dimanche 30 mars 2008

L'usine Morel : l'archéologie industrielle de Lapalisse


























Photos 1 et 2 : l'usine Morel, photo 3 : Louis Morel (1835-1898), créateur de cette entreprise de tissage et de filature (voir sa biographie sur ce site), photo 4 : exemple de robe en droguet, principale étoffe réalisée par les ateliers Morel (archives pénitentières du Ministère de la Justice)

Créés dans la décennie 1860, les ateliers Morel, implantés au pied du château, tout contre le Moulin Dereure et Boutin, constituèrent la première forme préindustrielle de la vie économique lapalissoise. A la fin du XIXe siècle, les Lapalissois appelaient d'ailleurs couramment ces ateliers "l'usine". Louis Morel, futur maire de Lapalisse entre 1878 et 1890, fut d'ailleurs le premier à introduire à dans notre ville l'emploi de la vapeur dans des processus de production. Spécialisés dans le tissage de toiles épaisses et résistantes (notamment le fameux droguet des biaudes [blouses] bourbonnaises ou des uniformes pénitentiaires), les ateliers Morel survécurent à la disparition de leur créateur et furent en activité jusque dans les années 1920.

S. HUG

(HUGSTEPHANE@aol.com)

lundi 24 mars 2008

Le faubourg il y a cent ans : un village dans la ville




Situé à une encablure de la rue nationale, artère maîtresse de la petite sous-préfecture, le faubourg (actuelle Place de la République) possédait au début du XXe siècle une réelle physionomie villageoise et cela d'autant plus que sa population était plutôt populaire. Le promeneur qui s'y égarait, pouvait alors facilement se croire au centre de n'importe quelle bourgade bourbonnaise avec ses petits bistrots, ses ateliers d'artisans, son poids public et sa croix de mission. C'était ici que les jours de fêtes les entrepreneurs de bals montaient leurs parquets pour faire danser les filles et les garçons de la ville.
S. HUG

dimanche 23 mars 2008

Le monument aux victimes du coup d'Etat du 2 décembre 1851 : un totem républicain



Photo du haut : Le monument républicain peu de temps après son érection - photo du bas : cérémonie d'hommage à la résistance républicaine au coup d'Etat du 2 décembre 1851 (Lapalisse décembre 2007 - cliché R. Belloeuf, correspondant local de La Montagne, cliché également paru dans Allier République, le mensuel de la fédération radicale de l'Allier)


Lapalisse, 4 décembre 1851, sept heures du matin : une troupe de républicains Donjonais affronte au pied de la sous-préfecture de la ville un cordon de gendarmes. L'histoire est connue : lors de la fusillade, un gendarme fut mortellement touché, le sous-préfet Rochefort profita de l'agitation pour s'enfuir brides abattues, laissant les Donjonais maîtres de la ville pour quelques heures. La répression bonapartiste s'organisa dès le soir même et culmina lors de la réunion des commissions mixtes en mars 1852.

Cet événement revêtit rapidement une dimension fondatrice pour la plupart des républicains de l'arrondissement de Lapalisse. L'idée d'ériger un monument dédié aux victimes du coup d'Etat du 2 décembre 1851 fut lancée par Antoine Hugon, maire de Saint-Prix, dans un discours prononcé en mai 1905 lors des obsèques d'Edmond Bourrachot, l'un des plus fervents républicains donjonais du 4 décembre 1851. Il fallut attendre la fin de l'année 1907 et l'arrivée à l'Hôtel de ville de Lapalisse de Jean-Baptiste Baudon, radical-socialiste, pour que le projet trouve enfin un écho favorable auprès de la municipalité. Un comité fut organisé : M. Hugon en fut le président, MM. Baudon, maire de Lapalisse et Bonnet, maire du Breuil, vice-présidents, M. Rambaud, cordonnier en fut le trésorier et M. Chervin, instituteur, secrétaire. Une souscription fut ouverte auprès du public et des maires républicains du département. Le Conseil général et la Mairie de Lapalisse mirent la main à la poche, mais l'argent peina à être rassemblée. Alors que l'on prévoyait un monument en granit du Mayet, on se résolut à utiliser la pierre de Villebois, moins chère. L'emplacement du monument déclencha également une vive polémique. Pour l'ériger, J.B Baudon autorisa le déplacement d'une croix qui fut reléguée au coeur du cimetière de la ville. Par ailleurs, M. Balleydier, dont le mur de la propriété touchait à l'emplacement réservé au futur monument mena une véritable guérilla juridique afin que "la borne" ne soit pas collée à son mur...

Achevé en 1913, le monument, dont le socle renferme un parchemin sur lequel figuraient les 140 noms des héros du 4 décembre 1851, ne fut inauguré qu'en 1922. Ce monument devint vite un lieu de mémoire pour tous les républicains locaux. Aussi, ce fut à ses pieds que se déroula la grande manifestation antifasciste du 1er juillet 1934. Près de 3 000 personnes investirent ce jour là les abords de la mairie, de la sous-préfecture et du champ de foire afin de témoigner de leur volonté de défendre les valeurs républicaines face à la montée des ligues d'extrême-droite.

Le 2 décembre 1951, la municipalité de Charles Bécaud, ancien résistant et déporté, organisa les cérémonies du centenaire de la résistance républicaine au coup d'Etat du 2 décembre 1851 en présence du Préfet de l'Allier, du sous-préfet de Vichy, de M. Auberger, sénateur, M. Migay, député, M. Lamoureux, ancien ministre et M. Rougeron, président du Conseil général de l'Allier.

Depuis 2006, chaque début décembre, des élus, des membres ou de simples sympathisants des partis de gauche font revivre, le temps d'une cérémonie, la mémoire des républicains de 1851.

S. HUG

(HUGSTEPHANE@aol.com)

samedi 22 mars 2008

Une dynastie de négociants en vins : les Roussel

(Remerciements à M. hervé Debressy)

Les Roussel étaient à l'origine des laboureurs de Dallet, commune située au bord de l'Allier à quelques kilomètres d'Issoire. Au cours de la décennie 1860, Jean Roussel (1839-1928), [personnage assis le plus à droite au premier rang de cette photo de 1911], vint s'installer à Lapalisse, rue Nationale, comme négociant en vins. Cette trajectoire peut sembler a priori biaisée. Cependant, il convient de Rappeler ici au passage que le port fluvial de Dallet fut longtemps réputé pour le commerce de ses vins. Devenu l'un des négociants les plus en vue de notre ville (le "vin de Roussel" commençait à abreuver les campagnes environnantes), Jean Roussel siégea au conseil municipal de Lapalisse entre 1873 et 1888. Son fils, Charles (1865-1933), [troisième personnage à droite, rang du haut] reprit l'affaire, siégea à son tour au conseil municipal entre 1919 et 1925 et fut Président de l'Union musicale entre 1926 et 1933. Enfin, la troisième génération des Roussel fut représentée en la personne de Philippe Roussel (1896-1968) [deuxième personnage à droite, rang du haut] qui tint son commerce jusqu'au début des années 1960.


S. HUG

mercredi 19 mars 2008

Les élections municipales de mars 2008 : une rupture dans l'histoire politique locale

L'étude des origines socio-professionnelles de tous les élus municipaux qui siégèrent à l'Hôtel de Ville de Lapalisse depuis le début des années 1920 permet de dire sans ambages que le scrutin du 9 mars 2008 marque une rupture dans le vie politique locale.
1920-1950

agriculteurs : 34 %

artisans : 25 %

commerçants/entrepreneurs : 25 %

fonctionnaires : 10 %

profession libérale : 5 %

employés/ouvriers : 1 %


1950-1970


agriculteurs : 22 %

artisans : 25 %

commerçants/entrepreneurs : 45 %

fonctionnaires : 2 %

profession libérale : 2 %

employés/ouvriers : 4 %


1970-2000

agriculteurs : 10 %

artisans : 26 %

commerçants/entrepreneurs : 28 %

fonctionnaires : 23 %

profession libérale : 5 %

employés/ouvriers : 8 %


Conseil municipal issu du scrutin des 9 et 16 mars 2008

agriculteurs : 8 %

artisans : 0 %

commerçants/entrepreneurs : 4 %

fonctionnaires et fonction territoriale : 44 %

profession libérale : 8 %

employés/ouvriers : 36 %

Jamais une majorité municipale ne fut d'extraction aussi "populaire" que celle élue les 9 et 16 mars 2008. En effet, si l'on inclut au groupe socio-professionnel des "employés/ouvriers" les personnes salariées dans la fonction publique et territoriale et relevant des catégories B et C (agents), on frôle alors les 50 % du nouveau conseil municipal. A noter également l'effondrement du taux de représentativité des artisans et des commerçants/entrepreneurs qui fournirent pourtant au cours du XXe siècle les plus gros bataillons de conseillers municipaux à notre ville. Comment peut-on tenter d'expliquer ces deux phénomènes ? Les résultats du scrutin du 9 mars 2008 ne sont aucunement le produit d'un vote de réaction "populaire" envers un positionnement social médian (composante principale de la liste de Jean Laforest), mais plutôt un réflexe épidermique à l'encontre d'une certaine posture sociale. Ce phénomène fut d'ailleurs largement amplifié par un contexte national majoritairement hostile à l'exercice de la fonction présidentielle par Nicolas Sarkozy : du national au local, les processus d'identification sociale fonctionnèrent à plein lors des municipales de Lapalisse de mars 2008.

