu à peu ses distances par rapport aux orientations politiques de Charles Bécaud. Il décida de ne pas se représenter aux élections municipales d'octobre 1947.
Quatre années plus tard, notre homme retrouva le devant de la scène politique locale de la plus brillante des manières. Candidat républicain indépendant aux élections cantonales d'octobre 1951, Lucien Colon se retrouva au coeur d'une quadrangulaire opposant le conseiller général sortant, maire du Breuil, Antoine Brun (SFIO), et deux autres Lapalissois, Paul Baptiste (PC) et Jean-Marie Depeyre (RPF). Au premier tour, Lucien Colon n'arriva qu'en troisième position avec 1130 voix. Cependant, Antoine Brun, froissé de n'avoir pu être élu dès le premier tour, se retira de la course. Profitant d'un très bon report des voix du candidat gaulliste, Lucien Colon fut élu avec 2116 voix, contre 1866 voix à Charles Bécaud (qui avait remplacé au pied levé Antoine Brun sous l'étiquette de la Démocratie sociale) et 1622 voix à Paul Baptiste. Mais au-delà de ce succès électoral, Lucien Colon se repositionnait auprès des électeurs lapalissois : avec 942 voix, Lucien Colon devançait outrageusement le candidat communiste (341 voix) et surtout le maire de Lapalisse, Charles Bécaud (260 voix). Deux ans plus tard, Lucien Colon se représenta aux élections municipales sur une liste unique qu'il codirigeait avec Gilbert Barthelot. Récoltant 1184 voix, Lucien Colon devançait d'une longueur tous ses colistiers. Une fois élu maire de Lapalisse, Gilbert Barthelot créa un troisième poste d'adjoint afin de récompenser le soutien politique que lui avait fourni Lucien Colon.
Confortablement réélu conseiller général du canton de Lapalisse au premier tour du scrutin de 1958 (3367 voix contre 1372 à Gaston Gay (PC) et 762 à Jean Parillaud (SFIO), Lucien Colon conduisit seul une liste unique aux municipales de mars 1959. Sans surprise, les 21 colistiers furent élus dès le premier tour. Les deux grands objectifs de la politique communale de Lucien Colon furent de moderniser la ville et d'encourager le développement économique. Conseiller général depuis déjà deux mandats, Lucien Colon travailla en liaison directe avec le Comité d'expansion économique de l'Allier et les différents services départementaux dont il avait une excellente connaissance. Son travail de terrain était excellemment relayé (d'aucuns diront pensé) par le secrétaire de la Mairie de Lapalisse, Jean Daumur, futur conseiller général. Les entrées de la ville furent embellies, de nouveaux égouts furent créés, l'éclairage public généralisé à tous les quartiers, un nouveau dispensaire inauguré... A partir du début des années 1960, la Société d'exploitation des Eaux de Charrier (Saint-Priest-Laprugne) choisit d'installer en gare de Lapalisse-Saint-Prix un service d'expédition. En 1963, les époux Batigne créérent les Etablissements VINYCUIR (maroquinerie scolaire) sur la toute première zone d'activité lapalissoise, avenue de Verdun.
En novembre 1962, Lucien Colon accepta opportunément (l'opportunisme n'étant pas la moindre de ses qualités) de devenir le suppléant de Pierre Coulon, député-maire de Vichy, lors des législatives de novembre. Le but de la manoeuvre était double : pour Pierre Coulon, l'alliance avec un homme du cru sachant parler au peuple était nécessaire, pour Lucien Colon, la survie politique passait désormais par un rapprochement avec les gaullistes départementaux. Pourtant, peu de liens unissaient les deux hommes. Cette alliance de circonstance fut facilitée par l'entremise d’un ami commun, M. Montagnier, marchand de vins à Lapalisse. Au second tour, Pierre Coulon perdit son siège de député au profit du centriste cussétois, Gabriel Péronnet, qui inaugura ainsi une brillante carrière politique. Le même mois, Lucien Colon se présenta sans succès aux élections sénatoriales. Défendant les couleurs du radicalisme bourbonnais, il espérait rassembler derrière son nom une grande partie du collège électoral de l'Est de l'Allier. La défaite fut cuisante.
Aux élections cantonales de mars 1964, le paysage politique local était singulièrement différent de celui de 1958. Au premier tour, pas moins de six candidats se retrouvèrent en compétition. Cette situation ne pouvait que favoriser l'éparpillement des voix d'autant plus que la plupart des candidats se distinguaient par leur jeunesse. Arrivé en tête au premier tour avec 1267 voix, Lucien Colon triompha au second tour avec 2038 voix (contre 1666 à Claude Méténier, radical-socialiste, droguiste lapalissois et 1317 à Jean Sylvaire, maire d'Arfeuilles, candidat indépendant).Bien que réélu, Lucien Colon ne pouvait ignorer que plus d'un tiers de ses électeurs de 1958 (soit près de 1 000 voix) lui avaient tourné le dos.
Aux élections municipales de 1965, la liste dirigée par Lucien Colon se retrouva une nouvelle fois seule en lice. L'ensemble de la liste fut confortablement élue dès le premier tour de scrutin, mais il est important de noter que Lucien Colon se retrouva devancé au nombre des voix par dix de ses colistiers : en l'espace de deux années, les électeurs avaient réduit de façon notable la marge de manoeuvre du maire de Lapalisse.
