jeudi 2 décembre 2021

18 août 1929, le Ministre Jean Hennessy inaugure le Service des Eaux de Lapalisse

 


Le 18 août 1929, Jean Hennessy, Ministre de l'agriculture vint à Lapalisse présider un Concours agricole et Industriel. A cette occasion, il inaugura le Service des Eaux de la ville. Cette photo fut prise devant la station de pompage qui était alors située entre Lapalisse et Saint-Prix, au bord de la Route nationale. A droite, du Ministre, on reconnaît le maire Auguste Coche, le député Lucien Lamoureux, le maire de Vichy, Pierre-Victor Léger et le Préfet de l'Allier, Marcel Bernard. A gauche, du Ministre, le sous-préfet de Lapalisse, Félix Savelli  et les deux sénateurs de l'Allier, Albert Peyronnet et Marcel Régnier.

jeudi 18 novembre 2021

La butte Malakoff (commune de Saint-Etienne-de-Vicq) : un acte de foi dans le bonapartisme

Le Bourbonnais est traditionnellement décrit dans l'historiographie nationale comme une terre très tôt gagnée aux idées démocrates. Cependant, à l'intérieur de ces Campagnes rouges bourbonnaises, il subsista (et il subsiste encore) des "poches" conservatrices dont l'exemple le plus parfait est sans nul doute la Montagne bourbonnaise. A une échelle plus fine, celle du village, l'analyse historique permet de relativiser la vision globalisante des grandes synthèses de sociologie politique. Il en va ainsi de l'état d'esprit qui régnait dans la commune de Saint-Etienne-de-Vicq au milieu du XIXe siècle.
Le site a été érigé sous le mandat de François Péturet, premier magistrat de la commune de 1839 à 1869, ancien soldat d’Austerlitz et médaillé de Sainte-Hélène. Les archives font état des sentiments passionnément bonapartistes de la population. Cette tendance ne fera que s’affirmer puisque le prince Louis-Napoléon, largement majoritaire dès l’avènement de la deuxième république en 1848 recueille un oui massif (195 oui sur 195 votants) au plébiscite qui ratifie le coup d’état du 2 décembre 1851 et 205 oui sur 205 votants à celui organisé en faveur de l’Empire. La butte de Malakoff constitue un témoignage de reconnaissance des habitants de St-Etienne-de-Vicq aux soldats de l’armée d’Orient commandée par le général Pélissier, après la chute du fort de Malakoff et la prise de Sébastopol pendant la guerre de Crimée.
Extrait du registre des délibérations : L’an mil huit cent soixante deux, le 8 du mois de mai, le conseil municipal de la commune de Saint-Etienne-de-Vicq assemblée au lieu ordinaire de ses séances sous la présidence de Monsieur Péturet, maire, pour la tenue de la session du 8 courant ensuite de la convocation faite par Monsieur le maire de la dite commune le 2 du dit mois. Présents : Mrs Péturet, maire, Geneste, adjoint, Péturet fils, Auroux, Fournier, Combaret, Chevalier, Fournier, Maridet et Devaux. Absents : Mrs Charasse, Belot, Millet. Lesquels forment la majorité du conseil en exercice et peuvent délibérer d’après les termes de l’article 7 de la loi du 5 mai 1855. Monsieur le président a ouvert la séance et a exposé ce qui suit : Le dimanche 16 septembre 1855, les habitants de Saint-Etienne-de-Vicq se trouvaient réunis autour de leur maire pour entendre la lecture de la dépêche qui annonçait la prise de Sébastopol. Cette lecture fit naître chez eux un enthousiasme indescriptible qui se traduisit par des cris répétés de « vive l’Empereur ». Le maire ayant fait la proposition de perpétuer ce glorieux fait d’armes, en élevant une butte sur la montagne du parc, dans un terrain lui appartenant qu’il affectait à cet objet, cet avis fut adopté unanimement et chacun s’offrit à concourir de ses bras et de ses moyens, à l’accomplissement de cette œuvre patriotique. Conformément à cette résolution la butte s’est élevée et le maire ne peut donner que des éloges à tous les bons citoyens qui sont venus apporter leur concours à cette œuvre patriotique, mais on ne peut se dissimuler qu’il reste encore quelque chose à faire et que la butte n’a pas encore atteint la hauteur convenable. Il resterait aussi après son achèvement, à la surmonter d’un étendard et d’une croix, avec inscription portant ces mots ; Malakoff 8 –7bre 1855 – à l’Armée Française d’Orient. L’Empereur doit, dit-on venir à Vichy au mois de juillet prochain. Peut-être aurions-nous quelque chance de l’attirer jusqu’à Saint-Etienne-de-Vicq, si nous pouvions lui offrir de visiter notre butte, témoignage du patriotisme des habitants qui ne pourrait manquer de lui être agréable. En conséquence, j’ai l’honneur de vous proposer de voter un secours de la somme que vous jugerez à propos pour l’achèvement de la butte de Malakoff. Avec une modique somme de 40 francs, je pense qu’il serait possible d’élever la butte à une hauteur de 20 pieds et de faire les autres travaux nécessaires. En conséquence, le conseil après en avoir délibéré a été d’ avis de voter la somme de 40 francs sur les fonds qui se trouvent disponibles sans destination sur les budgets de 1862 en additionnel du même exercice et employé selon la délibération qui précède.
Ont signé : Mrs Geneste, Auroux, Fournier, Chevalier, Fournier, Devaux, Péturet fils et Péturet maire.
Ont déclaré ne le savoir Mrs Combaret et Maridet.
 