Notons enfin que pour la première fois dans l'histoire électorale de Lapalisse, une majorité sortante était entièrement éliminée de la scène politique locale... Le cataclysme fut de taille.

S. HUG


mardi 18 mars 2008

Pierre Chervin, hussard noir de la République
















Photo de gauche : Pierre et sa femme vers 1900, photo de droite : Pierre Chervin à la fin de sa vie, dans les années 1950 (remerciements à Mme Claire Edelist, arrière-petite-fille de Pierre Chervin)

Pierre Chervin naquit en 1864 à Châtelus dans une famille de paysans. En 1875, le jeune Pierre Chervin intégra les bancs de l'école de la Congrégation de Graves située à deux kilomètres de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron). Un de ses oncles avait en effet donné une petite propriété à cette congrégation à charge pour elle d'instruire gratuitement l'un de ses neveux. Pierre Chervin y passa deux sombres années. Dès que l'oncle fut mort, les frères de Graves refusèrent de continuer d'accueillir gratuitement le jeune Chervin qui retourna alors dans son Bourbonnais natal où il seconda son père dans les travaux des champs entre l'âge de 13 et 17 ans. Durant cette période de sa vie, le jeune Pierre Chervin ne fréquenta l'école communale que durant les mois d'hiver. A l'automne 1881, Pierre Chervin put enfin reprendre des études complètes à l'école de Lapalisse. En l'espace de sept mois il y prépara avec succès le concours d'entrée à l'Ecole normale de Moulins, reçu 8eme sur 83 candidats. Pierre Chervin suivit les cours de l'Ecole normale de 1882 à 1885 et débuta sa carrière d'instituteur à l'école des mines de Bert où il avait en charge une classe de 102 élèves pour un traitement de 99 francs mensuels. Pierre Chervin fut ensuite en poste à Lusigny, puis à Moulins où il se maria en 1887 avec une jeune institutrice, Gilberte Bilhaud. Le couple fut nommé à Tréteau en 1889 afin de "laïciser" les écoles de la commune. En 1891, les Chervin furent nommés à Saint-Gérand-le-Puy, puis à Deux-Chaises en 1893 où ils demeurèrent jusqu'en 1904. A cette époque, Pierre Chervin remplissait également les fonctions de secrétaire de mairie. En 1904, Pierre Chervin fut nommé directeur de l'école de garçons de Lapalisse alors que sa femme devenait adjointe de l'école des filles. A force de se battre, Pierre Chervin obtint en 1910 la création d'un cours complémentaire à l'école de Lapalisse où il put former de jeunes gens au Brevet, au concours d'entrée à l'Ecole normale et au concours des Postes. Surmené, malade de la gorge et des intestins, Pierre Chervin obtint une retraite anticipée en 1913. Sa femme, également malade, avait cessé ses activités deux ans auparavant.
Pierre Chervin entra alors au Casino de Vichy comme comptable, poste qu'il occupa jusqu'en 1939, avec un intermède en 1914-1919 où il fut rappelé pour faire cours à l'école Carnot de Vichy. Durant toutes ces années, les Chervin partagèrent leur temps entre Bellerive (où ils occupaient un meublé durant la saison thermale) et Lapalisse où ils acquérirent en 1935 une maison assez cossue (située juste en face de l'actuel Musée d'Art brut). Les époux Chervin possédait également une petite exploitation agricole située aux Féjards, sur la commune de Droiturier. Cette ferme, louée à un métayer, leur venait de la famille Bilhaud qui la possédait depuis le début du XIXe siècle. Notons au passage que leur fille, Renée Chervin, épousa le poète prolétarien et pacifiste Marcel Martinet (1887-1944) qui vint souvent en villégiature aux Féjards.
Pierre Chervin, républicain radical convaincu, fut par ailleurs conseiller municipal et adjoint au maire de Lapalisse entre 1919 et 1935. Réélu en mai 1935 sur la liste radicale d'Auguste Coche désormais chef de file de l'opposition, Pierre Chervin démissionna en 1937 après s'être aperçu qu'il venait de voter (bien malgré lui, puisque son audition lui jouait souvent de facheux tours) une proposition portée à l'ordre du jour d'une réunion du conseil municipal par la majorité de droite.
Pierre Chervin s'éteignit à Lapalisse en mai 1959.
S. HUG

dimanche 16 mars 2008

La vie paroissiale dans les années 1920-1930






























Photo 1 : l'école Notre-Dame, photo 2 : le sanctuaire marial de Beaulieu (Saint-Prix), photo 3 : une procession d'enfants dans le parc du château de La Palice, photo 4 : plaque commémorative des anciens du Cercle Saint-Louis-de-Gonzague (église de Lapalisse), photo 5 : bulletin semestriel de l'Amicale de Notre-Dame (BNF).
Loin de s'organiser uniquement autour de l'église Saint-Jean-Baptiste, les deux véritables pôles de la vie paroissiale lapalissoise étaient plutôt l'école pour garçons Saint-Joseph, dirigée par M. Ravidat et située route de Bert(qui ferma définitivement ses portes peu après la Seconde guerre mondiale) et l'école pour filles Notre-Dame, dirigée par Mlle Rambert et située rue de la Liberté (qui cessa ses activités en 1965). A l'école Saint-Joseph se tenaient les réunions du Cercle Saint-Louis de Gonzague qui réunissaient tous les vendredis soirs, autour du Marquis de Montgrand, de l'archiprêtre de la paroisse et du droguiste de la rue du Marché J. Larose, une poignée de jeunes gens catholiques pratiquants s'essayant au théâtre, à la gymnastique ou au chant. Pour les plus jeunes garçons, une meute de louveteaux fut créée en 1931.
Au sein de l'école Notre-Dame, se réunissaient périodiquement un cercle pour jeunes filles, Les Enfants de Marie, le comité local de la Ligue patriotique des Françaises qui y organisait des conférences sur le thème de la famille et du rôle de la mère et un comité noëliste qui préparait les grandes fêtes de fin d'année. Enfin, durant la mauvaise saison, un petit cinéma paroissial fonctionnait chaque dimanche après-midi dans la salle des oeuvres de Notre-Dame. Son but était de concurrencer moralement le Palace, l'unique cinéma lapalissois installé Place du Marché.
Les cérémonies des remises des Prix scolaires, les kermesses paroissiales, les processions du 15 août, les arbres de Noël et les représentations théâtrales de la salle Notre-Dame étaient autant de grandes occasions qui jalonnaient l'année des paroissiens lapalissois. Notons enfin que les familles de Chabannes, de Montgrand et Turlin, grâce à leur action bienfaitrice, dominaient la vie paroissiale de l'époque.
S. HUG

samedi 15 mars 2008

Le Commandant Blaison : l'honneur de la Navale


Louis Georges Blaison naquit à Lapalisse en 1906 alors que son père était (entre 1900 et 1912) receveur des contributions indirectes de notre ville. La famille Blaison résidait au Petit-Paris. A l'âge de six ans, Louis Blaison quitta Lapalisse au moment où son père fut nommé à Dijon. Après de brillantes études dans la capitale des Ducs de Bourgogne, Louis Blaison passa par l'Ecole navale (1925-1927) d'où il sortit enseigne de vaisseau. Entre 1929 et 1931, il choisit de se spécialiser dans l'art de la guerre sous-marine en intégrant les rangs de l'Ecole de navigation sous-marine de Toulon. Devenu lieutenant de vaisseau en 1935, il prit le commandement du sous-marin La Sibylle entre 1938 et 1940. En 1940, il se rallia au gouvernement anglais et à la France Libre et prit le commandement du sous-marin Le Surcouf qui reçut comme mission principale d'assurer la protection de convois de ravitaillement dans l'Atlantique nord. Le 19 février 1942, Le Surcouf fut malencontreusement éperonné par un cargo américain, le Thompson Lykes, tout l'équipage périt dans la catastrophe.
Louis Blaison fut fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume en mars 1945, il reçut également la Médaille de la Résistance en mars 1947. En février 1952, la municipalité de Charles Bécaud donna son nom à la rue où il naquit en 1906. Un sous-marin porta son nom entre 1947 et 1959, de nos jours un aviso porte toujours le nom de Commandant-Blaison.
S. HUG