Durant son second mandat municipal, Lucien Colon continua à encourager le développement économique de la ville. En 1966, un abattoir flambant neuf fut ouvert sur le site de la Zone d'Activités de Lubillet. En 1969, le principe de la fondation d'une société regroupant les intérêts de six volaillers (quatre lapalissois, MM. Orrechia, Cote, Baillon et Mme Barret, auxquels se sont greffés M. Delorme de Changy et M. Pralut de Saint-Martin d'Estreaux) fut entériné. La SAVAB (Société des Abattoirs du Val de Besbre) débuta ses activités en mars 1970 tout contre le nouvel abattoir municipal. Alors qu'à la fin des années 1950 Lucien Colon avait soutenu le dossier de l'Ecole ménagère agricole inaugurée en 1959 (l'actuel Lycée Professionnel Agricole Antoine-Brun), il porta à bout de bras celui de la création d'un collège d'enseignement secondaire qui fut inauguré en 1968 (rebaptisé Collège Lucien Colon en 1982).
Aux élections cantonales de mars 1970, Lucien Colon reconquit une partie de son électorat et fut brillamment réélu conseiller général du Canton de Lapalisse dès le premier tour avec 2356 voix (contre 1205 à Gaston Gay, instituteur lapalissois, Parti communiste et 545 voix à Jean Laurent, entrepreneur lapalissois, sans étiquette). Lucien Colon décida de ne pas se représenter aux élections municipales de mars 1971. Le conseil municipal sortant se présenta donc uni mais sans véritable champion devant les électeurs lapalissois. Au terme d'une campagne indécise, la liste rivale obtint une courte majorité et l'inattendu Docteur Grèze fut élu pour la première fois maire de Lapalisse.
Le 14 novembre 1974, Lucien Colon s'éteignit à son domicile de la rue Marcel Déborbes, fier d'avoir transformé sa bonne ville de Lapalisse, mais ne laissant derrière lui aucun véritable héritier politique, faute peut être de n'avoir jamais eu d'enfants.
S. HUG
(HUGSTEPHANE@aol.com)
Les Bécaud : les hommes de la Résistance
LES BECAUD
Charles Bécaud (1887-1955)
(personnage le plus à droite sur la photo ci-contre)
Conseiller municipal de 1935 à 1941
Maire de Lapalisse de 1945 à 1953
Chevalier de la Légion d'Honneur
Croix de Guerre 1939-1945
Médaille de la Résistance
Marchand de bois et de combustibles, Quai de la Besbre
Raymond Bécaud (1913-2000)
(photo de droite)
Membre du Comité de Libération de Lapalisse en août 1944
Maire de Lapalisse de septembre 1944 à mai 1945
Croix de guerre 1940
Marchand de bois et de combustibles, rue du 4-Septembre
Charles Bécaud débuta sa carrière professionnelle dans la scierie Labaye à Magnet. Au tout début des années 1920 Charles Bécaud créa sa propre affaire au lieu-dit Le Châtelier, sur la commune de Saint-Prix. A peu près à la même époque, au bénéfice d'une association avec son cousin Jean-Pierre Charasse, Charles Bécaud étendit ses activités en créant un dépôt de combustibles et une entreprise de roulage, implantés quai de la Besbre, tout contre son domicile où grandirent ses six enfants.
Entre temps, Raymond, fils aîné de Charles, appartenant aux Forces Françaises de l'intérieur (FFI - résistance gaulliste) fut choisi fin août 1944 pour présider le Comité de Libération de Lapalisse composé de huit autres membres : Claude Rousset, Antoine Guy, Claudius Papon, Lucien Colon, le Docteur Perrin, Joseph Bel, Gaston Perisse et Alphonse Bletterie. Le 11 septembre 1944, Raymond Bécaud reçut, par arrêté préfectoral, une délégation municipale dans le but d'administrer la ville et de préparer les futures éléctions locales dès le retour des prisonniers de guerre et des déportés. La toute nouvelle administration préfectorale installa également trois adjoints représentant les grands courants de la France libérée : Claude Rousset (Socialiste), Claudius Papon (Radical-socialiste) et Antoine Guy (Communiste). Raymond Bécaud demeura maire de Lapalisse jusqu'au 11 mai 1945, date à laquelle son père, rentré de captivité fin avril, fut élu maire de Lapalisse.
C'est un homme amaigri, affaibli et meurtri par les épreuves de la guerre qui s'installa donc à la tête d'une ville qui connut encore pendant de longs mois les restrictions portant sur les carburants, le charbon et certains produits alimentaires. Avec son éternel béret vissé sur la tête, Charles Bécaud incarnait pour tous l'homme honnête, rempli de convictions qui était revenu de l'enfer. Les premiers mois de son mandat furent placés sous le signe du retour à la concorde et du recueillement. La municipalité de Charles Bécaud rebaptisa par exemple plusieurs rues et places de la ville afin de rendre hommage aux grands vainqueurs de la guerre et aux résistants et déportés locaux : l'avenue de la Gare devint ainsi avenue du Général de Gaulle, la rue Nationale, rue du Président-Roosevelt, la rue du Marché, rue Winston Churchill, la Place de l'Industrie, Place Staline, la rue de la Montagne, rue Gaston-Commerçon. Par la suite, plusieurs rues du quartier de Montplaisir reçurent le nom de Lapalissois morts en déportation : rue Gilbert-James, place Jean-Berthuet, rue Marcel-Déborbes, rue Barthélémy-Guillon, rue Jean-Marie-Malbrunot. Enfin, la Place du Marché fut rebaptisée Place du Maréchal-leclerc et la rue des Ecoles, rue du Lieutenant Négrier du nom du sous-officier commandant la colonne FFi qui libéra la ville de Lapalisse en août 1944 et qui trouva la mort en 1948 en Indochine.