La butte Malakoff constitue un exemple unique de ferveur bonapartiste 
 
S. HUG

jeudi 21 octobre 2021

L'usine Morel : l'archéologie industrielle de Lapalisse

Photos 1 et 2 : l'usine Morel, photo 3 : Louis Morel (1835-1898), créateur de cette entreprise de tissage et de filature (voir sa biographie sur ce site), photo 4 : exemple de robe en droguet, principale étoffe réalisée par les ateliers Morel (archives pénitentières du Ministère de la Justice)

Créés dans la décennie 1860, les ateliers Morel, implantés au pied du château, tout contre le Moulin Dereure et Boutin, constituèrent la première forme préindustrielle de la vie économique lapalissoise. A la fin du XIXe siècle, les Lapalissois appelaient d'ailleurs couramment ces ateliers "l'usine". Louis Morel, futur maire de Lapalisse entre 1878 et 1890, fut d'ailleurs le premier à introduire à dans notre ville l'emploi de la vapeur dans des processus de production. Spécialisés dans le tissage de toiles épaisses et résistantes (notamment le fameux droguet des biaudes [blouses] bourbonnaises ou des uniformes pénitentiaires), les ateliers Morel survécurent à la disparition de leur créateur et furent en activité jusque dans les années 1920.

S. HUG


jeudi 2 septembre 2021

26 septembre 1798 : le dernier loup lapalissois est abattu

Planche tirée de l'Histoire naturelle de Buffon, 36 volumes (1749-1789)

Le retour du loup en France, dans le Mercantour en 1992, a provoqué une sorte d'écrasement temporel, un peu comme si, tout d'un coup, la dimension fantastique de nos fables venait frapper à la porte de nos certitudes. Passé l'an 2000, des historiens ruralistes, notamment menés par le caennais Jean-Marc Moriceau, ont fait du loup, animal imaginaire et pourtant bien réel, un étonnant objet d'études permettant de comparer, par delà les siècles, les réactions collectives face à ce totem sauvage. Depuis bien longtemps, je me demandais à quelle date le dernier loup fut tué sur le territoire de Lapalisse. Des battues étaient mentionnées dans les archives départementales de l'Allier (série L) dans les années 1795-1798, au-delà, plus rien. C'est finalement, en compulsant la thèse de François de Beaufort, L'écologie historique du loup, canis lupus, en France, soutenue devant l'Université de Rennes en 1988, que le point d'orgue de la traque du loup sur la commune de Lapalisse est apparue avec netteté. Ce fut non loin des Brossards, le 26 septembre 1798, que le dernier loup lapalissois fut abattu. 

