mardi 24 avril 2012

Chronique du haut de la palissade : Quid du vote Bleu Marine au Pays de Lapalisse ?

En découvrant dimanche soir les résultats du premier tour de la présidentielle concernant les quinze communes du canton de Lapalisse je dois bien vous avouer que j'ai été surpris par l'ampleur du vote FN. Avec une moyenne de 23,15 % des voix dans le canton, l'électorat frontiste est désormais dans dix communes sur quinze le second, voire même le premier vote (29,79 % à Châtelus, 29,17 % à Droiturier et 27,06 % au Breuil). Avec ces 23,15 %, le score cantonal du Front National est supérieur de 5 points  à la moyenne départementale (18,32 %). Certes, nous avions déjà un écart de 5 % en 2007, mais cette fois-ci, ce qui change, c'est que dans toutes les communes, sans exception, le Front National gagne une, deux, voire trois places en terme de choix de vote. Rappelons enfin qu'aux élections présidentielles de 2002, qui avaient vu la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour, le score frontiste dans le canton de Lapalisse n'était alors supérieur à la moyenne bourbonnaise que de trois points. Peu à peu, le vote FN s'installe donc au Pays de Lapalisse et se renforce. 
N'en déplaise aux adorateurs du totem républicain du haut de la ville, le vote frontiste, qui a perdu son caractère extrémiste, est pleinement légitime et a la même valeur que les autres. Ces 23,15 % d'électeurs constituent d'ailleurs une sérieuse épine dans le pied de la majorité de gauche qui préside aux destinées du Pays de Lapalisse. En effet, au-delà des paramètres nationaux, toutes les études de sociologie politique tendent à montrer que le vote présidentiel puise de plus en plus son origine dans le vécu quotidien.

Les médias et les vieilles barbes de gauche auront beau chanter leur rengaine habituelle, une grande partie de leurs explications concernant le Front National ne sont pas transposables sur les bords de Besbre. Ici, pas de voile intégral ni de viande hallal encore moins de choc communautariste. Si tant de gens ont fait le choix courageux de briser la pensée unique c'est tout simplement pour marquer leur rejet d'un système politique en bout de course, incapable de défendre la ruralité, et renvoyer de la sorte gauche et droite dans les cordes. Ce vote rappelle également au personnel politique qu'il est élu et... payé pour trouver des solutions aux problèmes quotidiens de la population. Les gens en ont assez des spécialistes des verres de l'amitié et des vernissages bidons, ils veulent du concret et une action de terrain.
Mais par un curieux paradoxe, le Front National manque cruellement, dans la plupart des régions françaises, d'ancrage local. Ainsi, d'une façon générale, la progression du Front National en milieu rural constitue un défi pour les responsables du parti  de Marine Le Pen. En effet, l'une des grandes faiblesses programmatiques du Front National est de mener essentiellement une réflexion à l'échelle nationale et d'être, en revanche, nettement moins compétitif à l'échelle locale. Ce positionnement explique en grande partie pour quelle raison les résultats du Front National se tassent traditionnellement à l'occasion des consultations locales. Sans assise locale le Front National ne pourra pas devenir une force gouvernementale.

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

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