été 1936, les grèves aux Etablissements Barthelot : une kermesse ouvrière qui finit par lasser et par inquiéter


(Photo 1 : archives municipales de Lapalisse, arrêté interdisant les rassemblements sur la voie publique pris le 6 août 1936)
L'été 1936 fut marqué par la seule véritable grève de l'histoire de notre ville. L'application des décrets ministériels mettant en place les résultats des Accords de Matignon (congés payés, semaine de quarante heures, augmentation des salaires, représentations syndicales) posa des problèmes au sein des Etablissements Barthelot. Le fondateur de l'entreprise, Gilbert Barthelot (1880-1968), conseiller municipal élu en 1935 et futur maire de Lapalisse entre 1953 et 1959, refusait en effet d'appliquer l'intégralité de ces décrets. A l'époque, Gilbert Barthelot était un personnage incontournable : premier employeur de la ville (environ 110 employés), il était également le principal bienfaiteur des diverses sociétés et des amicales lapalissoises.
Début juillet, les ouvriers de son usine de maroquinerie se mirent en grève. Le mouvement était conduit par M. Bourgougnon qui y avait créé un syndicat, fort de soixante cinq adhérents, affilié à la CGT. Il régna durant les premières semaines de cette grève une atmosphère de kermesse dont se souvient encore Gaston Gay : "J'avais quinze ans en 1936. Lapalisse avait participé activement au mouvement. Je me souviens du défilé de plusieurs centaines de personnes dans les rues, de l'occupation de l'usine Barthelot. Il y avait une grande tente devant les grilles et les ouvriers occupaient l'usine. On faisait des quêtes, on ramassait des vivres pour permettre aux ouvriers de tenir." (in, De Lapalisse à Colmar et au-delà, 1999) Néanmoins, la situation se durcit entre le 30 juillet, jour où l'usine fut définitivement fermée et le 6 août, où, sous l'action de commerçants lapalissois qui déposèrent une pétition à la sous-préfecture, la municipalité de Charles Rousset ainsi que le Comité local radical-socialiste dirigé par le Docteur Baudon demandèrent l'évacuation de l'usine occupée. Le soir même, l'opération était réalisée dans le calme. S'ouvrirent alors de véritables négociations sous les auspices de M. Vernay, sous-préfet de Lapalisse. Il est noter également que durant le conflit, la municipalité de Lapalisse débloqua près de 22 000 francs (dont 20 000 sous forme de journées de travail à caractère communautaire, des travaux de voiries par exemple) pour venir en aide aux chômeurs. Le 30 août, un accord fut enfin signé entre les représentants des grévistes et Gilbert Barthelot. Le travail ne reprit que le 22 septembre. Piqué au vif par cette crise, Gilbert Barthelot, démissionna de la présidence de l'Union musicale mais il continua malgré tout à oeuvrer pour la vie associative.
L'attitude du Comité radical-socialiste lapalissois peut de nos jours apparaître difficilement lisible. Il faut bien comprendre que dans les années 1936-1937, les radicaux locaux commençaient à être concurrencés sur leur gauche par la toute jeune section locale du parti communiste (regroupant alors une trentaine d'encartés) créée au début des années 1930 par un artisan bourrelier de la rue de la prairie, Antoine Guy (1877-1957) qui en demeura secrétaire et animateur jusqu'à sa mort. Egalement secrétaire local des de la section Amis de l'Union Soviétique, Antoine Guy se rendit même en 1937 en URSS lors d'un voyage de coopération et d'études organisés conjointement par le PC français et le PC russe. Engagé dans la résistance, Antoine Guy fut membre du Comité de libération de Lapalisse en août 1944 et conseiller municipal de 1944 à 1947. Il fut par ailleurs candidat aux élections cantonales de mai 1945.
S. HUG
Photo 2 : sortie des Etablissements Barthelot dans les années 1930.










vendredi 14 mars 2008

François Girardeau (1844-1936), républicain ordinaire















Photo de gauche : François Girardeau vers 1900, photo de droite : François Girardeau à la fin de sa vie.


François Girardeau naquit à Saint-Gengoux-le-royal (Saône-et-Loire) en 1844. Son père étant couvreur, à sa sortie de l'école communale, François décida de s'engager sur la voie paternelle et partit ainsi faire son "tour de France" en tant que compagnon-couvreur. François Girardeau travailla à de nombreuses reprises à Vichy dans la décennie 1860. Engagé volontaire lors de la guerre de 1870 en tant que franc-tireur, François Girardeau découvrit véritablement Lapalisse peu après son retour à la vie civile. En septembre 1873, il épousa une jeune lapalissoise, Marie-Louise Dujardin (1852-1936), fille d'un maçon qui lui donna deux enfants. Très vite, François Girardeau s'installa à son compte au faubourg où il établit sa demeure et son atelier. Ardent anticlérical, libre penseur, François Girardeau entra au conseil municipal de Lapalisse en 1881 et y siègea jusqu'en 1888, puis de nouveau entre 1896 et 1900. Il fut également pendant de longues années président du conseil d'administration de la Caisse d'Epargne de Lapalisse.
Esprit curieux, François Girardeau possédait une assez belle bibliothèque qui regroupait notamment une Histoire naturelle en 27 volumes, le Dictionnaire encyclopédique de Trousset en 6 volumes, un atlas géographique dressé par Elisée Reclus, des ouvrages d'histoire politique...
François Girardeau mit fin à sa carrière professionnelle autour de l'âge de 60 ans. Disposant d'un bon porte-feuille d'actions et de trois maisons de rapport à Lapalisse, notre homme vivait en fait depuis de nombreuses années en bon bourgeois. Néanmoins, l'inflation causée par la Grande guerre fit fondre le rapport de ses titres et les dernières années de sa vie furent un peu moins confortables que celles de la Belle Epoque. François Girardeau s'éteignit dans sa maison du faubourg le 31 octobre 1936 et fut enterré civilement au cimetière municipal en présence de tous les membres de la Libre-Pensée locale.
S. HUG

jeudi 13 mars 2008

La tombe de Thalie Braun (1873-1944) : ultime témoignage du refuge juif à Lapalisse durant l'Occupation



Cette tombe, située dans la partie la plus ancienne du cimetière de Lapalisse, est un marqueur temporel qui nous rappelle que durant l'Occupation de nombreuses familles juives se réfugièrent dans notre ville pour échapper à la barbarie nazie. Emportée dans la tourmente de la Débâcle, une centaine de familles juives échoua, parmi beaucoup d'autres, sur les bords de Besbre à seulement quelques dizaines kilomètres de la ligne de démarcation. La gestion de l'ensemble de la population réfugiée posa à la municipalité de réels problèmes relevant à la fois de la logistique et du maintien de l'ordre. Aussi, en août 1941, le conseil de Charles Rousset décida de trancher dans le vif en demandant au Préfet de l'Allier d'interdire le séjour des ressortissants juifs à Lapalisse ainsi que dans les communes environnantes. Cette adresse resta sans lendemain. Avec l'occupation de la zone libre, en novembre 1942, la présence juive à Lapalisse se réduisit grandement. Cependant, les réfugiés juifs qui demeurèrent dans notre ville vécurent à l'abri du zèle des plus intransigeants jusqu'en 1943, année durant laquelle la Gestapo et la Milice commençèrent à organiser des "descentes" à Lapalisse où plusieurs réseaux de résistance s'étaient organisés. En 1944, une dizaine de juifs y furent ainsi arrêtés et envoyés dans les camps de la mort.


