vendredi 29 février 2008

Avril 1814 : le conseil municipal de Lapalisse salut le retour des Bourbon


S. HUG

Le 5 août 1941 : le conseil municipal de Lapalisse s'inquiète du possible transfert de la sous-préfecture à Vichy.


(Archives de la Mairie de Lapalisse - cliquez sur l'image pour l'agrandir) - L'idée de transférer la sous-préfecture de Lapalisse à Vichy se fit de plus en plus pressante au cours des années 1930. A la fin du mois d'août 1941, l'Etat français trancha dans le vif mettant ainsi un terme à cent quarante et une années de présence de l'administration préfectorale à Lapalisse.
S. HUG

Jeanne Labourbe : une Lapalissoise dans la Révolution russe


Jeanne Labourbe naquit à Lapalisse en 1877 dans une famille de journaliers marqués par les idées républicaines. Commençant à gagner sa vie comme repasseuse, il entra au service d'une riche famille polonaise comme gouvernante et préceptrice devant enseigner le Français aux enfants. Elle vécut donc à partir de 1896 à Tomachev dans la partie russe de l'ancienne Pologne. De retour en France en 1903, elle essaya de passer sans succès le Brevet élémentaire à Moulins, espérant de la sorte devenir institutrice. Regagnant l'ancienne Pologne, elle adhéra en 1905 au Parti social-démocrate. Expulsée de Pologne à la fin de l'année 1905, Jeanne Labourbe vécut pendant près de dix ans enre la Russie et la France. Durant la Grande guerre, elle épousa le militant serbe socialiste Voukhachine Marcovitch. Le couple s'installa à Moscou dans le courant de l'année 1917... Premier membre français du Parti bolchévique, Jeanne Labourbe intégra un groupe d'interprètes dont le but était de tenter de rallier à la cause des soviets le plus possible de soldats occidentaux engagés aux côtés des Russes blancs (pro-tsaristes) dans la guerre civile qui avait éclaté au lendemain de la Révolution d'octobre. Lors d'une mission à Odessa, en Crimée, Jeanne Labourbe fut faite prisonnière par les Blancs qui la passèrent par les armes le 2 mars 1919.

Une rue de Lapalisse porte son nom depuis 1988.


S. HUG

Jean Verdier : le service de l'Etat
















Jean Verdier est né à Marcenat dans le Cantal en 1915. La famille Verdier vint assez rapidement résider à Lapalisse où son père tint un magasin de nouveautés sur la rue nationale de la fin des années 1920 au début des années 1950. Ce fut donc à l'école publique de Lapalisse que le jeune Jean Verdier débuta ses études, qu'il poursuivit à Moulins, puis à l'Ecole libre des Sciences politiques de Paris où il obtint une licence de droit. Entré dans l'administration en novembre 1940, Jean Verdier fut après la Libération directeur de cabinet de plusieurs ministres dont François Mitterand (Anciens Combattants) et Henri Queuille (Ministre de l'Intérieur). Il fut par la suite Directeur de la Sûreté générale (1957-1962), Préfet de Seine-et-Marne (1962-1967), puis du Bas-Rhin (1967-1971) et, enfin, nommé Préfet de Paris le 28 octobre 1971. Remplissant sa mission jusqu'à son dernier souffle, il s'éteignit prématurément en novembre 1974. Jean Verdier était Commandeur de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre national du Mérite, médaillé de la Résistance, Croix de Guerre 1939-1945.


Le magasin de nouveautés du père de Jean Verdier

dans les années 1930 sur la rue Nationale

S. HUG


L'odyssée révolutionnaire de Simon Dereure


Simon Dereure est né à Lapalisse en 1838. Fils d'un modeste teinturier et d'une couturière, il grandit dans un milieu social marqué par les idées républicaines. Une partie de sa famille eut d'ailleurs à souffrir de la répression bonapartiste au lendemain du Coup d'Etat du 2 décembre 1851 et des affrontements de Lapalisse du 4 décembre. Vers l'âge de 15 ans, Simon Dereure quitta Lapalisse pour entreprendre son apprentissage de cordonnier à Lyon où il fut mêlé en 1854 dans une affaire touchant une Marianne (une de ces sociétés républicaines secrètes qui fleurirent sous le Second Empire). Nous le retrouvons à Paris en 1863. Il participa en 1866 à la création de la première chambre syndicale ouvrière de France, celle des cordonniers de Paris. En 1869, il participa au quatrième congrès de l'Internationale ouvrière qui se tint à Bâle. Arrêté en février 1870 et jugé pour complot contre la sûreté de l'Etat, il fut incarcéré jusqu'en juillet. Dès le mois de septembre et les premiers jours de la toute nouvelle République, il prit une part active dans le combat politique mené par les Socialistes parisiens. Elu au conseil municipal du XVIIIe arrondissement, il en fut désigné maire-adjoint en novembre. Le 26 mars 1871, Simon Dereure fut élu au Comité central de la Commune de Paris, l'organe décisionnel de la révolution rouge et noire. Figurant sans doute, les armes à la main, parmi les derniers défenseurs de la Commune retranchés dans et autour du Père-Lachaise au terme de la semaine sanglante, Simon Dereure réussit à s'enfuir de Paris, quitta la France et partit en exil, d'abord en Suisse, puis en Angleterre et enfin à New-York. Pendant ce temps, en 1873, le Conseil de Guerre le condamna à mort par contumace. Il vécut aux Etats-Unis jusqu'en 1881, année durant laquelle une loi d'amnistie fut votée au bénéfice des anciens Communards. Durant ces années américaines Simon Dereure vécut même pendant de long mois dans la communauté idéale et égalitaire de Coming dans l'Iowa. De retour en France, il adhéra au Parti ouvrier de Jules Guesde. Il représenta d'ailleurs plusieurs fois les couleurs de ce parti lors d'élections municipales et législatives à Paris. Gérant quelques feuilles d'opinion, il vivota jusqu'à la fin de sa vie des fruits de son métier. Il s'éteignit dans la misère en 1900.


S. HUG

jeudi 28 février 2008

Edme de La Poix de Fréminville : le prince des feudiste


Né à Verdonnet, dans le nord de la Bourgogne en 1683, Edme de La Poix de Fréminville était issu d'une famille de marchands et de petits officiers seigneuriaux et royaux bourguignons. Devenu notaire en 1713, il s'établit à Marcigny. Très rapidement, notre homme se tailla une belle réputation dans les opérations de rénovation des terriers (cadastres seigneuriaux) et dans la défense des causes féodales (devenant du coup spécialiste de ces questions = feudiste). En 1725, il devint lieutenant-bailli du marquisat de La Palisse, puis, en 1733, bailli (juge seigneurial), fonction qu'il occupa jusqu'en 1765. Quittant alors La Palisse, Edme de La Poix de Fréminville alla résider à Lyon où il mourut en 1773. Auteur de beaux traités de droit féodal et seigneurial publiés durant les années 1740-1760, La Poix de Fréminville demeura jusqu'à la Révolution l'un des juristes les plus lus de son époque.


S. HUG
(HUGSTEPHANE@aol.com)

Le docteur Jacques Laborde


(Le Donjon 1834 - Lapalisse 1909). Après des études de médecine à Lyon, puis à Paris, Jacques Laborde s'établit à Lapalisse en 1860. Il fut pendant près de 32 ans le médecin de l'hôpital de la ville. Elu conseiller général du canton de Lapalisse en 1882, il devint la même année conseiller municipal de notre ville et fut choisi comme maire. Cependant, Jacques Laborde refusa ce poste pour éviter le cumul des mandats. En 1885, Jacques Laborde démissionna de l'Assemblée départementale pour protester comme la tournure anticléricale de la vie politique locale. Se consacrant désormais à la médecine et à l'agriculture où il s'employa à diffuser l'emploi d'engrais chimiques.


S. HUG

Antoine Brun : la politique et les sciences


Né à Saint-Quintin (dans la vallée de la Sioule) en 1881, Antoine Brun passa par l'école normale de Moulins et fut nommé dans la foulée au Breuil en 1905 où il fit toute sa carrière (directeur de l'école de 1919 jusqu'à sa retraite en 1934). Mobilisé en 1914, Antoine Brun fut blessé devant Verdun en juin 1916 et à Saint-Mihiel en mars 1917. Décoré de la Croix de Guerre, il reçut la Légion d'honneur en 1920. Conseiller municipal du Breuil de 1936 à 1959, il fut maire de la commune de 1936 à 1947. En1937, il devint conseiller général du canton de Lapalisse et le demeura jusqu'en 1951. Se passionnant pour la minéralogie et la botanique, Antoine Brun acquit surtout une grande renommée dans l'étude des étoiles variables. Antoine Brun s'éteignit au Brun le 6 janvier 1978.