S. HUG




lundi 19 juillet 2021

Le crime de Lapalisse (1884)

Complainte, tirée à plus de 5 000 exemplaires.
  sur ce crime que la Presse ne tarda pas d'appeler le "Crime de Lapalisse".


 Le 29 septembre 1884, Frédéric Lebrun, commis receveur de Cusset, devait verser une somme de 8 000 francs à Lapalisse. Ayant changé de train à Saint-Germain-des-Fossés, il fut poignardé à plusieurs reprises à l'approche de la gare de Lapalisse. Grièvement blessé, il s'effondra dans un compartiment et ne fut découvert qu'une bonne heure plus tard par un prêtre ayant monté en gare d'Arfeuilles. La victime dans un état désespéré fut descendu à Saint-Martin-d'Estreaux. Lebrun interrogé put donner une description de son agresseur et des précisions sur les circonstances de son agression avant de s'éteindre. Le meurtrier ne fut jamais retrouvé.

lundi 14 juin 2021

Les douze moulins du Barbenan (Arfeuilles)

Avec plus de 3 500 habitants à la fin du XIXe siècle, la commune d'Arfeuilles possédait un poids démographique particulièrement important. A cette époque, la montagne était encore un monde plein. Dans cet espace découpé où le granit domine, la moindre parcelle fertile était alors appelée à porter des céréales qui constituaient la pierre angulaire d'une économie rurale qui répondait péniblement aux sollicitations d'une population en pleine expansion.  Cette économie rurale était dominée par le foirail, le marché et le moulin, trinité des amours, des haines et des jalousies paysannes. A Arfeuilles, alors que la commune compta jusqu'à quatorze moulins (Cadastre de 1829), douze d'entre eux jalonnaient le fil du Barbenan : Epalle, Goutaudier, Pont-du-Chat, Le Mas, Gaucher, Chavroche, La Côte, Beaulieu, Le Grand Moulin Arfeuilles, Larose, Les Egaux et Talon. Passée la Belle Epoque, Arfeuilles fut frappé par une puissante dépression démographique qui porta la population de la commune à 1 946 habitants en 1946. Si l'on ajoute à cela la réorganisation de l'industrie minotière autour de gros pôles utilisant désormais l'énergie électrique et le développement du transport routier, on comprend facilement pour quelles raisons seuls deux des douze moulins du Barbenan arfeuillat continuèrent leur activité jusqu'à la fin des années 1960. 

Moulin du Mas
Le Moulin des Egaux
Le Moulin Beaulieu
Le Grand Moulin d'Arfeuilles

mercredi 2 juin 2021

A l'approche des élections départementales : états d'âme du candidat sortant du canton de Lapalisse


 

Souvenir des Concours hippiques de Gléné-Lapalisse (Servilly)

 

Entre 1921 et 1925, le château de Gléné à Servilly fut le théâtre de concours hippiques réputés ( Photo : Le Sport universel, 1923)

Maurice Jaclot de Potier (1885-1937), propriétaire du château de Gléné et de l'une des plus belles écurie de chevaux de course des années 20, fondateur de la Société Hippique de Gléné-Lapalisse. Il fut aussi Président de l'Ice skating club de Paris, quatre fois vainqueurs du Championnat de France de Hockey sur Glace durant les années 20.


mercredi 12 mai 2021

Carnaval 58


En 1957 et en 1958, la municipalité lapalissoise, dirigée à l'époque par Gilbert Barthelot organisa, début mai, un imposant corso de printemps où l'on vit défiler chars fleuris, groupes folkloriques, Gils belges et fanfares bourbonnaises. Sur la photo ci-dessus, prise devant le Monument aux Morts de l'Avenue de la Gare, nous pouvons reconnaître, sur la gauche du Gil, M. Périchon, Président du Syndicat d'Initiatives lapalissois, Lucien Colon, Conseiller général et futur maire de Lapalisse, ainsi que Gilbert Barthelot.