S. HUG

mardi 11 mars 2008

La gare de Lapalisse


Photos 1, 2 et 3 : la gare de Lapalisse avant la guerre de 14-18, photo 4 : le 13 juin 1987, l'inauguration d'une locomotive aux armes de "Lapalisse en Bourbonnais" (ici, Mme Grèze et Mme Lallias, respectivement épouse du maire de Lapalisse et du maire de Saint-Prix procèdent au baptême de la locomotive).


Les travaux du tronçon Saint-Germain-des-Fossés - Roanne débutèrent en 1854. La section Saint-Germain-des-Fossés - Lapalisse ouvrit le 1er juin 1857, la section Lapalisse - Roanne ouvrit quant à elle le 7 juin 1858. On choisit d'implanter la gare de Lapalisse-Saint-Prix à deux kilomètres du centre de la petite sous-préfecture tout simplement pour profiter de la topographie du "plateau des Champagnes", situé à 320 m d'altitude au lieu des 280 m d'altitude au fond de la vallée de la Besbre. Le différentiel gagné permit ainsi d'économiser la construction de plusieurs ouvrages d'art dispendieux.
Outre le trafic voyageur, l'ouverture d'une gare PLM à Lapalisse dopa l'activité des foires de la ville qui purent dès lors touchées plus facilement les marchés parisien et lyonnais : les expéditions de grains, de volailles et surtout de bétail ne cessèrent d'augmenter jusqu'à la veille de la première guerre mondiale. Du bois et des sabots provenant de la Montagne bourbonnaise, ainsi qu'une partie du charbon des mines de Bert complétaient les expéditions.
Dans les années 1930-1950, le service d'exploitation de la gare de Lapalisse-Saint-Prix comptait une quinzaine d'agents, auxquels venaient s'ajouter une douzaine d'agents de maintenance. Au cours des années 1950, une convention fut signée entre la SNCF et la société d'exploitation des eaux de source Charrier (Laprugne) afin d'expédier une partie de leur production à partir de la gare de Lapalisse. L'entrepôt des eaux de Charrier employa jusqu'à la fin des années 1960 une douzaine de personnes.
Au début des années 1970, une dizaine d'agents travaillait encore à la gare de Lapalisse-Saint-Prix, ainsi qu'une vingtaine de personnes formant une brigade de maintenance des voies et des bâtiments. A cette époque, une vingtaine d'autorails et de trains express s'arrêtaient quotidiennement en gare. Le trafic du fret consistait à l'arrivée, de charbon commercialisé par les Etablissements Bécaud, des engrais à destination des Etablissements Carque (Lapalisse), Morlat (Isserpent) et de la coopérative agricole de Lapalisse, ainsi que des tourteaux transformés par l'huilerie Chervier de Lapalisse. Au départ, encore quelques bestiaux à destination du sud de la France, du bois destiné aux usines de pâte à papier de Tarascon, ainsi qu'une partie des productions des maroquineries Foucault, Barthelot et Vynicuir.
Les restructurations du réseau ferré français commencèrent à toucher la gare de Lapalisse-Saint-Prix au cours des années 1980. Le personnel d'exploitation tomba vite à cinq agents devant gérer la douzaine d'arrêts quotidiens. Le trafic marchandise fut définitivement abandonné en gare de Lapalisse-Saint-Prix en septembre 1991. Enfin, le 19 décembre 1996, les installations de sécurité de la gare étaient automatisées et les locaux désaffectés. En août 1997, une "boutique SNCF" ouvrit en ville permettant le maintien d'un service commercial en milieu rural.
Remerciements à M. Jacques Péronnet, ancien chef de gare à Lapalisse-Saint-Prix et ancien conseiller municipal de la ville et à M. André Legrand, ancien cheminot de Saint-Germain-des-Fossés.
S. HUG

Eugène Montagnier : le dernier des Mohicans

(1847 Lapalisse - 1910 Lapalisse), négociant en vins sur l'avenue de la gare.

Jacques Montagnier (généralement appelé Eugène , prénom très en vogue au XIXe siècle), fit partie, avec Louis Morel, Claude Lefaucheur et Félix Lavenat, de cette génération de républicains qui conquit la mairie en janvier 1878. Adjoint au maire en 1885-1886, il retrouva ce poste en 1888. En décembre 1890, lors de la démission de Louis Morel, Eugène Montagnier reçut les pouvoirs de maire en attendant les élections d'avril 1891 desquelles il sortit vainqueur. Réélu en 1892 et 1896, Eugène Montagnier démissionna de ses fonctions de maire en décembre 1898 pour raison de santé et pour s'occuper de son commerce. Il décida néanmoins de conserver son mandat de conseiller municipal. En mai 1905, la révocation du maire Louis Ligier pour détournement de fonds publics provoqua une violente crise municipale dans un contexte déjà tendu par l'affrontement entre républicains et radicaux. Eugène Montagnier fut alors choisit par le pouvoir préfectoral comme maire en attendant les élections de mars 1906 auxquelles notre homme décida de ne pas se présenter.


S. HUG


(HUGSTEPHANE@aol.com)

lundi 10 mars 2008

Les foires de Lapalisse : un long fleuve pas si tranquille que cela
















Photos 1, 2, 3 : la foire de Lapalisse dans les années 1910, photo 4 : la gare de Lapalisse-Saint-Prix un après-midi de foire, le chargement du bétail en direction des marchés parisien et lyonnais, photo 4 : Jean-François Drouin (1933-1992), l'âme du Concours agricole de Lapalisse. J.F Drouin était exploitant agricole à Rozières sur la commune de Lapalisse, syndicaliste agricole, président du Comité des Foires de Lapalisse de 1972 à 1992, conseiller municipal de 1977 à 1983, candidat URB aux cantonales de 1982.

Au temps de leur splendeur, peu avant la première guerre mondiale, les foires mensuelles de Lapalisse regroupaient couramment, lors de chaque réunion, près de 2500 vaches, 1000 taureaux, 1500 cochons et 300 paires de boeufs. Le déclin commercial de ces foires débuta dès le début des années 1920. Néanmoins, les foires de Lapalisse demeuraient des faits sociaux très importants : "Chaque mois, c'était la foire, un véritable évènement, car hormis les enfants et les impotents, presque tous les habitants s'y retrouvaient. Des veaux, des lots de porcs étaient entassés dans de petites voitures rectangulaires et amenés dès l'aube au champ de foire. Dans les fermes importantes, on partait à pied, avant le jour, poussant à coups de trique les boeufs, les vaches, les génisses qu'on espérait vendre ce jour là. Les bêtes étaient attachées à de grandes barres de fer sur le foirail. Les marchands de bestiaux vêtus d'une grande blouse bleue et coiffés d'un large chapeau tournaient autour des bêtes, les tâtaient, examinaient les yeux, soulevaient les queues. Les paysans attendaient, attentifs, souvent inquiets. Parfois, quand la demande était forte, le transactions allaient vite et les prix étaient rémunérateurs. Mais parfois, les marchands étaient rares, ils faisaient traîner les choses, offraient un prix dérisoire. On discutait, on se disputait même parfois. Mais les paysans avaient besoin d'argent, ils finissaient par céder. D'autres, s'entêtaient, refusaient, ils étaient obligés de ramener leurs bêtes, pleins de tristesse et de rancoeur. Avant de repartir, paysans et paysannes entraient dans les cafés, les femmes prenaient un café et mangeaient un morceau de brioche, les hommes buvaient des bouteilles de vin rouge dans un énorme brouhaha. Les marchands de bestiaux, les paysans aisés, les propriétaires terriens s'installaient aux tables des restaurants, à l'hôtel du Bourbonnais, à l'hôtel du Champ de foire et chez Madame Périchon, une grosse dame très affable, qui tenait son commerce au numéro 39 de la rue pasteur, un café-restaurant depuis longtemps disparu. Cependant, les marchands de bestiaux ne traînaient pas. Après le café et la goutte, ils s'empressaient de se rendre à la gare pour surveiller l'embarquement des bestiaux dans les wagons, des bêtes que leurs commis avaient poussées à coups de trique jusqu'aux quais. Il y avait là une grande agitation, des cris, des beuglements. On poussait les pauvres bêtes sur un plan incliné en les piquant au flanc ou au derrière. Il y avait alors à cette époque plusieurs bistrots en face de la gare qui recevaient une grosse clientèle. La foire était aussi l'occasion de profiter de spectacles. Aux carrefours, on trouvait des camelots qui avaient étalé leur marchandise à même le sol ou sur des couvertures. Des rassemblements se formaient, paysans et paysannes écoutaient bouche bée les boniments des camelots. Pour un prix qui paraissait dérisoire, on pouvait acheter un lot de vaisselle : plats, assiettes, tasses... ou un lot de literie : draps, couvertures, couettes... Rue du Marché, un homme prétendait que ses verres étaient incassables. De temps en temps, il en jetait un par terre pour montrer sa solidité. Le marchand de chansons avait étalé sa marchandise sur un tréteau. Un accordéoniste jouait, assis sur une chaise, pendant qu'une grosse dame à la robe multicolore chantait les dernières chansons à la mode. Des jeunes filles restaient là longtemps pour apprendre l'air, puis elles achetaient le papier pour les paroles. Elles pourraient ainsi montrer leur talent dans les réunions de famille et pour les noces. Je me souviens d'un avaleur de grenouilles qui absorbait plusieurs litres d'eau, puis avalait trois petites grenouilles vertes devant une foule ébahie. puis il se tordait l'oreille et il rejetait une gerbe d'eau où se trouvait une grenouille et ainsi pour les autres bestioles. Après quoi, il faisait la quête, beaucoup lui donnait une pièce, quelques-uns qui avaient pourtant profité du spectacle se retiraient à la hâte.