Au renouvellement municipal de 1947, la situation politique avait considérablement changé. La belle concorde née de la libération avait déjà disparu : trois listes se présentèrent aux élections (une Liste républicaine de défense des intérêts communaux conduite par Charles Bécaud, une Liste républicaine d'administration communale conduite par Gilbert Barthelot et, enfin, une Liste d'Union républicaine et résistante conduite par Antoine Guy). Mise en ballottage, la Liste de Charles Bécaud obtint finalement 13 sièges, contre 6 revenant à la Liste Barthelot.
Durant son second mandat de maire, Charles Bécaud, secondé par deux adjoints expérimentés, Claude Rousset et Claudius Papon, s'appliqua à restaurer le revêtement et l'éclairage des rues et des places de la ville dont l'entretien avait été négligé durant les années de guerre, il fit également reconstruire le marché couvert incendié en 1943 par les membres de la Résistance, motorisa les services municipaux et lança l'idée d'un établissement de bains-douches publics, Place du Faubourg.
En octobre 1951, un coup de théâtre secoua le paysage politique local : Antoine Brun, conseiller général SFIO du canton de Lapalisse de 1937 à 1940 et de nouveau à partir de 1945 se trouvait distancé dès le premier tour des cantonales par le Lapalissois Lucien Colon. Antoine Brun jeta l'éponge et, au pied levé, Charles Bécaud décida de le remplacer se retrouvant ainsi face à l'un de ses anciens conseillers municipaux. Battu, Charles bécaud essuya même un cinglant affront auprès des électeurs lapalissois (260 voix contre 341 à Paul Baptiste - Parti communiste - et 942 à Lucien Colon - Divers gauche).Affecté par ce piètre résultat, Charles Bécaud réunit un Conseil municipal exceptionnel devant lequel il annonça sa décision de démissionner si l'assemblée en émettait le souhait. Un rapide scrutin le conforta dans ses fonctions par 18 voix contre une. Devenu un sexagénaire usé par sa captivité et le poids du deuil de son fils, Jean, mort en déportation, Charles Bécaud ne se représenta pas aux élections municipales de 1953. Il s'éteignit trois ans plus tard à son domicile du Quai de la Besbre.
A la mort de son père, Raymond Bécaud associé à la conduite de l'affaire familiale depuis près de vingt ans, en prit les rênes et compléta les activités liées au commerce du bois de chauffage et des combustibles en développant le commerce des boissons. En revanche, le sciage de bois d'oeuvre fut peu à peu abandonné par manque de rentabilité. En 1964, Raymond Bécaud associa à son affaire ses deux fils, Jean et Claude, qui assuraient les livraisons de charbon, bois de chauffage, fuel, vins et spiritueux. L a société Bécaud demeura en l'état jusqu'en 1988, année de la retraite professionnelle de son créateur. Jusqu'à sa disparition, Raymond Bécaud prit une part active dans la vie des associations d'Anciens Combattants lapalissoises. Le Maire de la libération décèda en novembre 2000 à la suite d'un accident de la route.
Gilbert Barthelot, ou le goût d'entreprendre

BARTHELOT Gilbert
(Châtelus 1880 - Lapalisse 1968)
Maire de Lapalisse de 1953 à 1959
Conseiller municipal de 1935 à 1944 et de 1947 à 1953
Officier des Palmes académiques (1934) - Chevalier de la Légion d'Honneur (1952) - Médaille d'honneur de la Fédération musicale de France (1963).
Industriel, installé rue Nationale
Pendant plus de quarante ans, des années 1920 aux années 1960, cet autodidacte personnifia pour beaucoup de Lapalissois à la fois le labeur, l'audace et la ténacité. Se lançant dans l'aventure industrielle avec très peu de capitaux, il réussit en à peine quinze années à bâtir un e société dont la renommée e t le savoir-faire ne tardèrent pas à franchir nos frontières. Il fut l'homme qui fit rentrer l'industrie au coeur même de Lapalisse.
Petit homme sec, au tempérament bien trempé, un brin paternaliste, volontiers autoritaire et dur en affaires, Gilbert Barthelot, une fois devenu maire de Lapalisse, géra sa commune avec la même énergie qu'il déployait pour développer son entreprise. Pendant les six années de son mandat, l'homme s'était d'ailleurs fixé comme rituel de traverser sa ville tous les matins à pied pour rejoindre la Mairie afin d'aller à la rencontre des Lapalissois et de superviser l'évolution des travaux municipaux.