S. HUG

mercredi 27 février 2008

1940-1942 : l'école de Cadres au château des Vignauds









Entre 1940 et 1942, le château des Vignauds, situé à la limite des communes de Lapalisse et de Saint-Prix, le long de la route de Roanne, abrita une Ecole de Cadres. Lors de stages de deux à trois semaines, les futurs chefs des chantiers de jeunesse apprenaient les rudiments du commandement et les bases de la Révolution Nationale. L'école de Lapalisse fut dirigée par Roucher (qui fonda par la suite celle d'Alger), puis par son adjoint Bernard. En 1942, l'école des Vignauds fut déménagée au château de Clerlande (Varennes-sur-Morge, dans le Puy-de-Dôme).
La revue Elan était publiée lors de chaque session de stage (voir photo)
S. HUG

Honneur aux 51 sous-préfets de Lapalisse (1800-1940)


Un sous-préfet de Lapalisse en tenue d'apparat lors d'une cérémonie officielle au début du XXe siècle
(Collection Pierre Desmarais)


Jean-Marie Cossonnier 1800-1814


Felix de Conny 1814-1820


Nicolas Rougier de La Bergerie 1820


Charles-Alexis Le Père 1820-1824


Joseph de Longueil 1824-1830


Claude Desvernois 1830-1833


Adrien Lefebvre 1833-1834


Auguste Guibal 1834-1848


Claude Chatelard 1848


Edmond Garat 1848


Antoine de Rochefort 1849-1853


Camille Bonnet 1853-1856


Eugène Picard d'Ambeysis 1856-1858


Béraud Vaissière 1858-1864


Louis Delambre 1864-1865


Ernest Valicourt d'Ambrines 1865-1867


Adolphe Boucher d'Aubanel 1867-1869


Pierre Jolivot 1869-1870


Parot-Loissière 1870


Jean de Quirielle 1870-1871


Emmanuel Golstein 1871-1872


Felix Villemant 1872-1873


Henri Jahan 1873-1876


Paul Reibell 1876-1877


Auguste Peunot 1877


Ernest Stouls 1877


Louis Lépine 1877-1879


Mesmin Séguy-Villevaleix 1879-1880


Jean Génissieu 1880-1881


Pierre Hutteau d'Origny 1881


Jules Belleudy 1881-1886


Hyacinthe Font-Réaulx 1886-1890


Eugène Weill 1890


Louis Chenot 1890-1896


Pierre Granjux 1896-1898


Louis Launois 1898


Georges Rischmann 1898-1904


Georges Dutois 1904


François Astruc 1904-1905


Antoine Nectoux 1905-1910


Charles Vatrin 1910-1914


François Sibra 1914


Frédéric Kuenze 1914-1918


Gaston Tabart 1918-1921


Antoine Giacobbi 1921-1925


Ferdinand Lopin 1925


Felix Savelli 1925-1929


Emile Gardas 1929-1934


René Vazon 1934-1936


Claudius Vernay 1936-1940


Lieutenant-colonel Marage 1940-1941

Le Père Jouanet était Lapalissois
















Les chroniques paysannes du Père Johannet (voir photo à droite) figurent parmi les émissions les écoutées de Radio Clermont-Auvergne durant les années 1950-1970. Le créateur du sympathique reporter-paysan n'était autre que René Paput (1923-2001), né rue du Marché à Lapalisse. A 18 ans, René Paput débuta comme disquaire à la Radiodiffusion nationale à Vichy. A la Libération, il lança, depuis Royat, l'émission "Ici Radio FFI Clermont-Auvergne" (voir photo ci-dessus à gauche). Intégrant à la fin des années 60 les structures de FR3 Auvergne, il en fut jusqu'en 1982, l'un des principaux producteurs.
Elu conseiller municipal de Chamalières dès 1959, il en devint adjoint au maire en 1965, poste qu'il occupa jusqu'en 1995. Aux cantonales de 1979, sous l'étiquette PR-UDF, René Paput bat Roger Quillot, maire de Clermont-Ferrand, dans le canton de Clermont nord. En 1982, il est élu conseiller général du canton de Clermont-Ouest. René Paput, chevalier de l'Ordre national du Mérite, présida la société culturelle auvergnate Auvernha danseira de 1954 à 1976.
S. HUG

mardi 26 février 2008

François Grèze : une certaine idée du mandat de maire




GREZE François

(né en 1925 à Paris)

Chevalier de l’Ordre du mérite

Médaille d’honneur départementale

Maire de Lapalisse de 1971 à 1995

Conseiller municipal de 1995 à 1998

Docteur en médecine, rue Baudin


Même si la carrière politique du Docteur Gréze eut à souffrir d’un évident déficit d’image causé par le côté abrupt du personnage, l’homme possédait un exceptionnel sens de la droiture. Gérant avec prudence les affaires communales, quitte, pour certains détracteurs, à faire montre d’une trop grande frilosité, ce médecin généraliste devenu maire à la surprise quasi générale en 1971, administra la ville pendant vingt-quatre ans.
Fils d’un marchand de bois de la région sanfloraine et d’une institutrice, François Grèze fit des études de médecine à la faculté de Clermont-Ferrand, puis son internat à l’hôpital de Vichy. En 1951, il s’établit à Lapalisse comme médecin généraliste, tout d’abord sur l’avenue de la Gare, puis, rue Baudin. S’insérant peu à peu dans la vie associative, le Docteur Grèze devint Président de l’AAL de 1964 et le demeura pendant six saisons. Les débuts en politique de François Grèze datent de 1967, année durant laquelle il se présenta comme suppléant du centriste Charles Cointot aux législatives de mars. En mars 1971, le Docteur Grèze se présenta pour la première fois aux élections municipales. La décision de Lucien Colon, maire sortant, de ne pas se représenter, ouvrait une période d’incertitude durant laquelle le paysage politique local risquait fort d’être bouleversé. Trois listes se retrouvèrent en lice : une Liste républicaine indépendante d’administration et d’expansion communale (regroupant essentiellement des anciens colistiers de Lucien Colon et menée par son ancien bras droit, Jean Daumur), une républicaine pour le renouveau et l’expansion de Lapalisse (liste regroupant des hommes et des femmes neufs), sur laquelle figurait François Grèze, et une Liste des gauches pour une gestion sociale et démocratique (menée par le communiste Gaston Gay). Elu dès le premier tour sur une liste qui obtint finalement 14 sièges sur 21, le leadership de François Grèze n’allait finalement pas de soi face à sa colistière, Mme Jacqueline Dubuis, pharmacienne, qui le devançait de plus de deux cents voix. La place de la femme dans la vie politique n’étant pas encore une chose acquise dans cette France du début des années 1970, la plupart des colistiers de la Liste pour le renouveau et l’expansion de Lapalisse choisirent de se ranger derrière une candidature du Docteur Grèze au poste de maire. Le 26 mars 1971, au premier tour de scrutin, François Grèze fut élu maire de Lapalisse avec 14 voix contre 7 à Jean Daumur. Dans la foulée, Georges Ducout, cadre administratif et Firmin Périsse, cadre bancaire retraité, furent respectivement élus premier et second adjoints.