La foire du 28 (le 28 décembre) était particulière. Certes c'était une foire comme les autres, mais elle précédait le 1er janvier. Avant la deuxième guerre mondiale, Noël était seulement une grande fête religieuse. On déversait sur des couvertures des tombereaux d'oranges. C'était le jour de l'année où l'on pouvait acheter de beaux fruits dont le parfum se répandait dans la rue. Mais, au faubourg, c'était une autre fête. Dans l'après-midi, on dansait sur une place, devant l'hôtel Galland, sur un parquet immense où l'on s'entassait. " (in, Gaston Gay, Le bistrot de ma mère, pp. 52-53).

Le déclin des foires de Lapalisse s'accélèra après la seconde guerre mondiale. Gilbert Barthelot, maire de Lapalisse de 1953 à 1959, essaya d'inverser cette tendance en créant, en 1954, une foire primée aux veaux, puis, en 1958, une foire primée aux porcs. En 1972, le Docteur Grèze, alors maire de Lapalisse, épeaulé par Jean-François Drouin (voir commentaire des photos) lancèrent l'idée d'un concours agricole doublée d'une foire-exposition. Après de belles années, ce concept commercial entra en crise au cours des années 1990. L'édition d'octobre 2001 (réunissant seulement 70 bovins et 200 ovins) constitua le point d'orgue de cette histoire des foires de Lapalisse.

S. HUG

(HUGSTEPHANE@aol.com)

dimanche 9 mars 2008

1er avril 1888 : jour de fête à Lapalisse



(Photo S. HUG - Archives communales)
Deux beaux exemples de la politique de modernisation de la ville de Lapalisse menée par Louis Morel entre 1878 et 1890.

S. HUG

(HUGSTEPHANE@aol.com)

samedi 8 mars 2008

Claude Berthelot, éphèmère premier magistrat de Lapalisse


Photos 1 et 2 : La tombe de Claude Berthelot est un condensé du tropisme qu'exerçait la ville de Lapalisse sur les notables des villages des environs aux XIXe et XXe siècles.

Claude Antoine Auguste Berthelot est né en 1859 à Isserpent dans une famille de paysans plutôt aisés. Notre homme s'installa à Lapalisse (sur l'avenue de la Gare) au début des années 1880 pour y faire le commerce des grains et des produits agricoles. Très vite Claude Berthelot compléta son activité commerciale en gérant des porte-feuilles d'assurances.

Elu conseiller municipal en avril 1891, il devint immédiatement adjoint au maire. Réélu en 1892 et en 1896, Claude Berthelot, devenu premier adjoint, fut élu maire en février 1899 suite à la démission, fin 1898, pour raison de santé du premier magistrat de la ville, Jacques Montagnier. Assurant son mandat pendant quinze mois, Claude Berthelot quitta son fauteuil de maire en mai 1900 au profit de Louis Ligier, négociant en chaussures, installé place de l'Industrie. Demeurant néanmoins conseiller municipal, Claude Berthelot fut constamment réélu jusqu'en 1929, date à laquelle il choisit de ne pas se représenter. Retrouvant son poste d'adjoint au maire en 1908, Claude Berthelot présida d'ailleurs la plupart des réunions du conseil municipal durant la Grande guerre, suppléant ainsi les absences du député-maire de l'époque, le Docteur Baudon, mobilisé. Claude Berthelot s'éteignit en 1931.

S. HUG

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A l'heure de la parité politique : retour sur les 30 conseillères municipales de Lapalisse

La toute première femme à siéger au conseil municipal de Lapalisse fut Mme Alphonsine Gourdet, infirmière diplômée, épouse du Docteur Gourdet, qui fut nommée conseillère sur décision préfectorale en avril 1941 suite à la révocation de huit conseillers de gauche. Cette nomination est à rattacher à la politique de promotion de la famille française développée par l'Etat français et le régime du maréchal Pétain. Mme Gourdet siègea jusqu'en août 1944, mois durant lequel le conseil municipal de Charles Rousset fut remplacé par un comité de Libération.
Aux élections municipales de mai 1945, les femmes votèrent pour la première fois. Trois femmes furent élues, soutenues par l'Union des Femmes Françaises, émanation politique des Comités féminins de Résistance : Mesdames Madeleine Cantat (institutrice), Antonia Cassin (agricultrice) et Berthe Tartarin (cafetière). Ces trois femmes siégèrent jusqu'en 1947.
Suivirent vingt-cinq années de domination masculine. En mars 1971, une femme entra à nouveau au conseil municipal : Mme Jacqueline Dubuis, pharmacienne, rue du Commerce. Mme Dubuis ne fit qu'un mandat.
En mars 1977, trois nouvelles femmes sont élues : Mmes Marie-Louise Bécaud, femme d'entrepreneur (élue de 1977 à 1989), Danielle Moricet, mère de famille (élue de 1977 à 1983) et Anne-Marie Baillon, mère de famille (élue de 1977-1989).
Aux élections de 1983, apparurent à l'hôtel de Ville, mesdames Suzanne Chemorin, agricultrice (élue de 1983 à 1995), Jeanne Dorlet, mère de famille (élue de 1983 à 1989) et Marie-Louise Belledent, professeur, (élue de 1983 à 1995) première femme à être élue sur une liste d'opposition (RPR Le Provost).
En novembre 1988, à l'occasion d'une élection partielle, furent élues : mesdames Mauricette Savey, commerçante (élue de 1988 à 1995), Andrée Boufferet, responsable administratif (élue de 1988 à 1995), Maria Lesme, restauratrice (élue depuis cette date) et Nicole Aubin, responsable commercial (élue entre 1988 et 1989).
En mars 1989, appararaît à l'Hôtel de Ville, madame Madeleine Genévrier, mère au foyer, qui demeura conseillère jusqu'en 2008 et fut la première femme à accéder au poste d'adjointe au maire en 1995.
Au renouvellement de 1995, la liste Le Provost victorieuse féminisa le personnel municipal en faisait siéger quatre nouvelles femmes : mesdames Annie Le Calvez, secrétaire, Huguette Dutheil, retraitée, Patricia Duperroux, agent immobilier et Brigitte Tarreau, commerçante, (toutes élues de 1995 à 2008).
La loi sur la parité homme-femme de juin 2000 ne fit que renforcer cette tendance à la féminisation de la vie politique lapalissoise en notant l'arrivée, aux élections de mars 2001, de quatre nouvelles conseillères : mesdames Fabienne Jeune, employée, Nicole Désormière, secrétaire, Martine Latrasse et Christiane Peurière, commerçante (toutes élues entre 2001 et 2008).
Al'occasion d'une élection complémentaire en septembre 2007, Sophie Dajoux, employée administratif, apparut sur la scène politique lapalissoise (réélue en mars 2008).
En mars 2008, l'écrasante victoire de la liste menée par Jacques de Chabannes propulsa à l'Hôtel de Ville six nouvelles figures féminines : Marie-Claude Colange, employée, Annie de Chabannes, institutrice, Véronique Aloin, secrétaire, Catherine Potignat, employée, Marielle Ynard, employée et Marie-Françoise Cussinet, retraitée.
Notons enfin que Madame Colette Laurent, femme d'entrepreneur, fut la première à se présenter à des élections cantonales... celles de mars 1982.
S. HUG