Issu d'une famille de petits propriétaires terriens de Châtelus qui donna plusieurs conseillers municipaux à cette commune, Gilbert Barthelot fut tout d'abord apprenti bourrelier à Lapalisse avant de parachever sa formation à Paris.C'est d'ailleurs à Paris qu'il épousa en 1906, Antoinette Belaval (1884-1976), jeune femme fluette originaire d'Ebreuil (03), qui demeura toute sa vie dans l'ombre de son mari. En 1904 , Gilbert Barthelot ouvrit, rue Nationale, une boutique de bourrellerie. A partir de 1916, l'Intendance de l'Armée lui passa des commandes de plus en plus importantes qui le conduisirent à créer un petit atelier de maroquinerie, toujours rue Nationale, employant à la veille de l'Armistice une quarantaine de personnes. En 1920, Gilbert Barthelot reconvertit les productions de son ateliers vers la belle maroquinerie et notamment les articles de voyage. La même année, il lança la construction de la première tranche d'un bâtiment industriel situé rue Nationale qui, agrandi deux fois jusqu'en 1927, devint le siège social de la S. A. Barthelot, créée en 1928.A cette date, les Etablissements Barthelot comptaient déjà quatre-vingts employés. Formant seul ses premiers collaborateurs (MM. Rondepierre et Régerat), Gilbert Barthelot est à juste titre considéré par les maroquiniers français comme l'un des précursseurs de l'industrialisation de leur métier.
L'engagement de Gilbert Barthelot dans la vie associative lapalissoise remonte à 1926. Alors que la société musicale des Enfants de Lapalisse traversait une grave crise opposant son bureau directeur à la municipalité radicale menée par Auguste Coche, Gilbert Barthelot finança sur ses propres deniers la renaissance de l'harmonie-fanfare rebaptisée Union Musicale. Il demeura d'ailleurs Président d'honneur de cette société jusqu'à sa mort en 1968 et apporta un soutien actif à bon nombre d'autres sociétés locales (Croix-Rouge, Commune Libre de Montplaisir...).
En 1935, entre les deux tours des élections municipales, Gilbert Barthelot décida de prendre pied dans la vie politique locale en se portant candidat sur la liste du maire sortant Auguste Coche. Proche des idées de gauche, un temps même membre de la SFIO, Gilbert Barthelot fut élu conseiller municipal mais dut néanmoins siéger dans un Conseil dominé par les colistiers de Charles Rousset, nouveau maire de Lapalisse.
L'année 1936, fut marquée par une grève qui paralysa les Etablissements Barthelot entre le mois de juin et le mois d'août.Le conflit portait sur l'application des avantages sociaux accordés aux ouvriers lors de la signature des Accords Matignon. Dès le 4 juillet, une cinquantaine d'ouvriers cessa le travail conduit par Bergougnon, membre de la CGT. Très vite, un piquet de grève fut organisé bloquant l'entrée de l'usine. Le sous-préfet de l'époque, M. Vernay, n'eut de cesse d'essayer de trouver un terrain d'entente entre les parties en présence. Le 3 août, alors que la situation pourrissait depuis un mois, une pétition, réclamant l'évacuation des grévistes, circula à l'initiative de quelques commerçants lapalissois. Le soir même, le sous-préfet de Lapalisse, appliquant un arrêté du Préfet de l'Allier ordonna la levée immédiate du piquet de grève. Le 30 août, un accord fut enfin trouvé sous le patronage de M. Vernay : les salaires furent réévalués à hauteur de 10 %, une partie du personnel renvoyé au début de la grève fut réintégré.Le travail ne reprit que fin septembre. Gilbert Barthelot sortit blessé d e cette épreuve et songea même un temps à se retirer définitivement de la vie associative lapalissoise. Tirant les leçons de ce conflit social, il n'hésita pas par la suite à se séparer des ouvriers manifestant des vélléités syndicales. En revanche, incontestablement, Gilbert Barthelot aimait ses employés comme sans doute seul le fondateur d'une société est capable de le faire. Organisant, chaque année, un banquet, un arbre de Noël et, à partir des années 1950, une excursion annuelle pour tous ses ouvriers, Gilbert Barthelot veillait sur son personnel d'un regard paternaliste.
Demeuré conseiller municipal pendant l'Occupation, Gilbert Barthelot fut écarté des affaires communales par le Comité de Libération en 1944. De retour en 1947, il conduisit une Liste Républicaine d'Action Communale qui obtint 6 sièges au second tour des élections municipales. En 1953, alors que le maire sortant, Charles Bécaud, ne se représentait pas Gilbert Barthelot mena à la victoire une Liste Républicaine. Sous son unique mandat de maire (1953-1959), Gilbert Barthelot encouragea le redressement de l'agriculture cantonale (reconstruction du marché couvert incendié en 1943 construction de cases pour les marchands ambulants, création de nouveaux concours primés), chercha à développer l'attractivité touristique de sa ville (création d'un camping municipal en 1956,soutien apporté à la famille de Chabannes lors de la création du spectacle Son et Lumière en 1955 et poursuivit la modernisation des infrastructures communales (voirie, réseau d'adduction d'eau, éclairage public...). Gilbert Barthelot se retira de la vie politique locale en 1959 et assura la direction de son entreprise jusqu'en 1965. Sans enfant (le couple Barthelot avait perdu leur seul enfant, Louis, mort à l'âge de 16 ans en 1926), il transmit les rênes de sa société au mari de sa nièce, M. Jean Rimoux. Opéré à la suite d'une mauvaise chute au printemps 1968, sa santé ne cessa alors de s'altérer. Gilbert Barthelot s'en alla le 31 août 1968.
Une impasse de Lapalisse porte son nom le long de son ancienne
usine transformée en 1997 en un Musée d'Art brut.
