samedi 29 novembre 2008

Le trésor des Goyard (Bert - Marseigne) XVIIe-XVIIIe siècles


Sur six générations, de 1611 à 1780 (Blaise circa 1580-1643, Philibert Goyard 1621-1672, François 1648-1694, Joseph 1673-1710, Jacques 1706-1767 et enfin Jean-Joseph 1743-1825), les Goyards "bourgeois-laboureurs" des paroisses de Bert et de Marseigne (Trézelles) ont tenu un remarquable livre de raison (*). Conservé aux Archives départementales de l'Allier sous les cotes E 1038 et 1041, ce document (234 folios séparés en quatre cahiers) s'apparente à une concretion mémorielle, patiemment empilée par cette dynastie de "coqs de village" (heureuse formule forgée dans les années 1930 et portée sur les fonts baptismaux par le médiéviste Marc Bloch, père de l'histoire rurale française). Au fil des feuillets se trouvent rassemblées pêle-mêle des notes touchant la cellule familiale et son patrimoine (baptêmes, mariages, sépultures, maladies, contrats notariaux...), des recettes de remèdes ou d'onguents dignes des plus sombres grimoires (recepte por faire onguant por le mal de jambe ou coupeure, recepte por estancher le sang quandt on seigne pour les nertz...), des relevés de mercuriales (évolutions du prix des céréales sur les marchés de La Palisse et du Donjon), la narration de faits météorologiques marquants (orages dévastateurs, froid intense, sécheresse, grêle quasi biblique...), mais aussi des lignes relatives à l'état du royaume et aux relations internationales. Le livre de raison des Goyard est une bénédiction pour l'historien lui permettant de naviguer du local au global, du vécu au perçu, du profane au sacré, du réel à l'imaginaire.
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(*) - Il existe deux autres sources bourbonnaises comparables : le livre d'Antoine Dorat (79 feuillets courant de 1620 à 1654 - cote E 793) et le livre des Morel, bourgeois de Vouroux puis de Saint-Gérand-le-Puy (15 feuillets couvrant une période allant de 1520 à 1633 - fonds des archives communales de Montaigu-le-Blin déposées aux Archives départementales).
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S. HUG

jeudi 13 novembre 2008

Les Canaux : requiem pour l'hirondelle des faubourgs



Au XIXe siècle et au début du siècle dernier, le quartier s'étendant du carrefour de l'avenue de la Gare jusqu'à Montplaisir était couramment appelé le quartier des Canaux en raison des nombreuses rigoles de drainage qui parcouraient les clos très humides de cette zone. Même si quelques demeures bourgeoises cotoyaient les nombreuses bâtisses aux caractères rustiques, le quartier des Canaux était généralement opposé dans la mentalité lapalissoise au "haut de la ville" nettement plus bourgeois.





A l'angle de la rue nationale et de l'impasse des Jardins vers 1900



Le long de la rue Nationale (à la hauteur des anciens hôtels du Berry et de la Renaissance)



S. HUG


HUGSTEPHANE@aol.com

samedi 8 novembre 2008

La Prévoyante : première société de secours mutuels de Lapalisse (1884)

Bannière de La Prévoyante (fonds de la Mutualité bourbonnaise - Moulins)


L'industrialisation bouleversa en profondeur toute la société française du XIXe siècle. La question de l'encadrement de la classe ouvrière naissante posa par exemple de nombreux problèmes tant au patronat qu'à l'Eglise, sans oublier le prolétariat lui-même. Poussés par l'exode rural, de nombreux paysans quittèrent leur village pour venir s'installer en ville, perdant au passage leurs repères sociaux les plus élémentaires : les classes laborieuses devinrent vite les fameuses classes dangeureuses de la littérature bourgeoise. Si de nouvelles formes de sociabilités apparurent relativement vite (le bistrot, la fanfare, un peu plus tard, les jardins ouvriers ou les premiers cercles gymniques), il resta néanmoins à réinventer les vieilles solidarités villageoises. C'est dans cet esprit que furent créées les premières sociétés mutuelles dans les années 1840 destinées à gérer une caisse commune entretenue par les cotisations des adhérents qui cherchaient de la sorte à se prémunir contre la perte de leur salaire en cas de maladie ou d'accident du travail.


La Prévoyante, première société de secours mutuels de Lapalisse fut créée en 1884 par Louis Morel (1835-1898), maire de la ville et entrepreneur en tissage. Sur cette bannière, offerte en 1886 par François Lavenat (1839-1909), successeur temporaire de Louis Morel au poste de maire, la ruche rappelle l'entraide mutualiste, en bas, à droite, les navettes symbolisent les ouvriers tisserands de Morel, à gauche, les outils agricoles évoquent enfin l'importance du monde rural dans la vie économique de Lapalisse.

Durant la première décennie du XXe siècle, deux autres sociétés de secours mutuels furent créées dans notre ville : Les Travailleurs réunis (présidée par Auguste Coche, futur maire de 1919 à 1935) et Les Prévoyants de l'Avenir (présidée par le pharmacien Desfourniaux). Cependant, La Prévoyante demeura, jusqu'à son absorption par La Mutualité bourbonnaise dans les années 1970, la plus puissante des ces trois sociétés.

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

lundi 3 novembre 2008

Une visite virtuelle de La Palisse au XVIIIe siècle

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