jeudi 6 mars 2008

Georges Romaillat : la nouvelle comme témoignage social


Georges Romaillat est né en 1919 au Breuil dans une famille de paysans. A l'âge de la communale, sa famille s'installa dans le bourg de Saint-Prix qui devint, beaucoup plus tard, le théâtre d'une grande partie de ses créations littéraires. Après des études au cours complémentaire de Lapalisse, Georges Romaillat connut l'expérience de la guerre au sein du Ier régiment de Zouaves de Casablanca. Prisonnier de guerre en 1940, il resta trois années en captivité en Allemagne. Revenu en France en 1943, il intégra les rangs de la Police nationale dans laquelle il fit toute sa carrière jusqu'en 1974. Retiré dans le sud de la France depuis la France des années 1970, il se consacre depuis à sa passion de l'écriture. Excellant dans l'exercice de la nouvelle, possédant un style à la fois simple et précis, rythmé et plaisant, Georges Romaillat réussit la prouesse de traduire sur le papier toutes ces petites choses anodines que son regard d'enfant a vu défiler devant lui durant les années 1920-1930.
Auteur de trois beaux recueils de nouvelles : La grande école (1981), Chronique du pays des Vérités (1983) et Saint-Prix, pays Berbouille (1993), Georges Romaillat est également l'auteur d'une centaine de nouvelles dont une partie fut publiée dans l'édition dominicale de La Montagne.
S. HUG

Jean Daumur : de la mairie au Conseil général


(1908 Tréteau - 1996 Yzeure)
Chevalier de l'ordre national du mérite
Chevalier des palmes académiques
Cet homme réputée pour ses compétences admiistratives et sa haute stature (1,98 m) domina pendant de longues années la vie sociale lapalissoise. Entré au secrétariat de la mairie de Lapalisse en 1940, il en devint secrétaire général en 1945. Durant l'occupation, Jean Daumur fut très proche des réseaux de résistance locaux en leur fournissant notamment de faux papiers officiels. Jean Daumur demeura secrétaire de la mairie de Lapalisse jusqu'en 1970. Participant activement à la vie associative lapalissoise, il fut pendant de longues années dirigeant de l'AAL. Dans les années 1960, il était de notoriété publique que la carrière de Lucien Colon (maire de 1959 et 1971 et conseiller général de Lapalisse de 1951 à 1974) devait à Jean Daumur qui travaillait pour lui dans l'ombre.
Jeune retraité, Jean Daumur put enfin se présenter aux élections municipales (comme de nos jours, son statut d'employé communal lui interdisait de se présenter devant les électeurs de sa commune de résidence). En mars 1971, il fut élu conseiller municipal au second tour de scrutin. Lors de la première réunion du nouveau conseil municipal, Jean Daumur se présenta comme maire : il n'obtint 7 voix contre 21 qui allèrent au Docteur Grèze. Le décès de Lucien Colon en novembre 1974, provoqua un renouvellement cantonal anticipé. Jean Daumur décida d'y participer sous l'étiquette socialiste. Arrivé en tête du premier tour, il sortit vainqueur au second face au maire de Barrais-Bussolles, M. Bayon. Au renouvellement cantonal de 1976, Jean Daumur se représenta pour conserver son mandat encore neuf. Il affronta au premier tour le Docteur Grèze, maire de Lapalisse et Gaston Gay, candidat du PC. Devancé par le Docteur Grèze au premier tour, il profita au second tour d'un bon report des voix de gauche. En mars 1977, Jean Daumur essaya de conquérir la Mairie de Lapalisse en conduisant une Liste d'Union de la Gauche. Face à la liste Grèze, les colistiers de Jean Daumur n'obtinrent que quatre sièges. En mars1982, lors du renouvellement cantonal, Jean Daumur dut affronter quatre concurrents dont trois de droite. Dès le premier tour, Bernard Le Provost (RPR), nouveau venu en politique, le devança assez nettement. Au second tour, Jean Daumur perdit son siège à l'assemblée départementale pour seulement une cinquantaine de voix au bénéfice de Bernard Le Provost qui inaugurait ainsi une longue carrière politique.
Jean Daumur demeura conseiller municipal de Lapalisse jusqu'en 1983, puis il se retira de la vie politique locale.

S. HUG
(HUGSTEPHANE@aol.com)

Gaston Gay : l'expérience de la guerre, l'engagement politique et l'écriture


Né à Loddes en 1921, Gaston Gay passa toute son enfance à Barrais-Bussolles où ses parents tenaient un café. Après un passage au cours complémentaire de Lapalisse, puis à l'Ecole Normale de Moulins, Gaston Gay devint instituteur en 1941-1942. Réfractaire au STO en 1943, il se rapprocha à partir de l'année suivante des réseaux locaux FFI et finit par s'engager dans le 152e régiment d'infanterie, les célèbres Diables Rouges. Gaston Gay participa à la campagne de libération du territoire nationale et à la campagne d'Allemagne jusqu'au printemps 1945. Il obtint d'ailleurs à cette occasion la Croix de Guerre. Démobilisé, Gaston Gay adhéra au parti Communiste en 1946. Nommé instituteur à Droitutier, puis à Barrais-Bussolles (de 1946 à 1964), puis à Lapalisse (de 1964 à 1976) où il finit directeur de l'école primaire. Candidat aux cantonales de Lapalisse de 1958, 1964, 1970, 1975, 1976, 1982 et 1988, Gaston Gay fut également candidat aux municipales de 1971, 1977, 1983, 1988 et 1989. Il fut conseiller nunicipal de Lapalisse de novembre 1988 à juin 1995. Fondateur du trimestriel Le Courrier de la Besbre en 1977, il en fut le rédacteur jusqu'en 2003.
Au travers de deux ouvrages autobiographiques, Gaston Gay nous livra ses souvenirs de guerre (De Lapalisse à Colmar et au-delà, 1999) et ses souvenirs d'enfance et de jeunesse (Le Bistrot de ma mère, 2004).
S. HUG

mardi 4 mars 2008

Les Etablissements Doriat : le royaume des pivoines













Photo 1 : catalogue des Etablissements Doriat, photo 2 : les pépinières Doriat sur le site du Châtelier à la limite des communes de Lapalisse et de Saint-Prix, photo 3 : stand des Etablissements Doriat lors d'une exposition florale.

Les Etablissements Doriat, fondés au tout début du XXe siècle, se spécialisèrent assez tôt dans la production de pivoines. Outre leurs propres créations, les établissements Doriat se rendirent acquéreurs de deux grandes collections françaises (celle du nancéen Félix Crousse en 1905 et celle de l'entreprise Dessert et Méchin, basée à Chenonceaux, en 1922). Edouard Doriat (1875-1953)ingénieur horticole, fit prospérer ses pépinières qui finirent par regrouper de 80 000 à 100 000 pivoines réparties en 600 espèces. Son fils, Charles, continua son oeuvre jusqu'en 1967, année durant laquelle il vendit ses collections à l'entreprise horticole Marionnet installée à Soignes en Sologne.

Notons également qu'Edouard Doriat fut un ardent militant socialiste qui fut candidat de la SFIO au renouvellement du Conseil d'arrondissement de Lapalisse en 1934. Participant activement aux campagnes électorales de 1935-1937, il prit ensuite du recul par rapport à la vie politique locale. Plusieurs de ses créations florales furent d'ailleurs baptisées du nom de figures socialistes locales.