S. HUG
(HUGSTEPHANE@aol.com)
lundi 25 février 2008
Auguste Coche, ou l'ardeur du combat républicain

COCHE Auguste
(Jouet-sur-l'Aubois - Cher - 1869 - Lapalisse 1941)
Maire de Lapalisse de 1919 à 1935
Président du Conseil d'arrondissement de Lapalisse de 1922 à 1941
Conseiller municipal de 1907 à 1941
Chevalier de la Légion d'Honneur (1930) - Officier d'Académie (1911) - Officier de l'Instruction Publique (1922)
Platrier-peintre, Avenue de la Gare
Homme affable, dégageant une incontestable générosité et une bonhomie naturelle, Auguste Coche était capable de se transformer sur la scène politique en un redouble lutteur, défendant bec et ongles ce qu'il estimait juste. Héritier idéologique des grands républicains bourbonnais des années 1840-1880, il incarna, parfois jusqu'à la caricature, un radicalisme de combat qui finit par lasser une partie de ses administrés.
Fils naturel d'une servante, Auguste Coche fut rapidement orphelin et placé à l'Assistance Publique. Ses années de jeunesse sont de ce fait difficiles à reconstituer. Peu après son mariage célébré à Vichy en 1896 avec Mlle Pinlong, Auguste Coche s'installa à son compte à Lapalisse comme plâtrier-peintre. Ce fut en octobre 1907, à la faveur de la victoire des radicaux menés par le Docteur Baudon qu'Auguste Coche devint conseiller municipal. En 1908, Auguste Coche prit une part active à la création d'une société de secours mutuels, Les Travailleurs réunis, au recrutement plus populaires que La Prévoyante. Réélu en 1908, il fut désigné adjoint au début de son troisième mandat, en 1912. En novembre 1919, alors que le Docteur Baudon choisissait de ne pas se représenter au renouvellement de ses mandats de maire et de député, Auguste Coche prit la tête de la liste radicale composée pour moitié de conseillers sortants et pour moitié d'hommes neufs. Le 30 novembre 1919, Auguste Coche était élu pour la première fois maire de Lapalisse et conseiller d'arrondissement.
Soutenant également les associations pacifistes et antifascistes de tout l'arrondissement, Auguste Coche présida, le 1er juillet 1934, une grande manifestation qui se tint, juste en face de sa Mairie, Place du 14-Juillet, au pied du monument érigé en l'honneur des Victimes du Coup d'Etat du 2 décembre 1851. Au fil du temps, le radicalisme écarlate d'Auguste Coche finit par lasser une partie de ses administrés. Ce fut parmi les rangs des deux associations d'Anciens Combattants de la ville que se structura l'opposition la plus vive et la plus sérieuse au maire de Lapalisse. Déjà en 1929, à quelques jours des élections municipales, les Anciens Combattants avaient constitué à la hâte une liste qui réussit tout de même à envoyer trois conseillers à la Mairie. Auguste Coche reconnut à l'époque que quelques jours de campagnes supplémentaires et le résultat des isoloirs aurait pu être différent. La campagne pour les élections municipales de 1935 se déroula dans un climat exécrable, marquée par des affichages sauvages et anonymes particulièrement calomnieux. Le camp "cochien" se présenta affaibli : si Auguste Coche était encore entouré de ses deux adjoints sortants, Pierre Chervin, instituteur à la retraite et Auguste Charles, horloger, en revanche, M. Lafayette, ancien menuisier et M. Carque, ancien commerçant, deux piliers de la vie communale depuis de longues années, venaient de décéder. Par ailleurs, trois autres conseillers sortants, MM. Cote, Dumet et Charasse décidèrent de ne pas se représenter. Pire encore, à quelques jours des élections, MM. Béal et Raboutot décidèrent de quitter l'équipe municipale pour s'inscrire sur la liste d'Action communale. Au soir du second tour, la liste principalement composée d'Anciens Combattants obtenait 11 sièges, celle d'Auguste Coche, 10 sièges : une petite révolution venait de se produire mais tout restait encore possible. La première réunion du nouveau Conseil municipal, durant laquelle on allait procéder à l'élection et à l'installation du nouveau maire s'annonçait déterminante et prenait l'aspect d'un troisième et ultime tour de scrutin.
Cette réunion eut lieu le 17 mai 1935, dans une atmosphère électrique et devant une assistance très nombreuse. Au premier tour de scrutin, le candidat de la liste d'Action communale, Charles Rousset, commerçant de 39 ans, obtint 10 voix à égalité avec Auguste Coche. Le sort de la municipalité était donc entre les mains du seul conseiller à avoir déposé un bulletin blanc dans l'urne. Au second tour, le coup de théâtre tant attendu se passa : Charles Rousset obtint 11 voix, Auguste Coche 10 voix. Le vieux lutteur politique se retrouvait donc dans l'opposition municipale après avoir administré la ville pendant seize années.
Dès le lendemain de l'élection de Charles Rousset à la mairie, le but avoué d'Auguste Coche fut de reconquérir son siège de Maire. Ce fut surtout durant l'année 1937 que l'offensive "cochienne" fut la plus rude. Par quatre fois, en janvier, mai, juillet et août, Auguste Coche, suivi par sept de ses colistiers, démissionna et se représenta dans la foulée. Par quatre fois, ils furent réélus faute d'adversaires. Le but de ces manoeuvres politiques était de provoquer des élections générales et ainsi de pouvoir espérer faire chuter le maire de Lapalisse. Mais la majorité de Charles Rousset tint bon et, avec le temps, l'agitation politique retomba peu à peu. Néanmoins, Auguste Coche demeura jusqu'au bout un opposant ardent, et personnel, du premier magistrat de la ville. En avril 1941, dans le cadre des lois assurant la sûreté de l'Etat Français, le Préfet de l'Allier démit de leurs fonctions l'ensemble des conseillers radicaux siégeant à la Mairie. Auguste Coche, souffrant, fut très affecté par cette décision. Quelques jours plus tard, le 16 avril 1941, le vieux lutteur politique rendait son dernier soupir.