Le premier mandat du Docteur Grèze (1971-1977) fut celui des apprentissages pour un homme qui n’avait eu jusqu’alors aucune expérience des affaires municipales. Le dossier le plus important fut celui de l’extension et de la modernisation de l’hôpital rural qui évolua vers une structure du type maison de retraite et cela d’autant plus qu’à l’automne 1971 la maternité fut fermée pour des raisons sanitaires. En mars 1976, le Docteur Grèze décida de se porter candidat aux élections cantonales sous l’étiquette républicaine. Arrivé en tête au premier tour (2035 voix contre 1946 à Jean Daumur PS et 1085 à Gaston Gay PC), le report des voix de gauche au second tour profita largement à Jean Daumur qui fut élu conseiller général avec 2912 voix contre 2386 à François Grèze.
Aux municipales de mars 1977, la Liste sortante du Docteur Grèze se retrouva face à une liste d’union de la gauche pilotée par le conseiller général socialiste Jean Daumur et par le communiste Gaston Gay. Dès le premier tour, la liste républicaine pour la poursuite d’une expansion raisonnée du Docteur Grèze remporta les 23 sièges à pourvoir. Le 18mars 1977, le Docteur Grèze était réélu triomphalement maire de Lapalisse par l’ensemble des nouveaux conseillers municipaux. Georges Ducout fut réélu premier adjoint, MM. Francpourmoi, vétérinaire retraité et Chérasse, commerçant à la retaite, furent élus deuxième et troisième adjoints.
Le second mandat de François Grèze fut dominé par la signature d’un Contrat de Pays en 1978 regroupant à terme une trentaine de communes tout autour de Lapalisse au sein d’un SIAD (Syndicat Intercommunal d’Aménagement et de Développement). Les objectifs de ce Contrat de Pays était de lutter contre les effets de l’exode rural en soutenant les initiatives économiques et culturelles endogènes. Un centre de parachutisme fut notamment créé sur l’aérodrome de Lapalisse-Périgny en 1981, la même année, l’ancienne halle aux blés de la ville, la fameuse Grenette, fut réhabilitée en salle culturelle multifonction.
Aux municipales de mars 1983, la liste d’Union républicaine pour l’expansion de Lapalisse du Docteur Grèze se retrouva face à deux autres listes : une liste de l’Opposition unie, conduite par le tout nouveau conseiller général du canton de Lapalisse, Bernard Le Provost et une liste d’union pour la prospérité de Lapalisse et le soutien à la majorité présidentielle, rassemblant toutes les forces de gauche. Au premier tour du scrutin, la liste Grèze obtint la majorité absolue en remportant 21 des 27 sièges à pourvoir.
Passionné par les questions sociales, le Docteur Grèze, soutenu par son épouse qui animait d’ailleurs de nombreuses associations d’entraide, continua, lors de ce troisième mandat municipal, sa politique de modernisation et d’agrandissement de la Maison de retraite qui devint très vite un établissement modèle. Le 26 janvier 1986, le secrétaire d’Etat à la Santé, Edmond Hervé inaugura les nouveaux bâtiments en grande pompe. Ce troisième mandat fut aussi marqué par la rénovation du centre de secours, l’aménagement de la Place Jean-Moulin, la poursuite de l’assainissement des différents quartiers de la ville, l’extension des pistes et des locaux de l’aérodrome et la réalisation d’une Maison du temps libre.
En septembre 1988, le Docteur Grèze décida de se représenter aux élections cantonales. Sans étiquette au premier tour, il est devancé par le conseiller général sortant, Bernard Le Provost URB (1530 voix contre 1938). Le troisième homme, le communiste Gaston Gay, fort de ses 1045 voix se retrouva en position d’arbitre. Théoriquement, le report des voix de gauche aurait profité à François Grèze. Cependant, Gaston Gay décida de se maintenir au second tour, créant par la même occasion une triangulaire qui intéressa tous les observateurs politiques du pays. Entre les deux tours, le Docteur Grèze obtint le soutien du Parti socialiste en « remerciement » du soutien apporté par le maire de Lapalisse à la candidature présidentielle de François Mitterrand quelques mois plus tôt. La triangulaire du 4 octobre profita à Bernard Le Provost qui fut réélu conseiller général avec 2237 voix contre 2094 à François Grèze et 713 à Gaston Gay. Déçu par les résultats de ces élections, le Docteur Grèze décida le lendemain même de démissionner de son poste de maire de Lapalisse. Durant les jours qui suivirent 14 des 21 conseillers de sa majorité décidèrent de démissionner à leur tour. Le 4 décembre 1988, eurent lieu des élections municipales complémentaires mettant aux prises deux listes : une liste de rassemblement et d’ouverture pour l’administration de Lapalisse conduite par un Docteur Grèze regaillardi et une liste de rassemblement des forces de gauche conduite par le communiste Gaston Gay. La droite lapalissoise et son chef de file le conseiller général Le Provost préféra très stratégiquement ne pas participer à ce scrutin jugeant qu’il s’agissait d’une affaire interne à la gauche. Il n’est d’ailleurs pas faux de remarquer que la composition de la nouvelle liste Grèze faisait état d’une nette inflexion à gauche qui ne fut pas sans conséquence par la suite. Le résultat des urnes fut sans appel : la liste Grèze obtint 23 sièges n’en laissant que quatre à la liste de gauche.
Cependant, la crise politique de l’automne 1988 fragilisa la majorité municipale du Docteur Grèze dont l’aile droite entama un rapprochement avec l’opposition RPR de Bernard Le Provost. Aux élections municipales de mars 1989, trois conseillers sortant vinrent grossir les rangs de la liste de rassemblement d’union pour vivre et travailler à Lapalisse (URB). Confronté également à la traditionnelle liste d’union des forces de gauche, le Docteur Grèze fut mis en balotage. Au second tour, la liste du maire sortant triompha finalement en remportant 20 sièges, 6 revenant à l’opposition de droite qui doublait ainsi sa représentation au sein du conseil municipal.
Le quatrième mandat (1989-1995) du Docteur Grèze fut marqué par une certaine morosité. Alors que la situation économique du bassin d’emploi de Lapalisse ne cessait de se détériorer (fermeture de la SAVAB, des Ets Barthelot, Foucault, Crégut et Vynicuir), une partie de la population lapalissoise commença à exprimer sa volonté de voir s’installer à l’hôtel de ville une nouvelle génération d’élus municipaux. Le Docteur Grèze essaya d’enrayer la déstructuration du tissu industriel local en convaincant notamment le volailler Fléchard de venir s’implanter sur la ZA de Rosières. Malheureusement, la soixantaine d’emplois créée pesa finalement peu face aux trois cents emplois perdus en moins de dix ans…
François Grèze mit toujours un point d’honneur à garder une indépendance politique totale, quitte à tourner le dos aux réseaux départementaux et régionaux. Cette recherche constante de la liberté de manœuvres était encore possible au début des années 1980, mais passées les lois de décentralisation, il devint de plus en plus difficile de tenir cette ligne de conduite.
Dans l’espoir de défendre les intérêts de sa ville au niveau départemental, le Docteur Grèze décida de se présenter une nouvelle fois aux élections cantonales de mars 1994. Pour la première fois depuis bien longtemps, six candidats sont en lice. Un tel schéma facilita bien entendu l’éparpillement des voix . Au premier tour, l’URB Bernard Le Provost arriva largement en tête (35 %) devançant François Grèze (22 %) et Dominique Chassenieux (PS – 21 %). De façon théorique, le report des voix de gauche aurait du profiter à François Grèze. Cependant, au soir du second tour, Bernard Le Provost fut réélu avec 53,82 % des voix et réalisa même l’exploit de devancer à Lapalisse le Docteur Grèze de cent cinquante voix. La donne politique locale était en train de changer à quelques mois du renouvellement municipal.
La campagne électorale de 1995 s’annonçait difficile pour le Docteur Grèze qui dut tout d’abord prendre acte de la volonté de certains de ses conseillers de se retirer de la vie politique locale. D’ autres essayèrent de le convaincre de ne pas s’engager dans un cinquième mandat dont la conduite serait forcément très difficile. Défendant bec et ongles son bilan, le Docteur Grèze décida de constituer une liste Horizon 2000 qui se retrouva face à une liste de rassemblement et d’union pour vivre et travailler à Lapalisse conduite par Bernard Le Provost. Les résultats des urnes furent sans appel, dès le premier tour la liste Le Provost obtint la majorité absolue enlevant 21 des 27 sièges à pourvoir.
Le docteur Grèze se retrouva donc simple conseiller municipal après avoir été le premier magistrat de la ville pendant vingt-quatre ans. Après trois années d’opposition parfois tendue avec la nouvelle équipe municipale, François Grèze démissionna de ce mandat le 5 mars 1998. Vendant peu après ses biens lapalissois, le Docteur Grèze choisit de se retirer dans sa propriété bussetoise.

S. HUG

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18 juin 1939 : inauguration du Jardin public de Lapalisse



Le jardin public de Lapalisse, fut la réalisation-phare de la municipalité de Charles Rousset, élu maire en 1935.

Les festivités débutèrent le samedi 17 juin par une retraite aux flambeaux et une fête foraine. Le lendemain, les principales artères de la ville furent décorées pour accueillir les officiels : Lucien Lamoureux, député de l'Allier, M. Adam, préfet de l'Allier, M. Vernay, sous-préfet de Lapalisse, M. Jean Beaumont, sénateur de l'Allier, M. Faure-Laurent, architecte du projet, une demi-douzaine de Conseillers généraux, les maires de l'arrondissement... Seul, le ministre du Commerce, devant à l'origine présider les festivités, ne put venir, retenu par une autre inauguration... celle de la foire de Zurich. Ce fut sous un soleil éclatant qu'une foule importante se pressa dans les allées du tout nouveau parc lapalissois. L'Union Musicale prenant possession du kiosque divertit les visiteurs. Après une rapide visite de la nouvelle école primaire édifiée Avenue de la Gare et un banquet réunissant une centaine de convives à l'Hôtel Renaud, vers 15 heures, un défilé de chars fleuris s'ébranla dans les rues de Lapalisse. Tout s'acheva pour un nouveau et ultime concert de l'Union Musicale sous le marché couvert et une bataille de fleurs. La fête foraine résonna jusqu'à une heure tardive... (Le Progrès de l'Allier du 19 juin 1939)

S. HUG

(HUGSTEPHANE@aol.com)

Au temps du Tacot


























Photo 1 : vue de la ligne du Tacot sur les hauteurs de Lapalisse, photo 2 : carte du tracé du Tacot dans la région de la Lapalisse, photo 3 : l'automotrice De Dion MH, ultime "Tacot" sur la ligne Dompierre-Le Mayet, photos 4 et 5 : horaires de la ligne Dompierre-Le Mayet en 1938, photo 6 : la gare de Lapalisse-ville avant 1914.

Créé en deux étapes (1893, ouverture de la ligne de chemin de fer économique Dompierre-Lapalisse et 1906, ouverture de la ligne Lapalisse-Le Mayet-de-Montagne), le Tacot ne fut pas seulement pour les populations du val de Besbre et de la Montagne bourbonnaise un simple moyen de tranport, il était un véritable monument social. Décidé dans la foulée du plan Freycinet visant à parachever l'équipement ferroviaire français, la rentabilité des lignes de Chemin de fer économique de l'Allier se posa néanmoins dès le début des années 1920. La ligne Dompierre-Le Mayet-de-Montagne ferma définitivement le 1er juin 1939. Les locaux de la gare de Lapalisse-ville furent rachetés par la municipalité lapalissoise en 1945.
S. HUG

Lucien Colon : le maire de l'expansion




COLON Lucien

(Saint-Prix 1903 - Lapalisse 1974)

Chevalier des Palmes académiques

Médaille d'honneur départementale et communale

Membre du Comité de Libération de Lapalisse en août 1944

Conseiller municipal de 1945 à 1947 et de 1953 à 1959

Maire de Lapalisse de 1959 à 1971

Conseiller général du Canton de Lapalisse de 1951 à 1974

Représentant de commerce, Montplaisir

La conquête du pouvoir local par Lucien Colon fut en tout point remarquable. Alliant à la fois l'engagement associatif d'avant-guerre, l'entrée en résistance sous l'occupation et, enfin, la constitution d'un solide réseau de relations servi par son activité professionnelle, Lucien Colon fut pendant plus de trente ans un homme incontournable dans le paysage politique local qu'il finit par dominer. Animé d'une saine ambition, il maîtrisa à merveille, en bon représentant de commerce qu'il fut, la gestion de son image personnelle auprès de ses électeurs et de ses administrés. Véritable batelleur aux allures de fort des halles, Lucien Colon laissa à l'Assemblée départementale le souvenir d'un homme doté d'une faconde buissonnière.
Bien que Saint-Prissois d'origine, Lucien Colon eut une jeunesse avant tout lapalissoise. Issu d'un milieu modeste, Lucien Colon entra dans la vie professionnelle en tant que représentant de commerce et se spécialisa vite dans la vente d'articles chaussants d'intérieur. A la fin des années 1920, Lucien Colon épousa une jeune lapalissoise, Renée Reveret, fille d'un petit commerçant. Lucien Colon se forgea une première culture politique auprès des Radicaux lapalissois (le Docteur Baudon, Auguste Coche, Claudius Papon...) Néanmoins, ce fut sur la liste d'opposition d'Action communale qu'il se présenta pour la première fois aux élections municipales de mai 1935. Barré par son manque d'envergure publique, Lucien Colon ne recueillit que 348 voix. Mobilisé à l'automne 1939, Lucien Colon fut fait prisonnier par les forces allemandes lors de la Débâcle et ne recouvra la liberté que courant 1942.