S. HUG

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Catherine Monpertuis : la Dormeuse de Lapalisse

Le Docteur Brisson, natif du Breuil et qui exerça la médecine à Lapalisse entre les années 1880 et 1910, consigna sans son ouvrage En Montagne bourbonnaise, moeurs et coutumes, la superstition et les sorciers, Roanne, 1911, des éléments sur la vie de Catherine Maupertuis qui devint célèbre grâce à son don de double vue. Née à Barrais-Bussoles en 1809, Catherine Monpertuis souffrit dès son enfance de troubles nerveux et de somnambulisme. Devenue servante, elle se plaça à Moulins où elle se maria. Devenu veuve, elle vint vivre à Lapalisse, route de Saint-Prix où résidait sa soeur. Catherine Monpertuis, hypnotisée par sa cadette, était capable de prédire l'avenir à ses visiteurs. Les deux soeurs ne tardèrent pas exploiter ce don, notamment les jours de foires où Lapalisse grouillait de monde. Il arrivait, nous dit le Docteur Brisson, que ses consultations lui rapportent les jours de grande presse plus de quatre-vingt francs (équivalent par exemple au prix d'une bonne tête de bétail dans les années 1870). Catherine Monpertuis s'éteignit à Lapalisse le 24 novembre 1882.
S. HUG

Info Trente : le journal des Pays de lapalisse - Jaligny - Le Donjon


Créée en 1989 dans le cadre du second Contrat de Pays unissant les cantons de Lapalisse, Jaligny et du Donjon, la revue trimestrielle Info Trente vécut pendant 54 livraisons jusqu'à la fin de l'année 2003. Animée par deux anciens instituteurs, élus au conseil municipal de Lapalisse, Albert Auscule (1921-2007) et Henri Gibouret (1924-2007), Info Trente fut un fantastique lien entre les populations de ces trois cantons.
S. HUG

lundi 3 mars 2008

Une journée particulière : 30 juillet 1922



































Photo 1 : l'hôpital de Lapalisse en 1922, photo 2 : plan du futur hôpital de Lapalisse (Cabinet Percilly à Vichy - 1913), photo 3 : monument dédié aux victimes du 2 décembre 1851, photo 4 : monument en l'honneur des poilus de 14-18.


Le 30 juillet 1922, en présence de M. Albert Peyronnet, sénateur de l'Allier et ministre du travail, M. Gaston Vidal, député de l'Allier et sous-secrétaire d'Etat à l'enseignement technique, M. Moisson, Préfet de l'Allier, M. Giaccobbi, sous-préfet de Lapalisse, M. Marcel Régnier, sénateur, Lucien Lamoureux et Charles Péronnet, députés, M. Coche, maire de notre ville, on procéda à une série d'inauguration qui donna un éclat certain à Lapalisse, le tout emprunt d'un grand recueillement. A 10 heures, eut lieu la cérémonie d'inauguration du monument érigé en l'honneur des poilus morts lors de la Grande guerre. Une heure plus tard, tous réunis devant la sous-préfecture, on procéda à l'inauguration du monument dédié aux victimes du coup d'Etat du 2 décembre 1851. Après un vin d'honneur servi dans les salons de la Mairie, le cortège officiel traversa toute la ville pour se rendre au tout nouvel hôpital de Bellevue où, après une rapide visite des lieux, on servit un banquet rassemblant plus de 250 invités.


S. HUG

dimanche 2 mars 2008

Un siècle de marchés à Lapalisse

































Photo 1 : l'ancienne halle métallique, photo 2 : le marché vers 1910, photo 3 : le marché dans les années 1930, photo 4 : le marché dans les années 1970, photo 5 : jeudi 14 février 2008...


Le marché de Lapalisse, se tenant chaque jeudi matin sur la place Leclerc, est une véritable "institution" sociale. Ce rendez-vous commercial constitue le dernier lien, de plus en plus ténu, entre notre ville et ses campagnes.


Pendant plus d'un siècle, une halle métallique trôna au milieu de la place Leclerc. Edifié en 1895-1896, ce marché couvert fut agrandit en 1902. Devenant de la sorte le plus grand espace couvert de la petite sous-préfecture, cette construction fut plusieurs fois réquisitionnée entre les années 1900 et les années 1930 pour abriter les grands banquets et les joyeuses agapes donnés à l'occasion des festivals de Musique, des Concours et expositions agricoles, des fêtes de la jeunesse et autres inaugurations. Incendié le 21 mars 1943 par des membres de la résistance locale qui visaient les réserves de fourrage de la Kommandantur, notre marché couvert ne fut remis en état qu'en 1955. A partir de l'automne 2005, la place Leclerc se trouva au centre du plan de revitalisation du tissu urbain lapalissois lancé par le maire de l'époque, Bernard Le Provost. Démonté fin septembre 2005, quelques éléments de notre marché couvert furent intégrés dans le prolongement du passage Marache. Après deux ans et demi "d'exil" sur la place Jean-Moulin, le marché hebdomadaire de Lapalisse réinvestit la place Leclerc début février 2008.


S. HUG


(HUGSTEPHANE@aol.com)

samedi 1 mars 2008

La chapelle Notre-Dame













En bas, le bâtiment de la chapelle (au centre du cliché) au début des années 1970 vue du pied du château, au centre, le plan de la propriété Montaret levé par M. Laloge, en haut, la chapelle vue de la cour intérieure de la maison Montaret dans les années 1980.

Pour tous les vrais Lapalissois, la rue de la Liberté n'existe pas, il s'agit de la rue Notre-Dame qui tire son nom d'une petite chapelle aujourd'hui disparue dont il exite, for heureusement, quelques clichés.

Edifiée vraisemblablement au coeur du Moyen Age, la chapelle Notre-Dame, auxilliaire de l'église de Lubié, s'élevait en vis-à-vis de l'hôpital primitif du bourg castral de La Palisse dont elle était peut-être l'édifice de culte. Apparaissant pour la dernière fois dans les archives en 1724, la chapelle Notre-Dame fut peu à peu délaissée. Rattachée au XIXe siècle à l'enclos de la maison des Guyot-Berger, puis des Montaret, notre ancienne chapelle suivit le destin de la "villa Montaret" qui tomba en ruine dès la fin des années 1970. En 1996, la municipalité de Bernard Le Provost décida de faire disparaître cette vérue du tissu urbain lapalissois et d'édifier à la place un ensemble locatif respectant l'unité architecturale de la ville haute.

S. HUG

(HUGSTEPHANE@aol.com)

L'Ile Saint-Jean



















En haut à gauche, plan de reconstruction du pont de lapalisse détruit par une crue de la Besbre en octobre 1707 (ingénieur Mathieu - BNF), au centre, le bras de rivière vers 1900, en haut à droite, premier cadastre de Lapalisse 1820 (AD Allier), en bas à gauche et à droite, deux clichés de l'ancien lit aujourd'hui asséché du petit bras de la Besbre.


Ce petit îlot, d'un peu plus d'un hectare, devait son nom à une ancienne chapelle (sans doute du XVe siècle)dédiée à Saint-Jean-Baptiste qui s'élevait au bout du pont (on la distingue sur le plan de l'ingénieur Mathieu). Cette chapelle dépendant de l'Hôpital de Lapalisse, apparaît plusieurs fois dans les archives des XVIe et XVIIe siècles. En octobre 1707, la crue historique de la Besbre qui ravagea toutes ses berges, causa sans aucun doute des dégâts très importants sur le petit édifice de culte. Ne figurant pas sur le relevé des biens du Clergé vendus aux enchères lors de la révolution, ni sur le premier cadastre de Lapalisse levé en 1820, il faut donc en déduire que cette chapelle dut disparaître au cours du XVIIIe siècle.

Le petit bras de la Besbre qui séparait l'île Saint-Jean de la berge nord constitua, jusqu'au coeur du XXe siècle, une source de profondes gênes pour ses riverains. Servant de dépotoir, souvent à sec et dégageant périodiquement des odeurs nauséabondes, la question de la gestion de ce bras de rivière revint maintes fois lors des réunions des conseils municipaux entre les années 1880 et 1950. Recouvert dans les années 1920, il fut définitivement asséché et canalisé au début des années 1950.