S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

samedi 8 mai 2021

Août 1944 : la libération de Lapalisse

Située en zone libre, la ville de Lapalisse ne fut occupée par les troupes allemandes qu'au lendemain du débarquement allié en Afrique du Nord le 1o novembre 1942. Les reliquats du 152eme régiment d'infanterie, stationnés depuis plus de deux ans tout contre la gare de Lapalisse-ville (quartier de Montplaisir), furent immédiatement démobilisés. Le 30 novembre 1942, une compagnie de la Feldgendarmerie prit possession du château des Ratz et du château des Vignauds et y demeura jusqu'en août 1944. Au printemps 1943, notre ville connut ses premières actions de résistance ce qui accrut la pression de la Gestapo et de la Milice sur la Cité des Vérités.
 
Le débarquement allié en Provence, le 15 août 1944, précipita les choses. Dans les jours qui suivirent, plusieurs unités allemandes venant du sud passèrent par Lapalisse et foncèrent en direction du Donjon et de Digoin : la population commença véritablement à comprendre que le rapport de force était en train de basculer. Le 20 août au matin, le Maréchal Pétain quitta définitivement Vichy. Peu à peu, les garnisons allemandes de Clermont-Ferrand et de Vichy furent évacuées, la plupart des convois passèrent par notre ville.
Le 24 août, à 19 heures, un convoi allemand qui traversait lentement Lapalisse se heurta à la hauteur du carrefour de l'Hôtel de France à une voiture des FFI venant du Breuil. Une fusillade éclata. Un riverain de 63 ans, Antoine Bichet, fut tué par une balle perdue à l'entrée de la rue Traversière alors que deux jeunes gens d'Isserpent, André Pételet et Georges Grenier furent griévement blessés et conduits à l'hôpital de la ville où ils furent soignés par le docteur Perrin.
Le 25 août, une guerilla s'engagea dans le triangle Lapalisse-Digoin-Moulins contre les colonnes des garnisons allemandes de Clermont-Ferrand et de Vichy qui battaient en retraite en suivant les axes Riom-Gannat-Moulins et Varennes-Lapalisse-Digoin. Le groupement Roussel (Colonel Colliou de l'ex-152e régiment d'infanterie), comptant en son sein une poignée de jeunes lapalissois, porta ses efforts sur ce second axe. De violents combats se déroulèrent à Loddes.

Combats aux portes de Lapalisse : des FFI s'apprêtent à lancer une offensive contre un convoi allemand (Archives départementales de l'Allier)

