lundi 3 mai 2010

Chronique du haut de la palissade : territoires en quête d'espérance

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L’impuissance collective à imaginer un nouveau destin pour la France est en train de placer le « Vivre ensemble » de la future gauche solidaire en état de transcender les clivages politiques. Je crains néanmoins que toutes ces factories nées de l’obamisme ne soient capables de produire que des succédanés de bonheur. Néanmoins, le succès de ce « Vivre ensemble » fonctionne comme un révélateur de notre besoin de croire à nouveau en une espérance commune. Et d’un coup voici que l’avenir de notre département se pose avec une acuité particulière, lui qui est justement en quête d’espérance. Alors que nous autres Bourbonnais nous sommes entrés tardivement dans la crise économique, nous commencerons seulement à en sortir au moment où une franche reprise aura déjà irriguée en profondeur les zones les plus dynamiques de notre espace national. L’Allier possède en effet l’identité des territoires en marge des grands courants économiques.
L’inauguration officielle, le 27 avril dernier, de l’Aire des Vérités fut à ce titre tout un symbole. Les principaux décideurs bourbonnais étaient présents ou s’étaient fait représenter pour l’occasion. Voici donc qu’un investissement privé d’à peine trois millions d’euros, générant une petite vingtaine d’emplois est devenu l’espace d’un jour la vitrine de notre département. Ne vous méprenez pas sur le fond de ma pensée, cette initiative entrepreneuriale est certes salutaire pour le Pays de Lapalisse, mais ériger cette micro-structure en symbole, c’est afficher l’atonie de la majorité départementale face à la crise. J’apporterai cependant un bémol à ce concert d’applaudissements : L’Aire des Vérités n’aura qu’un impact limité sur le tourisme en Pays de Lapalisse. Tout est en effet conçu pour éviter aux gens de passage de rentrer dans Lapalisse et de sillonner son Pays et que dire des professionnels de la route qui ont un tempo à respecter ! D’ailleurs, quel indicateur permettra de mesurer cet impact ?
Mais revenons à ce « Vivre ensemble » qui n’a pour l’heure trouvé aucune traduction dans les rangs du personnel politique local. Chacun pourra ainsi mesurer toute la distance qui sépare, à l’intérieur d’une même famille politique, les têtes pensantes de leurs épigones locaux qui pourtant s’évertuent à vous faire croire au détour d’une conversation qu’ils sont dans le secret des dieux et qu’ils sont sur le point (imminent bien sûr) de répondre aux attentes de leurs administrés. Je suis pour ma part convaincu qu’au Pays de Lapalisse la recherche d’une espérance commune passe par une vision territoriale. La plupart de nos élus locaux connaissent l’importance de cet enjeu social, mais les nôtres sont pour l’heure incapables de la définir avec clarté. Pourtant, les lecteurs de PALICIA savent au combien les gens du Pays de Lapalisse ont besoin de communier avec leur territoire.
Le temps presse, car la récente campagne de sondages (une soixantaine de votes) que nous avons organisée a montré qu’une écrasante majorité (68 %) des Lapalissois est pessimiste sur l’avenir de leur cité, craignant qu’elle soit reléguée dans la hiérarchie des villes bourbonnaises. Au regard de la situation économique de l’Allier, je ne pense pas que Lapalisse subisse un déclassement particulièrement net dans les années à venir. En revanche, l’écart entre les villes faisant partie, comme Lapalisse, du groupe médian des bourgs-centres disposant d’un rayonnement limité et celui des villes attractives, est en train de se creuser faute d’idées, de réseaux et de volonté. Armé d’un véritable projet territorial, Lapalisse et son Pays pourraient intégrer le club fermé des petites villes dynamiques du Centre de la France et attirer en plus grand nombre les porteurs d’innovations. Autre enseignement : les Lapalissois placent en tête des atouts de leur ville, la ruralité, la qualité de vie et le patrimoine. A l'inverse, et il s'agit là sans doute du fait le plus inquiétant, la notion d’accueil, pourtant déterminante dans la promotion territoriale, n'apparaît pas pour l’heure comme un atout majeur pour l'avenir . Il y a donc ici un axe de communication à valoriser. En son temps, l'équipe de Bernard Le Provost avait commencé à s'attaquer à ce vaste chantier. Hélas ! Communiquer est encore un art mineur dans la culture de nos édiles actuels. Preuve en est : pour répondre à l’émoi suscité par l’apparition d’une démocratie numérique en Pays de Lapalisse, j’ai proposé à la municipalité lapalissoise de lui ouvrir les colonnes de PALICIA afin de réagir à mes analyses et à mes billets d’humeur. Je n’ai pour l’heure aucune réponse...
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S. HUG

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