mercredi 20 janvier 2021

Pierre Chervin, hussard noir de la République

Photo de gauche : Pierre et sa femme vers 1900, photo de droite : Pierre Chervin à la fin de sa vie, dans les années 1950 (remerciements à Mme Claire Edelist, arrière-petite-fille de Pierre Chervin)

 

Pierre Chervin naquit en 1864 à Châtelus dans une famille de paysans. En 1875, le jeune Pierre Chervin intégra les bancs de l'école de la Congrégation de Graves située à deux kilomètres de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron). Un de ses oncles avait en effet donné une petite propriété à cette congrégation à charge pour elle d'instruire gratuitement l'un de ses neveux. Pierre Chervin y passa deux sombres années. Dès que l'oncle fut mort, les frères de Graves refusèrent de continuer d'accueillir gratuitement le jeune Chervin qui retourna alors dans son Bourbonnais natal où il seconda son père dans les travaux des champs entre l'âge de 13 et 17 ans. Durant cette période de sa vie, le jeune Pierre Chervin ne fréquenta l'école communale que durant les mois d'hiver. A l'automne 1881, Pierre Chervin put enfin reprendre des études complètes à l'école de Lapalisse. En l'espace de sept mois il y prépara avec succès le concours d'entrée à l'Ecole normale de Moulins, reçu 8eme sur 83 candidats. Pierre Chervin suivit les cours de l'Ecole normale de 1882 à 1885 et débuta sa carrière d'instituteur à l'école des mines de Bert où il avait en charge une classe de 102 élèves pour un traitement de 99 francs mensuels. Pierre Chervin fut ensuite en poste à Lusigny, puis à Moulins où il se maria en 1887 avec une jeune institutrice, Gilberte Bilhaud. Le couple fut nommé à Tréteau en 1889 afin de "laïciser" les écoles de la commune. En 1891, les Chervin furent nommés à Saint-Gérand-le-Puy, puis à Deux-Chaises en 1893 où ils demeurèrent jusqu'en 1904. A cette époque, Pierre Chervin remplissait également les fonctions de secrétaire de mairie. En 1904, Pierre Chervin fut nommé directeur de l'école de garçons de Lapalisse alors que sa femme devenait adjointe de l'école des filles. A force de se battre, Pierre Chervin obtint en 1910 la création d'un cours complémentaire à l'école de Lapalisse où il put former de jeunes gens au Brevet, au concours d'entrée à l'Ecole normale et au concours des Postes. Surmené, malade de la gorge et des intestins, Pierre Chervin obtint une retraite anticipée en 1913. Sa femme, également malade, avait cessé ses activités deux ans auparavant.
Pierre Chervin entra alors au Casino de Vichy comme comptable, poste qu'il occupa jusqu'en 1939, avec un intermède en 1914-1919 où il fut rappelé pour faire cours à l'école Carnot de Vichy. Durant toutes ces années, les Chervin partagèrent leur temps entre Bellerive (où ils occupaient un meublé durant la saison thermale) et Lapalisse où ils acquérirent en 1935 une maison assez cossue (située juste en face de l'actuel Musée d'Art brut). Les époux Chervin possédait également une petite exploitation agricole située aux Féjards, sur la commune de Droiturier. Cette ferme, louée à un métayer, leur venait de la famille Bilhaud qui la possédait depuis le début du XIXe siècle. Notons au passage que leur fille, Renée Chervin, épousa le poète prolétarien et pacifiste Marcel Martinet (1887-1944) qui vint souvent en villégiature aux Féjards.
Pierre Chervin, républicain radical convaincu, fut par ailleurs conseiller municipal et adjoint au maire de Lapalisse entre 1919 et 1935. Réélu en mai 1935 sur la liste radicale d'Auguste Coche désormais chef de file de l'opposition, Pierre Chervin démissionna en 1937 après s'être aperçu qu'il venait de voter (bien malgré lui, puisque son audition lui jouait souvent de facheux tours) une proposition portée à l'ordre du jour d'une réunion du conseil municipal par la majorité de droite.
Pierre Chervin s'éteignit à Lapalisse en mai 1959.
 
S. HUG

vendredi 20 novembre 2020

Une grande inconnue du XIXe siècle lapalissois : la Garde Nationale

Créée en 1789, la Garde Nationale exista partout en France jusqu'en 1872. Elle fut conçue dès l'origine comme l'expression de la Nation en armes. Dans chaque ville et village, les hommes majeurs imposés avaient l'obligation de s'équiper, de s'armer et de s'entraîner. La Garde Nationale, par delà 1848, demeura donc dans les faits le reflet du régime censitaire qui l'avait vu naître. Alors que les officiers de La Garde Nationale étaient majoritairement issus des rangs des propriétaires et des professions libérales, les sous-officiers et les hommes du rang étaient quant à eux issus du monde aisé des commerçants, de la paysannerie et de l'artisanat. Si la Garde Nationale ne joua un véritable rôle militaire d'appoint que dans la Capitale et dans quelques grandes villes françaises, notamment lors d'épisodes insurrectionnels, durant son existence cette institution fut essentiellement confinée dans une fonction de parade. Pourtant, il ne faudrait pas croire que la Garde Nationale était socialement inutile, ses rénuions permettaient à ses membres de se forger une conscience de classe et de participer aux débats politiques de l'époque. 

Voici le brevet de lieutenant de la Garde Nationale de La Palisse délivré en 1816 à Jean-Claude Dauvergne, Percepteur des Contributions Indirectes du lieu. Malheureusement, nous savons très peu de choses sur la Garde Nationale lapalissoise tant ses mentions sont rares dans les archives qui nous sont parvenues. Cependant, des recherches poussées permettraient sans aucun doute de mettre en lumière les connexions qui ont existé au milieu du XIXe siècle entre cette Garde et la première compagnie de Sapeurs-pompiers lapalissois ainsi que la création, à la même époque, de la fanfare locale. 

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

lundi 28 septembre 2020

In Memoriam, Jean-Pierre Pophillat vient de nous quitter

 

L'artiste peintre Pophillat né à Lapalisse en 1937 nous a quittés la semaine dernière. Ses obsèques auront lieu ce mardi 29 septembre en l'église Saint-Roch de Paris. Retour sur sa carrière en lisant Jean-Pierre Pophillat, maître de la couleur et de la lumière.