En fin d'après-midi, le premier détachement américain entra dans Lapalisse. Il s'agissait d'un petit groupe de 14 hommes appartenant à l'Armée de l'Air ayant reçu pour mission de rejoindre le Sud de la France afin de préparer la remontée des forces alliées vers le Nord. En 1994, Robert D. Stelle (Naples - Floride), fit parvenir au Docteur Gréze, alors maire de notre ville, un courrierdans lequel il relata son entrée dans Lapalisse : Nous sommes arrivés à Lapalisse tard dans l'après-midi. Le lieutenant ordonna de s'arrêter aux abords de la ville car personne n'était en vue. Votre charmante ville semblait abandonnée. Le fond de notre carte était déchiré près de Lapalisse, nous avions absolument besoin d'en avoir une autre. Nous nous demandions si les Allemands étaient dans la ville. J'ai mis quelques hommes en faction de chaque côté de la rue pour surveiller les toits et les fenêtres et je remontai la rue. Chacun de nous avait un fusil. Le camion et la jeep suivaient lentement.
Un jeune garçon de 10 ou 11 ans environ passa le coin d'une rue en courant et je l'attrapai par le bras. Je lui dis que j'étais un soldat américain. J'étais son ami. Je lui donnai un bonbon. J'avais besoin d'une carte. Je lui demandai de ma conduire à un magasin où je pourrais en acheter une. Je suis sûr que ce jeune homme était effrayé, mais il accpeta de m'aider et nous sommes entrés tous les deux dans un magasin. J'appelai en criant que j'étais un Américain. Un homme sortit de l'arrière-boutique et je lui dis de nouveau que j'étais un soldat américain. Il sortit en courant dans la rue et cria que nous étions les Américains. La rue se remplit soudainement de tous les habitants de la ville, hommes, femmes, enfants. Ils nous apportèrent du vin, du fromage, du pain et nous sautèrent au cou et nous embrassèrent tous. Tout le monde riait et pleurait à la fois, je ne pourrai jamais l'oublier. C'est mon meilleur souvenir de la guerre. Nous sommes restés la nuit à l'hôtel [l'Hôtel de l'Ecu], deux par chambre. Nous avons pris un bain chaud, le premier depuis longtemps. Nous avons pris le dîner dans la salle à manger et il me semble que le maire, le banquier et le directeur de l'hôtel étaient avec nous. Nous avons eu un petit carré de fromage pour le dessert. J'e n'avais jamais eu de fromage pour le dessert. C'était une bonne surprise. Nous avons récupéré notre camion et notre jeep le lendemain matin dans un parking, derrière un grand mur, et nous sommes partis pour Marseille après bien des poignées de mains, des accolades, des embrassades." (cité dans Info Trente n° 23 - automne 1994).
Le 26 août, à 8h30, l'Etat-major allemand de Clermont-Ferrand traversa Lapalisse. En fin de matinée, Vichy fut libérée par les FFI. Dans l'après-midi, un violent accrochage opposa aux portes de Lapalisse un convoi allemand à plusieurs groupes de partisans : trois camions ennemis et leurs occupants furent totalement anéantis. Le soir, les Allemands décidèrent d'abandonner l'itinéraire Lapalisse-Digoin devenu trop dangereux pour privilégier un itinéraire par Jaligny et Dompierre-sur-Besbre. Les environs de notre ville furent le théâtre de violents accrochages jusqu'au 2 septembre. Les opérations se déplacèrent alors autour de Moulins qui fut libérée le 6 septembre. Durant les derniers jours du mois d'août, un Comité de Libération de neuf membres (Raymond Bécaud, Claude Rousset, Joseph Bel, Gaston Périsse, le Docteur Perrin, Claudius Papon, Alphonse Bletterie, Lucien Colon et Antoine Guy) fut installé à l'Hôtel de Ville en remplacement de la municipalité déchue de Charles Rousset. Le 11 septembre 1944, le nouveau préfet du département de l'Allier délégua l'ensemble des pouvoirs municipaux à ce Comité de Libération et choisit Raymond Bécaud comme maire de notre ville.

Le premier tract de Lapalisse libérée signé par Raymond Bécaud

(Archives de la famille bécaud)
Raymond Bécaud (1913-2000), maire de la Libération Stéphane HUG

mardi 4 mai 2021

Arfeuilles, autopsie d'un déclin

A la fin du XVIIIe siècle, la paroisse d'Arfeuilles comptait près de 3 000 habitants (alors que Lapalisse n'en n'alignait que 1 900). En plus des douze foires annuelles et du marché hebdomadaire du mercredi, le bourg montagnard possédait deux tanneries, douze moulins à écorce ou à chanvre, six moulins à blé, ainsi qu'une vingtaine d'ateliers de sabotiers. Une petite bourgeoisie locale (deux bonnes douzaines de familles d'artisans certes, mais aussi deux notaires, un huissier, un juge, un chirurgien et deux apothicaires) dominait la vie paroisiale. La Révolution prit acte du rayonnement d'Arfeuilles en l'érigeant chef-lieu d'un canton (1791) qui réunissait les communes d'Isserpent, de Châtel-Montagne et de Châtelus. En 1800, le canton arfeuillat fut supprimé, écartelé entre celui de Lapalisse et celui du Mayet-de-Montagne. La vitalité des foires lapalissoises et le succès des ateliers de tissage de notre ville mirent à mal les ateliers des bords du Barbenan.
Bien vite, le bourg d'Arfeuilles s'assoupit, faute d'avoir pu s'inscrire dans la révolution des transports du XIXe siècle. A la fois trop éloigné du tracé rénové de la route royale de Paris à Menton (future Nationale 7) et de la ligne ferroviaire PLM de Roanne à Saint-Germain-des-Fossés, Arfeuilles resta en marge des accélérations du siècle. Pour répondre au déclassement de leur commune, la bourgeoisie d'Arfeuilles soutint la création d'un petit séminaire (qui fonctionna de 1828 à 1847, transformé par la suite en un pensionnat tenu par des Maristes jusqu'en 1878, puis en une Ecole libre qui ferma définitivement ses portes en 1905) et celle d'un hospice fondé en 1863 et dirigé par les soeurs du Bon-Pasteur. Enfin, Arfeuilles, aux avant-postes des terres cristallines de l'ensemble Madeleine-Forez, connu à partir des années 1880  une spectaculaire décrue démographique (2 000 habitants en 1900, 635 au dernier recensement) qui saigna à blanc le monde rural.
 