Les années d'Occupation furent déterminantes dans l'itinéraire politique de Lucien Colon. Devenu délégué local aux prisonniers de guerre, la renommée de notre homme se fortifia de jour en jour. Voyageur de commerce infatigable, Lucien Colon recommença à sillonner tant bien que mal les routes de la région servant à l'occasion d'agent de liaison entre différents réseaux de résistance. La Libération venue, Lucien Colon était devenu un personnage incontournable de la vie lapalissoise. Dès août 1944, il siégea au sein du Comité de Libération qui administra la ville de Lapalisse jusqu'aux élections municipales de mai 1945. Confortablement élu conseiller municipal avec 1100 voix, Lucien Colon prit peu à peu ses distances par rapport aux orientations politiques de Charles Bécaud. Il décida de ne pas se représenter aux élections municipales d'octobre 1947.
Quatre années plus tard, notre homme retrouva le devant de la scène politique locale de la plus brillante des manières. Candidat républicain indépendant aux élections cantonales d'octobre 1951, Lucien Colon se retrouva au coeur d'une quadrangulaire opposant le conseiller général sortant, maire du Breuil, Antoine Brun (SFIO), et deux autres Lapalissois, Paul Baptiste (PC) et Jean-Marie Depeyre (RPF). Au premier tour, Lucien Colon n'arriva qu'en troisième position avec 1130 voix. Cependant, Antoine Brun, froissé de n'avoir pu être élu dès le premier tour, se retira de la course. Profitant d'un très bon report des voix du candidat gaulliste, Lucien Colon fut élu avec 2116 voix, contre 1866 voix à Charles Bécaud (qui avait remplacé au pied levé Antoine Brun sous l'étiquette de la Démocratie sociale) et 1622 voix à Paul Baptiste. Mais au-delà de ce succès électoral, Lucien Colon se repositionnait auprès des électeurs lapalissois : avec 942 voix, Lucien Colon devançait outrageusement le candidat communiste (341 voix) et surtout le maire de Lapalisse, Charles Bécaud (260 voix). Deux ans plus tard, Lucien Colon se représenta aux élections municipales sur une liste unique qu'il codirigeait avec Gilbert Barthelot. Récoltant 1184 voix, Lucien Colon devançait d'une longueur tous ses colistiers. Une fois élu maire de Lapalisse, Gilbert Barthelot créa un troisième poste d'adjoint afin de récompenser le soutien politique que lui avait fourni Lucien Colon.
Confortablement réélu conseiller général du canton de Lapalisse au premier tour du scrutin de 1958 (3367 voix contre 1372 à Gaston Gay (PC) et 762 à Jean Parillaud (SFIO), Lucien Colon conduisit seul une liste unique aux municipales de mars 1959. Sans surprise, les 21 colistiers furent élus dès le premier tour. Les deux grands objectifs de la politique communale de Lucien Colon furent de moderniser la ville et d'encourager le développement économique. Conseiller général depuis déjà deux mandats, Lucien Colon travailla en liaison directe avec le Comité d'expansion économique de l'Allier et les différents services départementaux dont il avait une excellente connaissance. Son travail de terrain était excellemment relayé (d'aucuns diront pensé) par le secrétaire de la Mairie de Lapalisse, Jean Daumur, futur conseiller général. Les entrées de la ville furent embellies, de nouveaux égouts furent créés, l'éclairage public généralisé à tous les quartiers, un nouveau dispensaire inauguré... A partir du début des années 1960, la Société d'exploitation des Eaux de Charrier (Saint-Priest-Laprugne) choisit d'installer en gare de Lapalisse-Saint-Prix un service d'expédition. En 1963, les époux Batigne créérent les Etablissements VINYCUIR (maroquinerie scolaire) sur la toute première zone d'activité lapalissoise, avenue de Verdun.
En novembre 1962, Lucien Colon accepta opportunément (l'opportunisme n'étant pas la moindre de ses qualités) de devenir le suppléant de Pierre Coulon, député-maire de Vichy, lors des législatives de novembre. Le but de la manoeuvre était double : pour Pierre Coulon, l'alliance avec un homme du cru sachant parler au peuple était nécessaire, pour Lucien Colon, la survie politique passait désormais par un rapprochement avec les gaullistes départementaux. Pourtant, peu de liens unissaient les deux hommes. Cette alliance de circonstance fut facilitée par l'entremise d’un ami commun, M. Montagnier, marchand de vins à Lapalisse. Au second tour, Pierre Coulon perdit son siège de député au profit du centriste cussétois, Gabriel Péronnet, qui inaugura ainsi une brillante carrière politique. Le même mois, Lucien Colon se présenta sans succès aux élections sénatoriales. Défendant les couleurs du radicalisme bourbonnais, il espérait rassembler derrière son nom une grande partie du collège électoral de l'Est de l'Allier. La défaite fut cuisante.
Aux élections cantonales de mars 1964, le paysage politique local était singulièrement différent de celui de 1958. Au premier tour, pas moins de six candidats se retrouvèrent en compétition. Cette situation ne pouvait que favoriser l'éparpillement des voix d'autant plus que la plupart des candidats se distinguaient par leur jeunesse. Arrivé en tête au premier tour avec 1267 voix, Lucien Colon triompha au second tour avec 2038 voix (contre 1666 à Claude Méténier, radical-socialiste, droguiste lapalissois et 1317 à Jean Sylvaire, maire d'Arfeuilles, candidat indépendant).Bien que réélu, Lucien Colon ne pouvait ignorer que plus d'un tiers de ses électeurs de 1958 (soit près de 1 000 voix) lui avaient tourné le dos.

Aux élections municipales de 1965, la liste dirigée par Lucien Colon se retrouva une nouvelle fois seule en lice. L'ensemble de la liste fut confortablement élue dès le premier tour de scrutin, mais il est important de noter que Lucien Colon se retrouva devancé au nombre des voix par dix de ses colistiers : en l'espace de deux années, les électeurs avaient réduit de façon notable la marge de manoeuvre du maire de Lapalisse.
Durant son second mandat municipal, Lucien Colon continua à encourager le développement économique de la ville. En 1966, un abattoir flambant neuf fut ouvert sur le site de la Zone d'Activités de Lubillet. En 1969, le principe de la fondation d'une société regroupant les intérêts de six volaillers (quatre lapalissois, MM. Orrechia, Cote, Baillon et Mme Barret, auxquels se sont greffés M. Delorme de Changy et M. Pralut de Saint-Martin d'Estreaux) fut entériné. La SAVAB (Société des Abattoirs du Val de Besbre) débuta ses activités en mars 1970 tout contre le nouvel abattoir municipal. Alors qu'à la fin des années 1950 Lucien Colon avait soutenu le dossier de l'Ecole ménagère agricole inaugurée en 1959 (l'actuel Lycée Professionnel Agricole Antoine-Brun), il porta à bout de bras celui de la création d'un collège d'enseignement secondaire qui fut inauguré en 1968 (rebaptisé Collège Lucien Colon en 1982).
Aux élections cantonales de mars 1970, Lucien Colon reconquit une partie de son électorat et fut brillamment réélu conseiller général du Canton de Lapalisse dès le premier tour avec 2356 voix (contre 1205 à Gaston Gay, instituteur lapalissois, Parti communiste et 545 voix à Jean Laurent, entrepreneur lapalissois, sans étiquette). Lucien Colon décida de ne pas se représenter aux élections municipales de mars 1971. Le conseil municipal sortant se présenta donc uni mais sans véritable champion devant les électeurs lapalissois. Au terme d'une campagne indécise, la liste rivale obtint une courte majorité et l'inattendu Docteur Grèze fut élu pour la première fois maire de Lapalisse.
Le 14 novembre 1974, Lucien Colon s'éteignit à son domicile de la rue Marcel Déborbes, fier d'avoir transformé sa bonne ville de Lapalisse, mais ne laissant derrière lui aucun véritable héritier politique, faute peut être de n'avoir jamais eu d'enfants.

S. HUG
(HUGSTEPHANE@aol.com)

Les Bécaud : les hommes de la Résistance













LES BECAUD


Charles Bécaud (1887-1955)
(personnage le plus à droite sur la photo ci-contre)


Conseiller municipal de 1935 à 1941
Maire de Lapalisse de 1945 à 1953
Chevalier de la Légion d'Honneur
Croix de Guerre 1939-1945
Médaille de la Résistance
Marchand de bois et de combustibles, Quai de la Besbre



Raymond Bécaud (1913-2000)
(photo de droite)


Membre du Comité de Libération de Lapalisse en août 1944
Maire de Lapalisse de septembre 1944 à mai 1945
Croix de guerre 1940
Marchand de bois et de combustibles, rue du 4-Septembre


