-


A la fin du XIe siècle, les sires de Bourbon devinrent les avoués (= protecteurs temporels) du prieuré de Souvigny (photo ci-contre de l'église Saint-Marc) qui les soutint spirituellement et financièrement dans leur expansion territoriale. La puissance clunisienne se montra d’ailleurs extrêmement bienveillante vis-à-vis de la politique féodale des sires de Bourbon. Autour de 953, les sires de Bourbon prirent possession du château de Bourbon (actuel Bourbon-l’Archambault). L’affaiblissement politique des Comtes de Bourges et des Comtes de Nevers permit à la dynastie bourbonnienne de s’étendre au cours du XIe siècle à partir de l’axe Souvigny-Bourbon. L’alliance avec la dynastie capétienne devint une réalité à la fin du XIe siècle et en 1120, Archambaud VII épousa la belle-sœur du roi, Agnès de Savoie. Dès lors, les sires de Bourbon furent de fidèles vassaux des rois de France et entreprirent de s’étendre vers le sud, en direction de l’Auvergne, afin de créer une marche face aux Plantagenêts. De 1198 à 1213, Gui de Dampierre, un seigneur champenois qui avait épousé Mahaud, la petite-fille d’Archambaud VII, fit la conquête de l’Auvergne au nom du roi. Pour le récompenser, Philippe Auguste lui donna en 1202 l’importante seigneurie de Montluçon. Au cours du XIIIe siècle, les Bourbon prirent pied sur la rive droite de l’Allier en prenant possession de Varennes, de Billy et de Lapalisse. En 1276, l’héritière des terres des Bourbon, Béatrice, épousa Robert de Clermont, sixième fils de Saint Louis. Robert apporta avec lui son comté de Clermont en Beauvaisis et resserra encore un peu plus les liens unissant les Bourbon aux Capétiens. Les Bourbon étaient désormais des pièces maîtresses sur l’échiquier politique du royaume. Les deux successeurs de Robert de Clermont et de Béatrix, Louis Ier et Pierre Ier servirent fidèlement les intérêts du roi et, en 1327, Charles IV érigea en duché la vieille baronnie de Bourbon. Le principat du duc Louis II (1356-1410) fut l’un des plus importants tant au niveau territorial qu’en termes d’organisation administrative. Pourtant, tout avait plutôt mal débuté. Retenu otage à Londres entre 1360 et 1366, afin de garantir la bonne exécution du Traité de Brétigny, Louis II dut à son retour libérer son duché des bandes de routiers et d’Anglais qui occupaient encore une douzaine de places-fortes. Grâce à son mariage en 1371 avec Anne Dauphine (= du Dauphiné d’Auvergne dont la petite capitale historique est la ville de Billom), Louis II put rattacher à son duché la châtellenie de Thiers. L’année suivante, le Forez rendra dans le giron des Bourbon, acheta la Combraille, mit la main sur la ville de Vichy et rattacha enfin en 1400 le Beaujolais à sa construction princière. Afin de centraliser l’administration de ses terres, Louis II créa en 1374, une Chambre des Comptes ducale.


-
S. HUG
Aucun commentaire :
Enregistrer un commentaire