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

samedi 3 avril 2021

Photos à la Une : 16 mai 1982, 1/4 de finale du championnat de France 3eme série de rugby Ouveillan - Lapalisse

Dimanche 16 mai 1982, à Bourg-les-Valence, le Rugby Club Lapalissois affronte en 1/4 de finale du championnat de France 3eme série, les Audois d'Ouveillan. Dans la file de gauche, celle des Lapalissois, on reconnaît, Leroy, Geneste, Ferrero, Ramillien, Méténier. A l'issue d'un match très serré, les Lapalissois s'inclinent 9 à 0. Deux semaines plus tard, Ouveillan devint champion de France. Ce parcours en phases finales demeura le meilleur parcours du club des bords de Besbre jusqu'à un autre 1/4 de finale disputé en 2003, cette fois-ci en 1ere série, face aux Franciliens de l'AC Chevreuse.

Echange des fanions entre les deux capitaines, Alain Leroy et Bernard Biard. Un grand remerciement à Serge Masson, mémoire du Rugby club d'Ouveillan ainsi que de sa commune. 




vendredi 26 février 2021

Dernière Minute : lorsque la bêtise peine à se confiner

  Avec les premiers rayons de soleil, les idées de génie du piètre Conseil Municipal lapalissois sont de retour : confier une mission d'expertise à une société d'architectes, l'Atelier de Montrottier, en vue de penser la redynamisation du centre-bourg. De prime abord, cela pourrait sembler loin d'être ridicule, mais à y regarder de plus près, le projet global manque justement de globalité. Cette démarche n'a d'ailleurs rien de novatrice car les premières expertises commanditées par une municipalité lapalissoise le furent... en 1977 et 1979, du temps du Docteur Grèze et du premier Contrat de Pays. Non, le plus inquiétant n'est pas là. Si les travaux de ce genre de bureau d'études permettent de conforter le bouclage de dossiers de financements publics, ils ne débouchent généralement que sur la naissance de coquilles vides, à savoir des centres-bourgs rénovés mais dont la vitalité n'est jamais revenue. Une fois de plus, la municipalité lapalissoise et, Jacques de Chabannes en premier, vont mettre sur pied une usine à gaz sans lendemains. Pour revitaliser la ville de Lapalisse, il faut, certes, redonner de l'attrait architectural au bâti, mais il faut surtout mener une véritable politique d'aide aux commerçants souhaitant s'implanter ou se développer. Les classes moyennes tant espérées par Jacques de Chabannes ne sont qu'une utopie, elles ne viendront jamais à Lapalisse, les nouvelles populations seront largement populaires et fragilisées par une crise qui dure. Le soutien à un commerce de proximité, bon marché est donc nécessaire.