Le destin de la famille Bécaud fut tragiquement lié à la guerre 39-45. Le tribut qu'ils payèrent pour leur engagement dans la Résistance locale fut particulièrement lourd. Au sortir de l'Occupation,jouissant d'une aura considérable, les Bécaud s'installèrent à la mairie pour une décennie.
Charles Bécaud débuta sa carrière professionnelle dans la scierie Labaye à Magnet. Au tout début des années 1920 Charles Bécaud créa sa propre affaire au lieu-dit Le Châtelier, sur la commune de Saint-Prix. A peu près à la même époque, au bénéfice d'une association avec son cousin Jean-Pierre Charasse, Charles Bécaud étendit ses activités en créant un dépôt de combustibles et une entreprise de roulage, implantés quai de la Besbre, tout contre son domicile où grandirent ses six enfants.
Elu conseiller municipal en mai 1935 sur la liste radicale du maire sortant Auguste Coche, Charles Bécaud siégea au Conseil jusqu'en avril 1941, date de la révocation de tous les élus de l'opposition par arrêté préfectoral.Très tôt, la famille Bécaud s'engagea dans la Résistance. Le destin de cette famille bascula le 7 février 1944. Ce jour là, la Gestapo de Vichy opéra une rafle à Lapalisse dans le but de décapiter les réseaux locaux de Résistants. Charles Bécaud et son fils cadet, Jean (né en 1916),mécanicien, furent arrêtés, emprisonnés dans un premier temps à la Mal-Coiffée de Moulins,puis, à Compiègne avant d'être déportés à Buchenwald. Charles Bécaud y demeura jusqu'à la libération du camp en avril 1945. Durant sa captivité, il se lia d'amitié avec Marcel Paul, syndicaliste communiste qui, une fois devenu Ministre de l'Energie en 1946, rendit visite à son ancien compagnon de stalag devenu maire de Lapalisse. Son fils, fut quant à lui transféré de Buchenwald à Floha au début de l'année 1945. Malheureusement, Jean Bécaud ne revint jamais des forêts de Saxe. Trop affaibli pour suivre la marche de la colonne des déportés évacués précipitemment de Floha, il fut en effet fusillé en avril 1945 avec 56 autres de ses compagnons dans un bois de Marienberg et enseveli dans une fosse commune.
Entre temps, Raymond, fils aîné de Charles, appartenant aux Forces Françaises de l'intérieur (FFI - résistance gaulliste) fut choisi fin août 1944 pour présider le Comité de Libération de Lapalisse composé de huit autres membres : Claude Rousset, Antoine Guy, Claudius Papon, Lucien Colon, le Docteur Perrin, Joseph Bel, Gaston Perisse et Alphonse Bletterie. Le 11 septembre 1944, Raymond Bécaud reçut, par arrêté préfectoral, une délégation municipale dans le but d'administrer la ville et de préparer les futures éléctions locales dès le retour des prisonniers de guerre et des déportés. La toute nouvelle administration préfectorale installa également trois adjoints représentant les grands courants de la France libérée : Claude Rousset (Socialiste), Claudius Papon (Radical-socialiste) et Antoine Guy (Communiste). Raymond Bécaud demeura maire de Lapalisse jusqu'au 11 mai 1945, date à laquelle son père, rentré de captivité fin avril, fut élu maire de Lapalisse.
C'est un homme amaigri, affaibli et meurtri par les épreuves de la guerre qui s'installa donc à la tête d'une ville qui connut encore pendant de longs mois les restrictions portant sur les carburants, le charbon et certains produits alimentaires. Avec son éternel béret vissé sur la tête, Charles Bécaud incarnait pour tous l'homme honnête, rempli de convictions qui était revenu de l'enfer. Les premiers mois de son mandat furent placés sous le signe du retour à la concorde et du recueillement. La municipalité de Charles Bécaud rebaptisa par exemple plusieurs rues et places de la ville afin de rendre hommage aux grands vainqueurs de la guerre et aux résistants et déportés locaux : l'avenue de la Gare devint ainsi avenue du Général de Gaulle, la rue Nationale, rue du Président-Roosevelt, la rue du Marché, rue Winston Churchill, la Place de l'Industrie, Place Staline, la rue de la Montagne, rue Gaston-Commerçon. Par la suite, plusieurs rues du quartier de Montplaisir reçurent le nom de Lapalissois morts en déportation : rue Gilbert-James, place Jean-Berthuet, rue Marcel-Déborbes, rue Barthélémy-Guillon, rue Jean-Marie-Malbrunot. Enfin, la Place du Marché fut rebaptisée Place du Maréchal-leclerc et la rue des Ecoles, rue du Lieutenant Négrier du nom du sous-officier commandant la colonne FFi qui libéra la ville de Lapalisse en août 1944 et qui trouva la mort en 1948 en Indochine.
Au renouvellement municipal de 1947, la situation politique avait considérablement changé. La belle concorde née de la libération avait déjà disparu : trois listes se présentèrent aux élections (une Liste républicaine de défense des intérêts communaux conduite par Charles Bécaud, une Liste républicaine d'administration communale conduite par Gilbert Barthelot et, enfin, une Liste d'Union républicaine et résistante conduite par Antoine Guy). Mise en ballottage, la Liste de Charles Bécaud obtint finalement 13 sièges, contre 6 revenant à la Liste Barthelot.
Durant son second mandat de maire, Charles Bécaud, secondé par deux adjoints expérimentés, Claude Rousset et Claudius Papon, s'appliqua à restaurer le revêtement et l'éclairage des rues et des places de la ville dont l'entretien avait été négligé durant les années de guerre, il fit également reconstruire le marché couvert incendié en 1943 par les membres de la Résistance, motorisa les services municipaux et lança l'idée d'un établissement de bains-douches publics, Place du Faubourg.
En octobre 1951, un coup de théâtre secoua le paysage politique local : Antoine Brun, conseiller général SFIO du canton de Lapalisse de 1937 à 1940 et de nouveau à partir de 1945 se trouvait distancé dès le premier tour des cantonales par le Lapalissois Lucien Colon. Antoine Brun jeta l'éponge et, au pied levé, Charles Bécaud décida de le remplacer se retrouvant ainsi face à l'un de ses anciens conseillers municipaux. Battu, Charles bécaud essuya même un cinglant affront auprès des électeurs lapalissois (260 voix contre 341 à Paul Baptiste - Parti communiste - et 942 à Lucien Colon - Divers gauche).Affecté par ce piètre résultat, Charles Bécaud réunit un Conseil municipal exceptionnel devant lequel il annonça sa décision de démissionner si l'assemblée en émettait le souhait. Un rapide scrutin le conforta dans ses fonctions par 18 voix contre une. Devenu un sexagénaire usé par sa captivité et le poids du deuil de son fils, Jean, mort en déportation, Charles Bécaud ne se représenta pas aux élections municipales de 1953. Il s'éteignit trois ans plus tard à son domicile du Quai de la Besbre.
A la mort de son père, Raymond Bécaud associé à la conduite de l'affaire familiale depuis près de vingt ans, en prit les rênes et compléta les activités liées au commerce du bois de chauffage et des combustibles en développant le commerce des boissons. En revanche, le sciage de bois d'oeuvre fut peu à peu abandonné par manque de rentabilité. En 1964, Raymond Bécaud associa à son affaire ses deux fils, Jean et Claude, qui assuraient les livraisons de charbon, bois de chauffage, fuel, vins et spiritueux. L a société Bécaud demeura en l'état jusqu'en 1988, année de la retraite professionnelle de son créateur. Jusqu'à sa disparition, Raymond Bécaud prit une part active dans la vie des associations d'Anciens Combattants lapalissoises. Le Maire de la libération décèda en novembre 2000 à la suite d'un accident de la route.

S. HUG

Gilbert Barthelot, ou le goût d'entreprendre




BARTHELOT Gilbert


(Châtelus 1880 - Lapalisse 1968)

Maire de Lapalisse de 1953 à 1959

Conseiller municipal de 1935 à 1944 et de 1947 à 1953

Officier des Palmes académiques (1934) - Chevalier de la Légion d'Honneur (1952) - Médaille d'honneur de la Fédération musicale de France (1963).

Industriel, installé rue Nationale


Pendant plus de quarante ans, des années 1920 aux années 1960, cet autodidacte personnifia pour beaucoup de Lapalissois à la fois le labeur, l'audace et la ténacité. Se lançant dans l'aventure industrielle avec très peu de capitaux, il réussit en à peine quinze années à bâtir un e société dont la renommée e t le savoir-faire ne tardèrent pas à franchir nos frontières. Il fut l'homme qui fit rentrer l'industrie au coeur même de Lapalisse.
Petit homme sec, au tempérament bien trempé, un brin paternaliste, volontiers autoritaire et dur en affaires, Gilbert Barthelot, une fois devenu maire de Lapalisse, géra sa commune avec la même énergie qu'il déployait pour développer son entreprise. Pendant les six années de son mandat, l'homme s'était d'ailleurs fixé comme rituel de traverser sa ville tous les matins à pied pour rejoindre la Mairie afin d'aller à la rencontre des Lapalissois et de superviser l'évolution des travaux municipaux.
Issu d'une famille de petits propriétaires terriens de Châtelus qui donna plusieurs conseillers municipaux à cette commune, Gilbert Barthelot fut tout d'abord apprenti bourrelier à Lapalisse avant de parachever sa formation à Paris.C'est d'ailleurs à Paris qu'il épousa en 1906, Antoinette Belaval (1884-1976), jeune femme fluette originaire d'Ebreuil (03), qui demeura toute sa vie dans l'ombre de son mari. En 1904 , Gilbert Barthelot ouvrit, rue Nationale, une boutique de bourrellerie. A partir de 1916, l'Intendance de l'Armée lui passa des commandes de plus en plus importantes qui le conduisirent à créer un petit atelier de maroquinerie, toujours rue Nationale, employant à la veille de l'Armistice une quarantaine de personnes. En 1920, Gilbert Barthelot reconvertit les productions de son ateliers vers la belle maroquinerie et notamment les articles de voyage. La même année, il lança la construction de la première tranche d'un bâtiment industriel situé rue Nationale qui, agrandi deux fois jusqu'en 1927, devint le siège social de la S. A. Barthelot, créée en 1928.A cette date, les Etablissements Barthelot comptaient déjà quatre-vingts employés. Formant seul ses premiers collaborateurs (MM. Rondepierre et Régerat), Gilbert Barthelot est à juste titre considéré par les maroquiniers français comme l'un des précursseurs de l'industrialisation de leur métier.
L'engagement de Gilbert Barthelot dans la vie associative lapalissoise remonte à 1926. Alors que la société musicale des Enfants de Lapalisse traversait une grave crise opposant son bureau directeur à la municipalité radicale menée par Auguste Coche, Gilbert Barthelot finança sur ses propres deniers la renaissance de l'harmonie-fanfare rebaptisée Union Musicale. Il demeura d'ailleurs Président d'honneur de cette société jusqu'à sa mort en 1968 et apporta un soutien actif à bon nombre d'autres sociétés locales (Croix-Rouge, Commune Libre de Montplaisir...).