S. HUG
(HUGSTEPHANE@aol.com)
Louis Morel, ou le saut dans la modernité

MOREL Louis
(Noirétable 1835 - Lapalisse 1898)
Officier académique
Maire de Lapalisse de 1878 à 1892
Membre de la Commission municipale en septembre 1870
Conseiller municipal de 1871 à 1877
Cet homme des montagnes du Haut-Forez fut le véritable promoteur lapalissois de l'esprit de progrès qui caractérisa le XIXe siècle. En faisant le choix de la vapeur, en cherchant inlassablement à transformer le visage de sa ville d'adoption et en créant la première société mutuelle, Louis Morel peut être considéré à juste titre comme l'inventeur du XXe siècle lapalissois.
Né à Noirétable (Loire), mais ayant grandi à Thiers (Puy-de-Dôme) où ses parents tenaient une épicerie-droguerie, Georges-Louis-Sébastien Morel s'installa à Lapalisse en 1865, à l'occasion de son mariage avec Anne Aufrère, fille de Simon Aufrère, à la fois teinturier, négociant en tissus et propriétaire de quelques métiers à tisser des cotonnades. Profitant de l'arrivée du chemin de fer (1856-1858) qui facilitait désormais l'approvisionnement en coton, le tissage s'était en effet rapidement développé à Lapalisse, importante place d'échanges agricoles. Peu après 1865, Louis Morel et Simon Aufrère créèrent, Place du Moulin, un atelier de tissages de droguet (étoffe de coton plutôt grossière dont la résistance s'accommodait justement avec la dureté des travaux des champs) dont les métiers étaient mus par la vapeur.
Profitant de la faillite et de la disparition du minotier, manieur d'argent, Emile Dereure (1834-1874), propriétaire du Moulin de la Ville, Louis Morel et Simon Aufrère rachetèrent l'édifice et relancèrent la production. Ainsi, en l'espace de moins de dix ans, la famille Morel-Aufrère réussit à constituer, au pied du château, un "enclos industriel" réunissant une minoterie de belle taille et une filature de cotonnades renommée.
La carrière politique de Louis Morel débuta en septembre 1870 à l'occasion de la chute de l'Empire. Il fit alors parti de la Commission municipale, choisie par le nouveau pouvoir, et ne regroupant que des Républicains (Emile Dereure, minotier, Felix Lavenat, chapelier et Claude Lefaucheur, fils de la receveuse des Postes, deux fois transporté en Algérie en 1852 et 1858, puis placé sous résidence surveillée à La Pacaudière). Élu conseiller municipal en 1871, Louis Morel devint alors l'un des pivots de la vie communale.
Le Docteur Meilheurat (1804-1884), un modèle de longévité politique, occupait la Mairie et le siège de Conseiller général du canton depuis 1834. Ayant traversé les dernières années de la Restauration, la Monarchie de Juillet, la Deuxième République et le Second Empire, Pierre-Antoine Meilheurat conserva son poste de maire après septembre 1870, mais son pouvoir local commençait à être sérieusement écorné par les Républicains locaux. Le coup de grâce fut porté en novembre 1877 lorsque, après l'écrasante victoire des Républicains aux Législatives, le Préfet de l'Allier démit le Docteur Meilheurat, jugé trop conservateur, de ses fonctions de maire. Désormais, plus rien ne pouvait plus empêcher Louis Morel de s'installer à la Mairie à la tête d'un Conseil municipal majoritairement républicain. Ce fut chose faite en janvier 1878.
Immédiatement après son élection, Louis Morel mit tout en oeuvre pour éveiller Lapalisse au progrès du siècle. En 1881, un abattoir et une usine à gaz furent inaugurés au quartier du Petit-Paris. En 1882, les premiers essais de macadamisation des rues sont effectués, en 1887, une halle métallique est édifiée sur la place du Marché, enfin, en 1888, des quais sont inaugurés sur la rive gauche de la Besbre en amont du pont. Dans un tout autre domaine, Louis Morel rattacha Lapalisse à l'élan mutualiste qui se développait alors en France en créant, en 1892, La Prévoyante, la première société de secours mutuels de la ville. Il en demeura Président jusqu'à sa mort en 1898.
Durant ses quinze années de mandat, Louis Morel put compter sur quelques hommes précieux : Felix Lavenat (1839-1909), adjoint à partir de 1878, Louis Méténier (1847-1892), Eugène Montagnier (1847-1910), adjoint à partir de 1888,le docteur Jacques Laborde (1834-1909), conseiller municipal et conseiller général du canton de Lapalisse de 1882 à 1885, Claude Berthelot (1859-1931), adjoint à partir de 1890. Lors de chaque crise politique, cette garde rapprochée fit bloc. Démissionnaire une première fois en mai 1882, la Mairie aurait dû revenir à Jacques Laborde, mais ce dernier refusa cet honneur pour éviter de tomber dans la spirale du cumul des mandats. Finalement, la place de maire échue temporairement au notaire Méténier. De retour en juillet 1883, Louis Morel démissionna une seconde fois en avril 1885. Cette fois-ci, il fut remplacé par Felix Lavenat jusqu'en juillet 1886. Passé 1892, date à laquelle Louis Morel prit du recul par rapport à la vie municipale, ce fut Eugène Montagnier, négociant en vins, qui domina la scène politique lapalissoise et "hérita" de la Mairie.