S. HUG

Bernard Le Provost, créateur d'élans



LE PROVOST Bernard

(Paris 1935 - Lapalisse 2007)


Chevalier de l’Ordre national du Mérite
Maire de Lapalisse depuis 1995
Conseiller général du canton de Lapalisse de 1982 à 2001
Conseiller municipal de 1983 à 1995
Docteur vétérinaire, avenue de la Gare

Le désir d’entreprendre bouleversa la vie de ce vétérinaire qui devint en quelques années un véritable self-made man. De l’époque où il créa la société Pharmavet, l’homme garda le goût d’aller de l’avant et d’indéniables qualités de meneur quitte, pour certains, à faire preuve de dirigisme.
D’origine bretonne, Bernard Le Provost devint docteur vétérinaire en 1961 et s’installa dans la foulée à Lapalisse comme assistant du Docteur Francpourmoi. Durant les années 1970, Bernard le Provost se constitua patiemment un solide réseau de relations, notamment vichyssoises (il fut Président du Kiwanis-club en 1974-1975), qui le soutiendra, le moment venu, dans tous ses projets politiques et économiques. A la fin des années 1970, à la suite d'une opération à la main, Bernard Le Provost fut obligé de prendre du recul par rapport à l'exercice de la médecine vétérinaire. Opérant alors une belle reconversion professionnelle, il fonda alors, en 1980, rue Jean-Macé, la société Pharmavet, spécialisée dans le conditionnement et la commercialisation de produits vétérinaires. Cette société fut absorbée en 1985 par le groupe breton Centravet. Durant les vingt premières années de sa vie professionnelle, Bernard Le Provost acquit une excellente connaissance des campagnes du canton de Lapalisse et se constitua un solide réseau de relations au sein du monde rural. Son entrée en politique date de 1982, année durant laquelle des ténors de la droite bourbonnaise réussirent à le convaincre de se présenter aux élections cantonales de mars. Candidat divers droite, Bernard Le Provost se retrouva à mener une campagne dans un paysage politique éclaté entre quatre autres candidatures dont deux à droite. Fort du soutien d’une grande partie du monde rural, Bernard Le Provost devança au premier tour de 400 voix le conseiller général sortant, le socialiste Jean Daumur. Au second tour, l’écart se réduisit seulement à quatre-vingt voix, mais Bernard Le Provost réussit à faire basculer le canton de Lapalisse à droite. En 1983, notre homme se lança à la conquête de la ville de Lapalisse, fief du Docteur Grèze depuis 1971. Ce fut le premier d’une longue série de duels politiques entre les deux hommes. Sa liste pour l’avenir de Lapalisse, estampillée UDF-RPR, n’obtint que trois sièges. En octobre 1988, au bénéfice d’une triangulaire, Bernard Le Provost est réélu conseiller général au second tour face à… François Grèze. La défaite du maire de Lapalisse entraîna sa démission et déclencha une crise politique locale. Bernard Le Provost choisit de ne pas prendre part aux débats et de ne pas présenter une liste aux élections complémentaires du 4 décembre 1988 qui virent la réélection de François Grèze au poste de maire. Cette stratégie attentiste profita à Bernard Le Provost qui, dans l’optique des élections municipales de mars 1989, reçut le soutien de trois conseillers de la majorité Grèze restés fidèles à leurs idées centristes. Ce ralliement permit à l’opposition de droite de passer de trois à six conseillers à l’issue des élections municipales de 1989.
En 1994, Bernard Le Provost fut confortablement réélu conseiller général du canton de Lapalisse devançant une nouvelle fois François Grèze et réussissant même l’exploit d’arriver en tête à Lapalisse. Durant les mois qui suivirent cette élection, Bernard Le Provost fit de plus en plus figure de prétendant sérieux à la succession de François Grèze à l’hôtel de ville. Profitant d’un mécontentement grandissant, le conseiller général personnifiait la volonté de rupture avec une gestion des affaires communales qui pour beaucoup apparaissait en bout de course. A la tête d’une liste féminisée et rajeunie, Bernard Le Provost remporta une superbe victoire aux élections municipales de juin 1995 en battant dès le premier tour la liste Horizon 2000 du Docteur Grèze par 57 % des voix contre 43 %.
Dès le lendemain de l’élection, entouré de sa garde rapprochée (Pierre Chervier, PDG des Huileries de Lapalisse et premier adjoint, Christian Ganay, vieux compagnon de route et cinquième adjoint, Louis Villecourt et Louis Surcoux anciens colistiers du Docteur Grèze passés dans le camp de l’opposition en 1989, respectivement deuxième et quatrième adjoints), Bernard Le Provost se mit au travail fort d’une majorité de 21 sièges sur 27. Le nouveau maire restructura tout d’abord l’organisation des services municipaux en introduisant une vision très entrepreneuriale de la gestion des affaires publiques. Dans un second temps, il engagea une vigoureuse politique de travaux qui se traduisit par une profonde rénovation de la voirie du centre ville, la création d’un nouveau groupe scolaire, d’une maison des associations, l’ouverture d’un Centre européen de chute libre sur l’aérodrome de Lapalisse-Périgny et la réhabilitation de l’ancienne usine Barthelot en un très innovant musée d’Art brut, unique en Europe. Bernard Le Provost soutint également à bout de bras le dossier d’implantation de la société irlandaise ARROW sur le territoire de Lapalisse avec à la clé plus de 200 emplois créés dans des ateliers de découpe et de conditionnement de viande porcine.
A l’automne 1997, Bernard Le Provost fut le principal artisan de la relance de l’intercommunalité en créant avec ses homologues de Saint-Prix, Andelaroche, Barrais-Bussolles et de Saint-Etienne-de-Vicq, une Communauté de Communes du Pays de Lapalisse, la seconde créée dans le département de l’Allier. Cette nouvelle entité fut, dès le début, conçue comme un territoire de projets. Elu fort logiquement Président de cette toute structure territoriale en janvier 1998, Bernard Le Provost fut également élu conseiller régional au mois d’avril sur la liste RPR-UDF. Seule déconvenue de l’année, au mois de septembre, il fut battu dès le premier d’un renouvellement sénatorial auquel il avait participé pour défendre une certaine vision de l’indépendance politique vis-à-vis des états-majors et pour défendre les couleurs de l’est du département.
En mars 2001, Bernard Le Provost réengagea devant les électeurs ses mandats de maire et de conseiller général. Les deux campagnes s’annonçaient relativement difficiles. En effet, à l’échelle communale le déclin démographique de Lapalisse avait fait basculer la ville sous la limite des 3500 habitants ce qui se traduisait au point de vue électoral par le retour du panachage des listes. En d’autres termes, les électeurs pouvaient dès lors sanctionner n’importe quel colistier, au premier rang desquels il faut placer le maire en personne. Il est donc nécessaire de souligner que le dirigisme qui caractérisa la politique de Bernard Le Provost durant les six années écoulées ne lui avait pas attiré que des amitiés. A l’échelle cantonale, l’implication de plus en plus profonde du maire de Lapalisse dans la Communauté de communes posait le problème du cumul du mandat de conseiller général et de Président de la Comcom. Enfin, promoteur de l’installation d’une porcherie industrielle sur la commune de Barrais-Bussolles destinée à assurer une partie de l’approvisionnement des Etablissements Arrow, Bernard Le Provost souleva contre lui une opposition bigarrée allant des écologistes aux néo-ruraux en passant par la gauche locale. Au soir du 11 mars, Bernard Le Provost n’obtint au scrutin municipal que le treizième score de sa liste (832 voix) sur 18 élus et avec 2079 voix aux cantonales, il ne pouvait espérer un second tour dans un fauteuil face au PRG Dominique Chassenieux qui avait recueilli voix et bénéficierait à coup sûr d’un excellent report des voix de gauche. Le 18 mars 2001, au second tour des cantonales, Dominique Chassenieux devança Bernard Le Provost de seulement 38 voix (2311 contre 2273) faisant basculer à gauche le canton de Lapalisse alors que le département repassait à droite. Le 23 mars 2001, Bernard Le Provost fut réélu maire de Lapalisse au terme d’une consultation électorale qui vit son aura écornée mais qui, paradoxalement, ne se traduisit pas par une percée de l’opposition. Bernard Le Provost essaya dès lors de recentrer son action communale autour de quelques personnalités proches de la population (Fabienne Jeune, Louis Villecourt et Jean Laforest) et n’eut de cesse de développer la Communauté de communes du pays de Lapalisse qui finit par regrouper 14 communes et dont l’action sur le territoire de Lapalisse devint de plus en plus concrète (Médiathèque et office de tourisme communautaires autour d’une Place du Général Leclerc entièrement repensée, réalisation du passage Marache et rénovation de la rue de la Liberté). Le grand objectif de Bernard Le Provost fut de préparer Lapalisse à l’après Nationale 7, c’est-à-dire faire que notre ville continue à être attractive une fois son contournement routier réalisé (obtention du label village-étape, projet de village d’artistes dans la vieille ville). La vie après la route a débuté le 26 octobre 2006. Les vingt derniers mois de son mandat furent marqués par son combat contre une longue maladie. Bernard Le Provost s'éteignit le 21 juillet 2007.

Son travail et sa vision de Lapalisse sont aujourd'hui unanimement reconnus par les habitants de la ville. Une salle des sports porte son nom depuis janvier 2008.
S. HUG