En 1935, entre les deux tours des élections municipales, Gilbert Barthelot décida de prendre pied dans la vie politique locale en se portant candidat sur la liste du maire sortant Auguste Coche. Proche des idées de gauche, un temps même membre de la SFIO, Gilbert Barthelot fut élu conseiller municipal mais dut néanmoins siéger dans un Conseil dominé par les colistiers de Charles Rousset, nouveau maire de Lapalisse.
L'année 1936, fut marquée par une grève qui paralysa les Etablissements Barthelot entre le mois de juin et le mois d'août.Le conflit portait sur l'application des avantages sociaux accordés aux ouvriers lors de la signature des Accords Matignon. Dès le 4 juillet, une cinquantaine d'ouvriers cessa le travail conduit par Bergougnon, membre de la CGT. Très vite, un piquet de grève fut organisé bloquant l'entrée de l'usine. Le sous-préfet de l'époque, M. Vernay, n'eut de cesse d'essayer de trouver un terrain d'entente entre les parties en présence. Le 3 août, alors que la situation pourrissait depuis un mois, une pétition, réclamant l'évacuation des grévistes, circula à l'initiative de quelques commerçants lapalissois. Le soir même, le sous-préfet de Lapalisse, appliquant un arrêté du Préfet de l'Allier ordonna la levée immédiate du piquet de grève. Le 30 août, un accord fut enfin trouvé sous le patronage de M. Vernay : les salaires furent réévalués à hauteur de 10 %, une partie du personnel renvoyé au début de la grève fut réintégré.Le travail ne reprit que fin septembre. Gilbert Barthelot sortit blessé d e cette épreuve et songea même un temps à se retirer définitivement de la vie associative lapalissoise. Tirant les leçons de ce conflit social, il n'hésita pas par la suite à se séparer des ouvriers manifestant des vélléités syndicales. En revanche, incontestablement, Gilbert Barthelot aimait ses employés comme sans doute seul le fondateur d'une société est capable de le faire. Organisant, chaque année, un banquet, un arbre de Noël et, à partir des années 1950, une excursion annuelle pour tous ses ouvriers, Gilbert Barthelot veillait sur son personnel d'un regard paternaliste.
Demeuré conseiller municipal pendant l'Occupation, Gilbert Barthelot fut écarté des affaires communales par le Comité de Libération en 1944. De retour en 1947, il conduisit une Liste Républicaine d'Action Communale qui obtint 6 sièges au second tour des élections municipales. En 1953, alors que le maire sortant, Charles Bécaud, ne se représentait pas Gilbert Barthelot mena à la victoire une Liste Républicaine. Sous son unique mandat de maire (1953-1959), Gilbert Barthelot encouragea le redressement de l'agriculture cantonale (reconstruction du marché couvert incendié en 1943 construction de cases pour les marchands ambulants, création de nouveaux concours primés), chercha à développer l'attractivité touristique de sa ville (création d'un camping municipal en 1956,soutien apporté à la famille de Chabannes lors de la création du spectacle Son et Lumière en 1955 et poursuivit la modernisation des infrastructures communales (voirie, réseau d'adduction d'eau, éclairage public...). Gilbert Barthelot se retira de la vie politique locale en 1959 et assura la direction de son entreprise jusqu'en 1965. Sans enfant (le couple Barthelot avait perdu leur seul enfant, Louis, mort à l'âge de 16 ans en 1926), il transmit les rênes de sa société au mari de sa nièce, M. Jean Rimoux. Opéré à la suite d'une mauvaise chute au printemps 1968, sa santé ne cessa alors de s'altérer. Gilbert Barthelot s'en alla le 31 août 1968.
Une impasse de Lapalisse porte son nom le long de son ancienne
usine transformée en 1997 en un Musée d'Art brut.

S. HUG

(HUGSTEPHANE@aol.com)

lundi 25 février 2008

Auguste Coche, ou l'ardeur du combat républicain




COCHE Auguste

(Jouet-sur-l'Aubois - Cher - 1869 - Lapalisse 1941)

Maire de Lapalisse de 1919 à 1935

Président du Conseil d'arrondissement de Lapalisse de 1922 à 1941

Conseiller municipal de 1907 à 1941

Chevalier de la Légion d'Honneur (1930) - Officier d'Académie (1911) - Officier de l'Instruction Publique (1922)



Platrier-peintre, Avenue de la Gare


Homme affable, dégageant une incontestable générosité et une bonhomie naturelle, Auguste Coche était capable de se transformer sur la scène politique en un redouble lutteur, défendant bec et ongles ce qu'il estimait juste. Héritier idéologique des grands républicains bourbonnais des années 1840-1880, il incarna, parfois jusqu'à la caricature, un radicalisme de combat qui finit par lasser une partie de ses administrés.
Fils naturel d'une servante, Auguste Coche fut rapidement orphelin et placé à l'Assistance Publique. Ses années de jeunesse sont de ce fait difficiles à reconstituer. Peu après son mariage célébré à Vichy en 1896 avec Mlle Pinlong, Auguste Coche s'installa à son compte à Lapalisse comme plâtrier-peintre. Ce fut en octobre 1907, à la faveur de la victoire des radicaux menés par le Docteur Baudon qu'Auguste Coche devint conseiller municipal. En 1908, Auguste Coche prit une part active à la création d'une société de secours mutuels, Les Travailleurs réunis, au recrutement plus populaires que La Prévoyante. Réélu en 1908, il fut désigné adjoint au début de son troisième mandat, en 1912. En novembre 1919, alors que le Docteur Baudon choisissait de ne pas se représenter au renouvellement de ses mandats de maire et de député, Auguste Coche prit la tête de la liste radicale composée pour moitié de conseillers sortants et pour moitié d'hommes neufs. Le 30 novembre 1919, Auguste Coche était élu pour la première fois maire de Lapalisse et conseiller d'arrondissement.
Le premier dossier qu'il eut à gérer, fut l'achèvement de la construction du nouvel Hôpital de la ville, sur le site de Bellevue. Auguste Coche, devenu en 1922, Président du Conseil d'arrondissement, n'eut de cesse d'encourager et de soutenir le processus d'électrification de tous les quartiers de sa ville et des campagnes du canton. Réélu sans aucun souci en 1925, puis moins largement en 1929, le maire de Lapalisse se fit surtout remarquer pour son audacieuse politique sociale. Cependant, à la multiplication des aides et des distributions ne pouvaient invariablement répondre que des choix budgétaires drastiques. Auguste Coche décida donc de diminuer, voire purement et simplement de supprimer, les subventions accordées à des sociétés locales dirigées par des notables conservateurs. L'exemple le plus criant de cette politique budgétaire fut le conflit qui naquit en 1926 entre le Comité directeur de la société musicale des Enfants de Lapalisse et la municipalité "cochienne". Du jour au lendemain, les subventions furent annulées et la salle de répétition, située dans l'ancien hospice de la Place du Marché, fermée. Après quelques mois de conflit, la société put renaître sous le nom d'Union Musicale grâce à l'action énergique de Gilbert Barthelot.
Soutenant également les associations pacifistes et antifascistes de tout l'arrondissement, Auguste Coche présida, le 1er juillet 1934, une grande manifestation qui se tint, juste en face de sa Mairie, Place du 14-Juillet, au pied du monument érigé en l'honneur des Victimes du Coup d'Etat du 2 décembre 1851. Au fil du temps, le radicalisme écarlate d'Auguste Coche finit par lasser une partie de ses administrés. Ce fut parmi les rangs des deux associations d'Anciens Combattants de la ville que se structura l'opposition la plus vive et la plus sérieuse au maire de Lapalisse. Déjà en 1929, à quelques jours des élections municipales, les Anciens Combattants avaient constitué à la hâte une liste qui réussit tout de même à envoyer trois conseillers à la Mairie. Auguste Coche reconnut à l'époque que quelques jours de campagnes supplémentaires et le résultat des isoloirs aurait pu être différent. La campagne pour les élections municipales de 1935 se déroula dans un climat exécrable, marquée par des affichages sauvages et anonymes particulièrement calomnieux. Le camp "cochien" se présenta affaibli : si Auguste Coche était encore entouré de ses deux adjoints sortants, Pierre Chervin, instituteur à la retraite et Auguste Charles, horloger, en revanche, M. Lafayette, ancien menuisier et M. Carque, ancien commerçant, deux piliers de la vie communale depuis de longues années, venaient de décéder. Par ailleurs, trois autres conseillers sortants, MM. Cote, Dumet et Charasse décidèrent de ne pas se représenter. Pire encore, à quelques jours des élections, MM. Béal et Raboutot décidèrent de quitter l'équipe municipale pour s'inscrire sur la liste d'Action communale. Au soir du second tour, la liste principalement composée d'Anciens Combattants obtenait 11 sièges, celle d'Auguste Coche, 10 sièges : une petite révolution venait de se produire mais tout restait encore possible. La première réunion du nouveau Conseil municipal, durant laquelle on allait procéder à l'élection et à l'installation du nouveau maire s'annonçait déterminante et prenait l'aspect d'un troisième et ultime tour de scrutin.
Cette réunion eut lieu le 17 mai 1935, dans une atmosphère électrique et devant une assistance très nombreuse. Au premier tour de scrutin, le candidat de la liste d'Action communale, Charles Rousset, commerçant de 39 ans, obtint 10 voix à égalité avec Auguste Coche. Le sort de la municipalité était donc entre les mains du seul conseiller à avoir déposé un bulletin blanc dans l'urne. Au second tour, le coup de théâtre tant attendu se passa : Charles Rousset obtint 11 voix, Auguste Coche 10 voix. Le vieux lutteur politique se retrouvait donc dans l'opposition municipale après avoir administré la ville pendant seize années.

Dès le lendemain de l'élection de Charles Rousset à la mairie, le but avoué d'Auguste Coche fut de reconquérir son siège de Maire. Ce fut surtout durant l'année 1937 que l'offensive "cochienne" fut la plus rude. Par quatre fois, en janvier, mai, juillet et août, Auguste Coche, suivi par sept de ses colistiers, démissionna et se représenta dans la foulée. Par quatre fois, ils furent réélus faute d'adversaires. Le but de ces manoeuvres politiques était de provoquer des élections générales et ainsi de pouvoir espérer faire chuter le maire de Lapalisse. Mais la majorité de Charles Rousset tint bon et, avec le temps, l'agitation politique retomba peu à peu. Néanmoins, Auguste Coche demeura jusqu'au bout un opposant ardent, et personnel, du premier magistrat de la ville. En avril 1941, dans le cadre des lois assurant la sûreté de l'Etat Français, le Préfet de l'Allier démit de leurs fonctions l'ensemble des conseillers radicaux siégeant à la Mairie. Auguste Coche, souffrant, fut très affecté par cette décision. Quelques jours plus tard, le 16 avril 1941, le vieux lutteur politique rendait son dernier soupir.