S. HUG
Un député-maire lapalissois : Jean-Baptiste Baudon

BAUDON Jean-Baptiste
(Châtel-Montagne 1869 - Lapalisse 1956)
Chevalier de la Légion d'Honneur
Maire de Lapalisse de 1907 à 1919
Député de l'arrondissement de Lapalisse de 1914 à 1919
Médecin, Place de l'Industrie
Jean-Baptiste Baudon, personnage populaire, réussit dans la tourmente politique des premières années du XXe siècle, à installer pour près de quarante ans le radicalisme à l'Hôtel de Ville. Son élection à la députation en avril 1914 souleva un immense espoir que la guerre dissipa très vite.
Issu d'une famille de propriétaires terriens de Châtel-Montagne, Jean-Baptiste Baudon fit des études de médecine à Paris où il fut reçu docteur en 1897. L'année suivante, il s'installa Place de l'Industrie à Lapalisse. Ses débuts en politique sont relativement rapides puisqu'en 1904, dans un climat très tendu marqué par l'opposition entre Républicains et Radicaux, il devint conseiller municipal. En octobre 1907, il mena à la victoire une liste radicale-socialiste lors d'élections municipales provoquées par la démission en bloc des conseillers républicains. Le 22 octobre, Jean-Baptiste Baudon était élu maire de Lapalisse. Réélu en 1908, Jean-Baptiste Baudon remporta un beau succès au renouvellement municipal de mai 1912 en triomphant au premier tour une éclatante victoire face au député de la circonscription, Charles Dumas, Républicain radical, qui s'était présenté aux élections municipales de Lapalisse. La liste Baudon obtint 20 sièges sur 21.
Soutenu par les Radicaux de Vichy-Cusset, Jean-Baptiste Baudon fut désigné pour représenter ce parti aux élections législatives d'avril 1914. Le docteur de la Place de l'Industrie axa sa campagne autour de trois points précis : l'établissement d'un impôt sur le revenu, la défense de l'Ecole laïque et le refus du maintien de la représentation proportionnelle aux élections législatives. A la surprise quasi générale, il remporta ces élections au premier tour face au député sortant, une vieille connaissance, Charles Dumas, par 11 960 voix contre 10 928. Durant les quatre années de guerre, Jean-Baptiste Baudon partagea son temps entre son cabinet de la Place de l'Industrie,les blessés en convalescence au château de La Palice, sa famille (son épouse d'origine belge, Marie-Léontine Vanalderweireld, sa fille, Marthe, et son fils, Jacques, futur gynécologue-obstétricien de renom qui eut d 'ailleurs comme interne au sein de son service du Centre hospitalier de Clermont-Ferrand le futur docteur Grèze ), son travail de député aux quatre coins de la circonscription et au palais-Bourbon, sans oublier les fréquentes missions parlementaires sur le front.
Las de la vie politique, Jean-Baptiste Baudon décida de ne pas solliciter le renouvellement de ses mandats de député et de maire lors des élections de la fin de l'année 1919. Un jeune avocat parisien, Lucien Lamoureux le remplaça comme député, son fidèle adjoint à la Mairie, Auguste Coche, fut, quant à lui, élu à la tête de la nouvelle municipalité. Demeurant un personnage écouté dans sa ville et dans l'arrondissement, Jean-Baptiste Baudon continua tout de même à animer les milieux radicaux locaux. Elu simple conseiller municipal de sa commune natale, Châtel-Montagne, en 1935, Jean-Baptiste Baudon en devint maire en 1938 et le resta jusqu'en 1945. Le prestige de l'ancien député, enfant du pays, compta pour beaucoup dans l'élection de notre homme au poste de maire de Châtel-Montagne. Durant son mandat, coïncidant avec les années de guerre, Jean-Baptiste Baudon fut un maire absent qui ne faisait la route de Châtel-Montagne que pour présider les réunions du Conseil municipal. La réalité du pouvoir local était en fait exercée par son premier adjoint, M. Barge (futur maire de Châtel-Montagne). Passé l'épreuve de la guerre, Jean-Baptiste Baudon pratiqua encore quelques années la Médecine tout en passant de plus en plus de temps dans sa propriété châteloise située tout contre le foirail.
S. HUG
dimanche 24 février 2008
Un maire sous l'occupation : Charles Rousset
ROUSSET Charles (1896 Lapalisse - 1979 Tronget)
Maire de Lapalisse de 1935 à 1944
Médaille de guerre 14-18
Commerçant, rue Nationale
En remportant les élections municipales en mai 1935, Charles Rousset mit fin à trente années de radicalisme. Son mandat, d'abord marqué par une très forte opposition "cochienne", coïncida surtout avec les années de guerre et d'occupation.
