jeudi 15 octobre 2009

Sous l'angle de l'anthropologie historique : de la récolte produite à l'invention de la récolte

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Le Pays de Lapalisse vient de fêter pendant une semaine les saveurs de l'automne déclinées autour des noix et des châtaignes. Au-delà de la démarche événementielle orchestrée par la com com, l'objectif (relevant encore du tâtonnement un peu gauche -sans mauvais jeu de mots-) est bel et bien de définir un champ identitaire pour le Pays lapalissois à défaut d'en chercher les véritables caractères. Or, avec cette fête des "noix et châtaignes", nous voici face à un processus d'invention identitaire, thématique sociale actuellement explorée par la plupart des Pays du Bourbonnais (Gannat se définit par exemple depuis deux ou trois étés comme une terre d'Occitanie en pays d'Oïl, le résultat est particulièrement navrant ...). Qu'à cela ne tienne si l'existence de parcelles complantées de noyers et de châtaigniers ne constitue pas une véritable spécificité des paysages ruraux de la région de Lapalisse, la promotion du territoire, qui s'est mise à galoper plus vite que la recherche identitaire, essayera de vous convaincre du bien fondé de cette vision rêvée de nos campagnes. Mais nous l'avons tous compris : ce qui compte de nos jours est de vendre notre ruralité (ce que les plus audacieux appellent l'authenticité) quitte à fabriquer de toutes pièces les images que le public attend.
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Cependant, le plus important n'est peut-être pas là. Si l'on jette un regard embrassant la longue durée, on s'aperçoit que cette semaine des "saveurs de l'automne" n'est que la traduction actuelle d'une constante anthropologique : Fêter le temps des récoltes tout comme les Lapalissois du XIXe siècle le faisaient autour de leur "Homme de Pâte" (voir articles de Palicia des 29 avril et 18 mai 2009).
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S. HUG

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