S. HUG

(HUGSTEPHANE@aol.com)

Louis Morel, ou le saut dans la modernité




MOREL Louis

(Noirétable 1835 - Lapalisse 1898)

Officier académique

Maire de Lapalisse de 1878 à 1892

Membre de la Commission municipale en septembre 1870

Conseiller municipal de 1871 à 1877

Cet homme des montagnes du Haut-Forez fut le véritable promoteur lapalissois de l'esprit de progrès qui caractérisa le XIXe siècle. En faisant le choix de la vapeur, en cherchant inlassablement à transformer le visage de sa ville d'adoption et en créant la première société mutuelle, Louis Morel peut être considéré à juste titre comme l'inventeur du XXe siècle lapalissois.
Né à Noirétable (Loire), mais ayant grandi à Thiers (Puy-de-Dôme) où ses parents tenaient une épicerie-droguerie, Georges-Louis-Sébastien Morel s'installa à Lapalisse en 1865, à l'occasion de son mariage avec Anne Aufrère, fille de Simon Aufrère, à la fois teinturier, négociant en tissus et propriétaire de quelques métiers à tisser des cotonnades. Profitant de l'arrivée du chemin de fer (1856-1858) qui facilitait désormais l'approvisionnement en coton, le tissage s'était en effet rapidement développé à Lapalisse, importante place d'échanges agricoles. Peu après 1865, Louis Morel et Simon Aufrère créèrent, Place du Moulin, un atelier de tissages de droguet (étoffe de coton plutôt grossière dont la résistance s'accommodait justement avec la dureté des travaux des champs) dont les métiers étaient mus par la vapeur.
Profitant de la faillite et de la disparition du minotier, manieur d'argent, Emile Dereure (1834-1874), propriétaire du Moulin de la Ville, Louis Morel et Simon Aufrère rachetèrent l'édifice et relancèrent la production. Ainsi, en l'espace de moins de dix ans, la famille Morel-Aufrère réussit à constituer, au pied du château, un "enclos industriel" réunissant une minoterie de belle taille et une filature de cotonnades renommée.
La carrière politique de Louis Morel débuta en septembre 1870 à l'occasion de la chute de l'Empire. Il fit alors parti de la Commission municipale, choisie par le nouveau pouvoir, et ne regroupant que des Républicains (Emile Dereure, minotier, Felix Lavenat, chapelier et Claude Lefaucheur, fils de la receveuse des Postes, deux fois transporté en Algérie en 1852 et 1858, puis placé sous résidence surveillée à La Pacaudière). Élu conseiller municipal en 1871, Louis Morel devint alors l'un des pivots de la vie communale.
Le Docteur Meilheurat (1804-1884), un modèle de longévité politique, occupait la Mairie et le siège de Conseiller général du canton depuis 1834. Ayant traversé les dernières années de la Restauration, la Monarchie de Juillet, la Deuxième République et le Second Empire, Pierre-Antoine Meilheurat conserva son poste de maire après septembre 1870, mais son pouvoir local commençait à être sérieusement écorné par les Républicains locaux. Le coup de grâce fut porté en novembre 1877 lorsque, après l'écrasante victoire des Républicains aux Législatives, le Préfet de l'Allier démit le Docteur Meilheurat, jugé trop conservateur, de ses fonctions de maire. Désormais, plus rien ne pouvait plus empêcher Louis Morel de s'installer à la Mairie à la tête d'un Conseil municipal majoritairement républicain. Ce fut chose faite en janvier 1878.
Immédiatement après son élection, Louis Morel mit tout en oeuvre pour éveiller Lapalisse au progrès du siècle. En 1881, un abattoir et une usine à gaz furent inaugurés au quartier du Petit-Paris. En 1882, les premiers essais de macadamisation des rues sont effectués, en 1887, une halle métallique est édifiée sur la place du Marché, enfin, en 1888, des quais sont inaugurés sur la rive gauche de la Besbre en amont du pont. Dans un tout autre domaine, Louis Morel rattacha Lapalisse à l'élan mutualiste qui se développait alors en France en créant, en 1892, La Prévoyante, la première société de secours mutuels de la ville. Il en demeura Président jusqu'à sa mort en 1898.
Durant ses quinze années de mandat, Louis Morel put compter sur quelques hommes précieux : Felix Lavenat (1839-1909), adjoint à partir de 1878, Louis Méténier (1847-1892), Eugène Montagnier (1847-1910), adjoint à partir de 1888,le docteur Jacques Laborde (1834-1909), conseiller municipal et conseiller général du canton de Lapalisse de 1882 à 1885, Claude Berthelot (1859-1931), adjoint à partir de 1890. Lors de chaque crise politique, cette garde rapprochée fit bloc. Démissionnaire une première fois en mai 1882, la Mairie aurait dû revenir à Jacques Laborde, mais ce dernier refusa cet honneur pour éviter de tomber dans la spirale du cumul des mandats. Finalement, la place de maire échue temporairement au notaire Méténier. De retour en juillet 1883, Louis Morel démissionna une seconde fois en avril 1885. Cette fois-ci, il fut remplacé par Felix Lavenat jusqu'en juillet 1886. Passé 1892, date à laquelle Louis Morel prit du recul par rapport à la vie municipale, ce fut Eugène Montagnier, négociant en vins, qui domina la scène politique lapalissoise et "hérita" de la Mairie.

S. HUG

Un député-maire lapalissois : Jean-Baptiste Baudon




BAUDON Jean-Baptiste

(Châtel-Montagne 1869 - Lapalisse 1956)

Chevalier de la Légion d'Honneur

Maire de Lapalisse de 1907 à 1919

Député de l'arrondissement de Lapalisse de 1914 à 1919

Médecin, Place de l'Industrie

Jean-Baptiste Baudon, personnage populaire, réussit dans la tourmente politique des premières années du XXe siècle, à installer pour près de quarante ans le radicalisme à l'Hôtel de Ville. Son élection à la députation en avril 1914 souleva un immense espoir que la guerre dissipa très vite.
Issu d'une famille de propriétaires terriens de Châtel-Montagne, Jean-Baptiste Baudon fit des études de médecine à Paris où il fut reçu docteur en 1897. L'année suivante, il s'installa Place de l'Industrie à Lapalisse. Ses débuts en politique sont relativement rapides puisqu'en 1904, dans un climat très tendu marqué par l'opposition entre Républicains et Radicaux, il devint conseiller municipal. En octobre 1907, il mena à la victoire une liste radicale-socialiste lors d'élections municipales provoquées par la démission en bloc des conseillers républicains. Le 22 octobre, Jean-Baptiste Baudon était élu maire de Lapalisse. Réélu en 1908, Jean-Baptiste Baudon remporta un beau succès au renouvellement municipal de mai 1912 en triomphant au premier tour une éclatante victoire face au député de la circonscription, Charles Dumas, Républicain radical, qui s'était présenté aux élections municipales de Lapalisse. La liste Baudon obtint 20 sièges sur 21.
Durant les sept premières années de son mandat, Jean-Baptiste Baudon se montra un défenseur acharné du processus de laïcisation de la société, supprimant au passage quelques croix trop visibles dans le vieux Lapalisse et cherchant à réduire l'influence des institutions catholiques de la ville. Jean-Baptiste Baudon chercha également à moderniser Lapalisse en lui donnant un habillage architectural digne de son rang de sous-préfecture. Il soutint ainsi la construction d'un Hôtel des Postes dans l'ile Saint-Jean (1909), d'une Ecole primaire de Garçons (1910), d'une Recette des Finances (1912) et lança les travaux de la future caserne de gendarmerie et du nouvel Hôpital (1913).
Soutenu par les Radicaux de Vichy-Cusset, Jean-Baptiste Baudon fut désigné pour représenter ce parti aux élections législatives d'avril 1914. Le docteur de la Place de l'Industrie axa sa campagne autour de trois points précis : l'établissement d'un impôt sur le revenu, la défense de l'Ecole laïque et le refus du maintien de la représentation proportionnelle aux élections législatives. A la surprise quasi générale, il remporta ces élections au premier tour face au député sortant, une vieille connaissance, Charles Dumas, par 11 960 voix contre 10 928. Durant les quatre années de guerre, Jean-Baptiste Baudon partagea son temps entre son cabinet de la Place de l'Industrie,les blessés en convalescence au château de La Palice, sa famille (son épouse d'origine belge, Marie-Léontine Vanalderweireld, sa fille, Marthe, et son fils, Jacques, futur gynécologue-obstétricien de renom qui eut d 'ailleurs comme interne au sein de son service du Centre hospitalier de Clermont-Ferrand le futur docteur Grèze ), son travail de député aux quatre coins de la circonscription et au palais-Bourbon, sans oublier les fréquentes missions parlementaires sur le front.
Las de la vie politique, Jean-Baptiste Baudon décida de ne pas solliciter le renouvellement de ses mandats de député et de maire lors des élections de la fin de l'année 1919. Un jeune avocat parisien, Lucien Lamoureux le remplaça comme député, son fidèle adjoint à la Mairie, Auguste Coche, fut, quant à lui, élu à la tête de la nouvelle municipalité. Demeurant un personnage écouté dans sa ville et dans l'arrondissement, Jean-Baptiste Baudon continua tout de même à animer les milieux radicaux locaux. Elu simple conseiller municipal de sa commune natale, Châtel-Montagne, en 1935, Jean-Baptiste Baudon en devint maire en 1938 et le resta jusqu'en 1945. Le prestige de l'ancien député, enfant du pays, compta pour beaucoup dans l'élection de notre homme au poste de maire de Châtel-Montagne. Durant son mandat, coïncidant avec les années de guerre, Jean-Baptiste Baudon fut un maire absent qui ne faisait la route de Châtel-Montagne que pour présider les réunions du Conseil municipal. La réalité du pouvoir local était en fait exercée par son premier adjoint, M. Barge (futur maire de Châtel-Montagne). Passé l'épreuve de la guerre, Jean-Baptiste Baudon pratiqua encore quelques années la Médecine tout en passant de plus en plus de temps dans sa propriété châteloise située tout contre le foirail.