Fils d'un couple de commerçants en nouveautés, la jeunesse de Charles Rousset fut surtout marquée par l'épreuve de la guerre. Reprenant la boutique familiale au début des années 1930, Charles Rousset se contentait alors d'assurer le secrétariat de l'une des deux associations d'Anciens Combattants de la ville. A l'époque, le jeune commerçant ne participait pas à la politique locale. Néanmoins, à y regarder de plus près, Charles Rousset personnifiait à merveille la synthèse entre les deux milieux les plus opposés à Auguste Coche, maire radical-socialiste de la ville depuis 1919 : la boutique et les Anciens Combattants. Ce fut à la veille des élections municipales de mai 1935 que sa carrière politique débuta. Sa personnalité se dégagea relativement vite de la Liste d'Action communale opposée à la liste du maire sortant. Élu conseiller municipal au premier tour de scrutin, il n'était pourtant pas le mieux placé de la liste pour devenir maire. Au soir du second tour, le 12 mai, la Liste d'Action communale obtint finalement 11 sièges contre 10 à celle menée par Auguste Coche. Durant toute la semaine séparant les résultats des élections municipales et la première réunion du Conseil devenant désigner le nouveau maire, les pourparlers allèrent bon train. Finalement, la Liste d'Action communale s'accorda sur son nom. Le 17 mai 1935, dans une ambiance surchauffée, Charles Rousset fut élu maire de la ville au second tour par 11 voix contre 10 à Auguste Coche.
Passé le coup de massue, le camp "cochien" décida de tout faire pour essayer de reconquérir l'Hôtel de Ville. En 1936, Charles Rousset dut gérer les retombées de la grande grève qui secoua les Etablissements Barthelot, en organisant un système de secours pour les familles des ouvriers non-grévistes et organisa même des chantiers "d'intérêt commun" pour employer les hommes laissés sur le carreau.
Les partisans de l'ancien maire se déchaînèrent surtout durant l'année 1937. Par quatre fois, en janvier, en mai, en juillet et en août, les conseillers "cochiens" démissionnèrent en bloc provoquant ainsi des élections municipales partielles. Le but de ces manoeuvres politiques étaient de parvenir à déstabiliser la fragile majorité du nouveau maire. A chaque fois, les démissionnaires furent réélus faute d'adversaires et, à chaque fois, la courte majorité de Charles Rousset tint bon. Afin de soutenir l'action de leur maire, des amis et des proches de Charles Rousset fondèrent à l'automne 1937 un journal d'opinion trimestriel, Les Vérités de Lapalisse, où le camp et le bilan d'Auguste Coche étaient violemment attaqués.
Pendant ce temps, les colistiers de Charles Rousset essayaient, tant bien que mal, de travailler en profondeur. Afin de trouver des recettes supplémentaires, la majorité de C. Rousset décida d'affermer les revenus des droits de place des foires et marchés qui, jusqu' alors, étaient mis en régie. Cette réforme fit bondir le montant annuel de ces droits de 50 000 à près de 80 000 francs. Parallèlement, la politique d'assistance et d'aides sociales d'Auguste Coche fut sérieusement révisée à la baisse. Au rang des réalisations de l'équipe municipale de Charles Rousset, citons la création, en 1937-1938, d'un magnifique jardin public de trois hectares conçu par l'architecte-paysagiste limougeaud, Laurent-Faure et, en 1938, la réfection complète de la façade d'honneur de l'Hôtel de Ville en style art-déco.
La guerre mit vite un terme au changement incarné par Charles Rousset. Dès mai 1940, la municipalité lapalissoise dut faire face à l'arrivée des flots de réfugiés venant des provinces du Nord du pays. Par ailleurs, jusqu'en novembre 1942, date de l'occupation de la zone libre par les forces allemandes, des bribes d'unités militaires séjournèrent à Lapalisse dans des baraquements de fortune dont une partie du glorieux 152e régiment d'Infanterie. Au plan politique, si Charles Rousset fut "débarrassé", par un arrêté préfectoral d'avril 1941 de la totalité de l'opposition "cochienne" jugée trop à gauche, le maire de Lapalisse se retrouva totalement désarmé en août 1941 face à la décision de l'Etat Français de transférer la sous-péfecture à Vichy.
Décoré de la Francisque en tant que maire de l'une des principales ville du département, Charles Rousset siégea également au Conseil départemental. Pétainiste de coeur, mais aucunement lavaliste (la nuance est de taille dans l'optique de la collaboration avec l'occupant), Charles Rousset eut une attitude digne durant les années sombres de la guerre. D'ailleurs, en août 1944, le maire déchu de Lapalisse ne fut aucunement inquiété par les membres du Comité de Libération de la ville et les résistants locaux . Ecarté de la ville politique locale, Charles Rousset tint sa boutique de nouveautés jusqu'à la fin des années 1950 tout en continuant à effectuer une vente ambulante dans les campagnes environnantes.
S. HUG
(HUGSTEPHANE@aol.com)
La tombe du gendarme Lemaire (cimetière de Lapalisse)
samedi 23 février 2008
L'histoire immédiate : la fin du Courrier de la Besbre
S. HUG
(HUGSTEPHANE@aol.com)
Un grand républicain oublié : Jacques Bonnet, maire du Breuil et conseiller général du canton de Lapalisse
Le 4 décembre 1851 à La Palisse : les Donjonais assaillent la sous-préfecture
La Palisse au milieu du XVIIIe siècle (aquarelle de Chabannes)
S. HUG
(HUGSTEPHANE@aol.com)