Une photo à la Une : les chantiers de jeunesse dans les carrières de Saint-Prix (1942)

 

       Retrouver ici l'histoire de l'Ecole des Cadres des Vignauds

mercredi 20 janvier 2021

Pierre Chervin, hussard noir de la République

Photo de gauche : Pierre et sa femme vers 1900, photo de droite : Pierre Chervin à la fin de sa vie, dans les années 1950 (remerciements à Mme Claire Edelist, arrière-petite-fille de Pierre Chervin)

 

Pierre Chervin naquit en 1864 à Châtelus dans une famille de paysans. En 1875, le jeune Pierre Chervin intégra les bancs de l'école de la Congrégation de Graves située à deux kilomètres de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron). Un de ses oncles avait en effet donné une petite propriété à cette congrégation à charge pour elle d'instruire gratuitement l'un de ses neveux. Pierre Chervin y passa deux sombres années. Dès que l'oncle fut mort, les frères de Graves refusèrent de continuer d'accueillir gratuitement le jeune Chervin qui retourna alors dans son Bourbonnais natal où il seconda son père dans les travaux des champs entre l'âge de 13 et 17 ans. Durant cette période de sa vie, le jeune Pierre Chervin ne fréquenta l'école communale que durant les mois d'hiver. A l'automne 1881, Pierre Chervin put enfin reprendre des études complètes à l'école de Lapalisse. En l'espace de sept mois il y prépara avec succès le concours d'entrée à l'Ecole normale de Moulins, reçu 8eme sur 83 candidats. Pierre Chervin suivit les cours de l'Ecole normale de 1882 à 1885 et débuta sa carrière d'instituteur à l'école des mines de Bert où il avait en charge une classe de 102 élèves pour un traitement de 99 francs mensuels. Pierre Chervin fut ensuite en poste à Lusigny, puis à Moulins où il se maria en 1887 avec une jeune institutrice, Gilberte Bilhaud. Le couple fut nommé à Tréteau en 1889 afin de "laïciser" les écoles de la commune. En 1891, les Chervin furent nommés à Saint-Gérand-le-Puy, puis à Deux-Chaises en 1893 où ils demeurèrent jusqu'en 1904. A cette époque, Pierre Chervin remplissait également les fonctions de secrétaire de mairie. En 1904, Pierre Chervin fut nommé directeur de l'école de garçons de Lapalisse alors que sa femme devenait adjointe de l'école des filles. A force de se battre, Pierre Chervin obtint en 1910 la création d'un cours complémentaire à l'école de Lapalisse où il put former de jeunes gens au Brevet, au concours d'entrée à l'Ecole normale et au concours des Postes. Surmené, malade de la gorge et des intestins, Pierre Chervin obtint une retraite anticipée en 1913. Sa femme, également malade, avait cessé ses activités deux ans auparavant.
Pierre Chervin entra alors au Casino de Vichy comme comptable, poste qu'il occupa jusqu'en 1939, avec un intermède en 1914-1919 où il fut rappelé pour faire cours à l'école Carnot de Vichy. Durant toutes ces années, les Chervin partagèrent leur temps entre Bellerive (où ils occupaient un meublé durant la saison thermale) et Lapalisse où ils acquérirent en 1935 une maison assez cossue (située juste en face de l'actuel Musée d'Art brut). Les époux Chervin possédait également une petite exploitation agricole située aux Féjards, sur la commune de Droiturier. Cette ferme, louée à un métayer, leur venait de la famille Bilhaud qui la possédait depuis le début du XIXe siècle. Notons au passage que leur fille, Renée Chervin, épousa le poète prolétarien et pacifiste Marcel Martinet (1887-1944) qui vint souvent en villégiature aux Féjards.
Pierre Chervin, républicain radical convaincu, fut par ailleurs conseiller municipal et adjoint au maire de Lapalisse entre 1919 et 1935. Réélu en mai 1935 sur la liste radicale d'Auguste Coche désormais chef de file de l'opposition, Pierre Chervin démissionna en 1937 après s'être aperçu qu'il venait de voter (bien malgré lui, puisque son audition lui jouait souvent de facheux tours) une proposition portée à l'ordre du jour d'une réunion du conseil municipal par la majorité de droite.
Pierre Chervin s'éteignit à Lapalisse en mai 1959.
 
S. HUG