S. HUG


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dimanche 24 février 2008

Un maire sous l'occupation : Charles Rousset




ROUSSET Charles (1896 Lapalisse - 1979 Tronget)

Maire de Lapalisse de 1935 à 1944

Médaille de guerre 14-18

Commerçant, rue Nationale







En remportant les élections municipales en mai 1935, Charles Rousset mit fin à trente années de radicalisme. Son mandat, d'abord marqué par une très forte opposition "cochienne", coïncida surtout avec les années de guerre et d'occupation.
Fils d'un couple de commerçants en nouveautés, la jeunesse de Charles Rousset fut surtout marquée par l'épreuve de la guerre. Reprenant la boutique familiale au début des années 1930, Charles Rousset se contentait alors d'assurer le secrétariat de l'une des deux associations d'Anciens Combattants de la ville. A l'époque, le jeune commerçant ne participait pas à la politique locale. Néanmoins, à y regarder de plus près, Charles Rousset personnifiait à merveille la synthèse entre les deux milieux les plus opposés à Auguste Coche, maire radical-socialiste de la ville depuis 1919 : la boutique et les Anciens Combattants. Ce fut à la veille des élections municipales de mai 1935 que sa carrière politique débuta. Sa personnalité se dégagea relativement vite de la Liste d'Action communale opposée à la liste du maire sortant. Élu conseiller municipal au premier tour de scrutin, il n'était pourtant pas le mieux placé de la liste pour devenir maire. Au soir du second tour, le 12 mai, la Liste d'Action communale obtint finalement 11 sièges contre 10 à celle menée par Auguste Coche. Durant toute la semaine séparant les résultats des élections municipales et la première réunion du Conseil devenant désigner le nouveau maire, les pourparlers allèrent bon train. Finalement, la Liste d'Action communale s'accorda sur son nom. Le 17 mai 1935, dans une ambiance surchauffée, Charles Rousset fut élu maire de la ville au second tour par 11 voix contre 10 à Auguste Coche.
Passé le coup de massue, le camp "cochien" décida de tout faire pour essayer de reconquérir l'Hôtel de Ville. En 1936, Charles Rousset dut gérer les retombées de la grande grève qui secoua les Etablissements Barthelot, en organisant un système de secours pour les familles des ouvriers non-grévistes et organisa même des chantiers "d'intérêt commun" pour employer les hommes laissés sur le carreau.
Les partisans de l'ancien maire se déchaînèrent surtout durant l'année 1937. Par quatre fois, en janvier, en mai, en juillet et en août, les conseillers "cochiens" démissionnèrent en bloc provoquant ainsi des élections municipales partielles. Le but de ces manoeuvres politiques étaient de parvenir à déstabiliser la fragile majorité du nouveau maire. A chaque fois, les démissionnaires furent réélus faute d'adversaires et, à chaque fois, la courte majorité de Charles Rousset tint bon. Afin de soutenir l'action de leur maire, des amis et des proches de Charles Rousset fondèrent à l'automne 1937 un journal d'opinion trimestriel, Les Vérités de Lapalisse, où le camp et le bilan d'Auguste Coche étaient violemment attaqués.
Pendant ce temps, les colistiers de Charles Rousset essayaient, tant bien que mal, de travailler en profondeur. Afin de trouver des recettes supplémentaires, la majorité de C. Rousset décida d'affermer les revenus des droits de place des foires et marchés qui, jusqu' alors, étaient mis en régie. Cette réforme fit bondir le montant annuel de ces droits de 50 000 à près de 80 000 francs. Parallèlement, la politique d'assistance et d'aides sociales d'Auguste Coche fut sérieusement révisée à la baisse. Au rang des réalisations de l'équipe municipale de Charles Rousset, citons la création, en 1937-1938, d'un magnifique jardin public de trois hectares conçu par l'architecte-paysagiste limougeaud, Laurent-Faure et, en 1938, la réfection complète de la façade d'honneur de l'Hôtel de Ville en style art-déco.
La guerre mit vite un terme au changement incarné par Charles Rousset. Dès mai 1940, la municipalité lapalissoise dut faire face à l'arrivée des flots de réfugiés venant des provinces du Nord du pays. Par ailleurs, jusqu'en novembre 1942, date de l'occupation de la zone libre par les forces allemandes, des bribes d'unités militaires séjournèrent à Lapalisse dans des baraquements de fortune dont une partie du glorieux 152e régiment d'Infanterie. Au plan politique, si Charles Rousset fut "débarrassé", par un arrêté préfectoral d'avril 1941 de la totalité de l'opposition "cochienne" jugée trop à gauche, le maire de Lapalisse se retrouva totalement désarmé en août 1941 face à la décision de l'Etat Français de transférer la sous-péfecture à Vichy.
Décoré de la Francisque en tant que maire de l'une des principales ville du département, Charles Rousset siégea également au Conseil départemental. Pétainiste de coeur, mais aucunement lavaliste (la nuance est de taille dans l'optique de la collaboration avec l'occupant), Charles Rousset eut une attitude digne durant les années sombres de la guerre. D'ailleurs, en août 1944, le maire déchu de Lapalisse ne fut aucunement inquiété par les membres du Comité de Libération de la ville et les résistants locaux . Ecarté de la ville politique locale, Charles Rousset tint sa boutique de nouveautés jusqu'à la fin des années 1950 tout en continuant à effectuer une vente ambulante dans les campagnes environnantes.

S. HUG

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Un document exceptionnel : un acteur des évènements du 4 décembre 1851 raconte les faits















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S. HUG

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La tombe du gendarme Lemaire (cimetière de Lapalisse)


Tué lors de la fusillade du 4 décembre 1851 qui éclata entre les républicains donjonais et les forces de l'ordre juste devant la mairie et la sous-préfecture de Lapalisse (sur l'actuel boulevard de l'Hôtel de Ville), le maréchal-des-logis Lemaire fut inhumé au cimetière de Lapalisse. On ouvrit une souscription pour édifier un monument commémoratif en son honneur. Laissant une fille unique, encore très jeune, l'évêque de Moulins, choisit d'en devenir le protecteur et la dota d'une rente jusqu'à sa majorité. Des aides publiques furent également allouées à la veuve du gendarme. En 1882, lors de la victoire d'Honoré Préveraud (ancien chef des républicains donjonais, condamné et exilé au début du Second empire) aux législatives, ses partisans dégradèrent cette tombe qui portait à l'origine une inscription plus longue sur son socle. En 1905, le comité de la Libre-pensée lapalissoise demandait encore la suppression de cette inscription jugée provocatrice. On ignore à quelle date la partie la plus "réactionnaire" de l'épitaphe fut définitivement martelée.
S. HUG






samedi 23 février 2008

L'histoire immédiate : la fin du Courrier de la Besbre













Voici la 124eme et ultime livraison trimestrielle du Courrier de la Besbre, journal de la section de Lapalisse et du Mayet-de-Montagne du parti communiste. Créé en 1977, dans l'élan de l'Union de la Gauche et du Programme commun, par l'ancien instituteur lapalissois Gaston Gay (candidat à toutes les cantonales de 1958 à 1988, conseiller municipal de Lapalisse de 1988 à 1995), le Courrier de la Besbre devint vite un "monument" de la vie politique lapalissoise. Gaston Gay dirigea la rédaction de cette publication jusqu'en 2003, année durant laquelle il passa la main à Christian Fournier, instituteur mayetois bien connu des montagnards et des rugbymen bourbonnais (il fut l'un des joueurs fondateurs du RCL en 1976 et joua dans ce club jusque dans les années 1990).

Au-delà de nos opinions, saluons la disparition de ce petit organe de presse qui fit vivre la démocratie locale.

S. HUG

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Un grand républicain oublié : Jacques Bonnet, maire du Breuil et conseiller général du canton de Lapalisse


Jacques Bonnet (1859-1937), chevalier de la Légion d'Honneur, boulanger au Breuil, fut maire de sa commune de 1892 à 1937 et conseiller général du canton de Lapalisse de 1919 à mars 1937. Après avoir participé à l'expédition du Tonkin en 1882-1885, Jacques Bonnet s'établit comme boulanger au Breuil, doublant son activité d'un café-hôtel. Il devint dans la foulée conseiller municipal. Trois ans plus tard, il devenait adjoint au maire, puis enfin maire en 1892.
Jacques Bonnet fut également conseiller d'arrondissement de 1906 à 1919.
Grand républicain, militant radical-socialiste, il fut élu conseiller général en novembre 1919, succédant ainsi au Docteur Baudon, radical-socialiste, qui avait souhaité quitter la scène politique locale. J. Bonnet reçut la Légion d'Honneur en 1923. Ami du député et ministre Lucien Lamoureux, Jacques Bonnet se passionna surtout pour les questions touchant à la modernisation des campagnes bourbonnaises durant l'Entre-deux-guerres.
S. HUG
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Le 4 décembre 1851 à La Palisse : les Donjonais assaillent la sous-préfecture


Lors de la rédaction de son étude sur Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 dans le département de l'Allier, paru en 1902, Jean Cornillon (1845-1936), médecin et érudit cussetois, interrogea plusieurs lapalissois et donjonais, acteurs ou simples témoins, de la journée du 4 décembre 1851 durant laquelle le sous-préfet Rochefort prit la fuite et le maréchal-des-logis Lemaire tomba sous les balles des républicains. Voici le plan des affrontements qu'il reconstitua à partir des témoignages qu'il put recueillir.
S. HUG


La Palisse au milieu du XVIIIe siècle (aquarelle de Chabannes)












Aquarelle conservée au château de La Palice. A cette époque, La Palisse comptait environ 1200 habitants (la population doubla entre 1720 et 1770). Petite ville renommée pour ses foires et ses marchés, La Palisse était la "capitale" d'un marquisat qui s'étendait sur une dizaine de paroisses environnantes. Au premier plan, nous distinguons l'enclos des Augustines de l'Hôpital. De chaque côté de la route de Paris à Lyon, deux faubourgs se sont déjà constitués : à gauche, celui de Paris, à droite, celui des Places. La vieille ville conserve, comme on peut le voir, de puissants caractères castraux.

S. HUG

(HUGSTEPHANE@aol.com)