mardi 22 février 2011

Rencontres avec ceux et celles qui font le Bourbonnais - Philippe Levasseur, militant écologiste.

Depuis que la plupart des partis politiques français se sont convertis au développement durable et à la possibilité d'une croissance verte, l'écologie politique est devenue la nouvelle frontière que notre société moderne se doit de conquérir. Notons au passage qu'une grande partie du personnel politique adopte sur cette question la posture du démiurge qui cherche à démontrer qu'il est à l'origine d'un tout. Or, ce fut au coeur de l'effervescence des années 60-70 que cette approche globale de la société et de l'environnement se structura. Retour sur l'histoire et les enjeux de l'écologie politique au travers du parcours de Philippe Levasseur, militant écologiste de la première heure, candidat aux élections cantonales de Jaligny-sur-besbre et créateur de gîtes d'hôtes à une époque où le tourisme vert n'était pas encore à la mode.


Pouvez-vous nous raconter vos années d'apprentissages politiques ?


Ma prise de conscience politique date des années 70, la musique, (Léonard Cohen, Bob Dylan, les Doors, Jimmy Hendricks, Woodstock…) le cinéma, (Pasolini, Fellini,) la presse écrite (la Gueule Ouverte, Charlie et Harakiri hebdo, le Sauvage, le Pont, la naissance de Libé) l’air était frais et ceux qui avaient assez de sensibilité attrapaient le virus. De la liberté, de « l’anti » : militaire, nucléaire, autoritaire. Du pacifisme, féminisme, écologisme, régionalisme. L’autogestion, l’autonomie. Et déjà la critique de la société de consommation.
Et donc une vraie admiration pour ceux qui ont su, dès les premières heures résister à l’occupant: Stéphane Hessel, Germaine Tillion, Geneviève Antonioz-De Gaulle, Jacqueline de Romilly, Lucie et Raymond Aubrac. Encore très « résistants » pour ceux qui sont encore en vie. Et, plus local, le monument aux morts de St Martin D’Estréaux. Cet apprentissage politique ne s'est pas effectué dans le cadre familial.


Pouvez-vous nous dire quels sont aujourd'hui vos outils de réflexion et de construction de votre opinion politique ?

Encore en région parisienne, les rencontres avec l’association « Nature et Progrès », ardent précurseur de l’agriculture biologique. Et aujourd’hui, c’est au travers de la presse écrite avec l’hebdo « Politis » auquel je suis abonné depuis le début, la radio, France Culture « Terre à Terre »émission écolo du samedi matin, Arte, les docus, Global Mag, et Internet, le portail Rezo net, Fondation Copernic, le blog (sciences2)


Pouvez-vous nous présenter les différentes étapes de votre installation en Bourbonnais et la mise en place de votre projet de vie ici ?

La suite des années 70 /80, c’est le désir de partir vivre en harmonie avec notre idéal, l’arrivée de notre fille, pour lui offrir une enfance tranquille et saine. Et un couple d’amis avec lesquels nous partagions ce désir. Trouver un toit, le restaurer pendant les vacances et y installer nos chambres d’hôtes. Nous faisions figure de zozos, à l’époque personne ne croyait à ce genre d’activité !!!


En quoi votre candidature aux cantonales est-elle une candidature "témoin" ?


C’est en ville que les écolos font les meilleurs scores. A la campagne, nous sommes vécus comme des emm…donc pas de bons résultats! On a bien sûr une part de responsabilité liée à notre atitude "donneur de leçons". Et pourtant, si on faisait un bilan, nous avions anticipé beaucoup de problèmes qui préoccupent nos concitoyens aujourd’hui. Alors pourquoi on ne se retrouve pas dans les urnes ? Pollution des eaux, disparition des espèces locales (gibier, poissons…) maladies liées à l’utilisation des pesticides et autres produits toxiques dont les agriculteurs sont les premières victimes.
Les trois piliers de l’écologie politiques sont : l'économique, le social et l'environnemental.


Comment déclinez-vous l'écologie politique à l'échelle du local ?


La supériorité de la pensée écologique, c’est d’appréhender les problèmes de façon globale. Ex : les déchets. Les réduire à la source, les traiter au plus près, (composter les fermentescibles qui représentent 30% des déchets) donc moins de transport (camions), crée des emplois, permet de valoriser ces déchets et de réduire cette taxe injuste. Et d’autres exemples ne manquent pas. Nos voisins européens font bien mieux que nous.


Quels ont d'après vous les atouts et les faiblesses du Bourbonnais en matière d'économie et de tourisme ?

Il n’y a pas de Bourbonnais, mais des Bourbonnais. St Pourçain ne s’en sort pas trop mal. Mais il y a un vrai manque de confiance en son territoire, surtout au niveau touristique. Les meilleurs ambassadeurs sont souvent les néo-bourbonnais. Manque d’ambition, et peut-être d’imagination.


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