mardi 10 mars 2026

Chronique du haut de la Palissade : réparer la société lapalissoise

 Après trois mandats d'errement, marqués par l'inexorable déclassement de Lapalisse, l'heure est venue de choisir l'avenir de cette ville. Jamais la société lapalissoise n'a été aussi fracturée. Tous les indicateurs économiques font état d'une paupérisation de la population qui est sans précédent dans l'histoire récente de la Cité des Vérités. La forte et durable mobilisation des Gilets jaunes locaux, il y a maintenant un peu plus de sept ans, en fut d'ailleurs l'expression la plus criante. Aujourd'hui, la composition sociologique de la liste Osons Lapalisse Autrement est en partie le reflet de ce profond malaise.

Deux chiffres-clés sont à retenir : alors que près d'un quart de la population lapalissoise vit désormais sous le seuil de pauvreté, la moitié de celle-ci à plus de 60 ans. Le traitement de ces deux problématiques sociales passent à la fois par plus de péréquation efficiente et par plus d'offres de proximité. Rien d'efficace au niveau local n'a été pensé dans ce domaine depuis plusieurs années.

Les 15 et 22 mars prochains, vous devrez choisir  entre reconduire un simple Comité Théodule ou élire une cellule de refondation sociale. Le premier n'aura comme rêves que de transformer une friche industrielle en un désert flambant neuf et de glaner, tous les deux ans, quelques reportages télévisés à l'occasion des Embouteillages. La seconde se donnera pour objectif de soigner le corps et l'âme meurtris de Lapalisse. 

L'actuelle municipalité a toujours entretenu l'espoir de séduire des foyers issus des classes moyennes désireux de s'installer dans une petite ville. Cependant, leur approche méthodologique repose sur une analyse erronée. Pour eux, l'offre de nouveaux logements suffirait à attirer ces catégories socio-professionnelles, alors qu'en fait, elles ne viendront qu'à la seule condition que le cadre de vie réponde à leurs attentes. Rappelons au passage que le projet de la friche Charrondiere est né il y a quelques années dans l'esprit novice d'une poignée d'étudiants en urbanisme et ne reposait alors sur aucune analyse statistique.

Il est temps d'user avec efficacité des fonds publics. Trêve de Fab Lab qui ne servent à rien et de moulin condamné à l'étiage. Il faut revenir à l'essentiel : redynamiser le centre-ville dont le pouls est de moins en moins palpable. Cela passe  tout d'abord par la reconstruction de l'offre commerciale locale et par la fidélisation de la zone de chalandise. Cela passe bien évidemment par l'amélioration du cadre de vie : jamais les places et les rues de Lapalisse n'ont été dans un tel état de laisser-aller, sans compter que l'insécurité commence y à faire son nid. Enfin, Lapalisse n'a pas le volume touristique et l'offre culturelle qu'elle devrait avoir : tout est à repenser dans ce domaine. Enfin, j'attire une nouvelle fois votre attention sur le fait que le Tout-Embouteillage présente à terme le risque d'un essoufflement puisqu'il est porté par un public d'amateurs déjà vieillissant. Il serait suicidaire de s'enfermer dans cette unique offre touristique. 

C'est pour toutes ces raisons que la candidature d'Aurore Milcent de La Boutresse m'apparaît à ce jour la seule capable de redonner un destin collectif à Lapalisse. 

 

S. HUG 

hugstephane@aol.com 

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