mardi 22 décembre 2009

Les 26 et 27 décembre 1999, la tempête du siècle passe sur Lapalisse


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Il y a dix ans, les 26 et 27 décembre 1999, deux tempêtes d'une intensité et d'une ampleur rarement observées balayaient le territoire national. A Lapalisse, de nombreuses toitures furent endommagées et des arbres déracinés. Le corps des sapeurs-pompiers effectua une cinquantaine d'interventions en moins de 48 heures. Les deux édifices les plus fragiles de la ville, l'église Saint-Jean-Baptiste et le château de La Palice, furent les premiers à souffrir lors du passage de ces deux tempêtes. Alors que les dégâts sur la couverture du château fut estimés à 230 000 francs, une vingtaine d'arbres (dont une bonne dizaine étaient bicentenaires) furent déracinés ou gravement abîmés dans le parc (voir photo ci-dessus).





S. HUG



HUGSTEPHANE@aol.com

samedi 19 décembre 2009

Un coup de gueule : que faire de Lapalisse ?

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La récente constitution d’un Conseil d’exploitation de l’Office de Tourisme du Pays de Lapalisse, devant remplacer à partir du 1er janvier 2010 l’Association du même Office dissoute le mois dernier, est un mauvais signal lancé tant à l’opinion publique du Pays lapalissois qu’en direction des acteurs du tourisme régional. Finalement, on prend les mêmes et on continue… On resserre encore un peu plus le groupe des décideurs quitte à encourir le risque de se couper de la population. Pourtant, la réussite d’un développement touristique harmonieux passe toujours par une prise de conscience collective. Certes, l’apathie lapalissoise est légendaire, mais tous les amoureux de ce pays ont le devoir d’être des semeurs d’idées. A l’heure des « votations citoyennes », personne ne sait par exemple ce que les Lapalissois pensent véritablement de l’image de leur ville et quelles sont leurs idées en matière de promotion touristique. Peut-être a-t-on tout simplement peur que le miroir populaire ne renvoie le visage de l’immobilisme ? Dans un article récent, je vous avais fait part de mes interrogations face à la perte de compétitivité du Pays de Lapalisse sur le marché du tourisme local, désormais il ne s’agit plus de doutes mais de craintes portant sur l’absence d’un véritable projet touristique d’avenir pour notre ville. Quelles sont dans ce domaine les perspectives à long terme dégagées par l’actuelle municipalité ? Personne ne le sait !
Rappelez-vous, lors de la campagne pour les élections municipales de mars 2008, Jacques de Chabannes avait lancé la louable idée de développer les relations entre la SCI du Château de La Palice et la municipalité afin de créer un véritable partenariat entre les gestionnaires du monument historique et les édiles locaux. Si la réalisation d’un tel partenariat est techniquement et juridiquement possible, elle est revanche extrêmement périlleuse en terme de gestion politique pour l’actuel maire. En l’état, rien de nouveau ne viendra du château de La Palice, l’avenir proche est donc à ses pieds. Justement, en contrebas de celui-ci mûrit le projet de réhabilitation de tout un groupe de maisons situées Place Bécaud afin de transformer chaque étage en appartement et chaque rez-de-chaussée en cellule commerciale ayant vocation à accueillir des artisans d’art. L’artisanat d’art a certes le vent en poupe, mais jusqu’à quand ? Les retombées économiques ne sont d’ailleurs pas toujours, loin s’en faut, au rendez-vous. En l’occurrence, il s’agit toujours plus de vitrines ne fonctionnant que quelques mois dans l’année que de réels moteurs économiques. En revanche, l’un des grands avantages de l’artisanat d’art est d’introduire dans les zones rurales toute une nouvelle catégorie sociologique (les néoruraux) capables, au travers de projets forts, de construire des liaisons entre monde urbain et monde rural. Mais est-on prêt à Lapalisse à partager le pouvoir avec des néoarrivants ?
En complément de cette future activité d’artisanat d’art et afin de redonner vie à la « Place du Moulin », pourquoi ne pas tester une idée totalement novatrice : celle d’une scénographie historique implantée dans une des futures cellules commerciales. Il s’agirait tout bonnement de reconstituer un atelier ou une boutique d’autrefois (menuisier, épicier ou couturière par exemple) et de faire vivre cet endroit autour d’un comédien (ou d’une comédienne) qui y accueillerait les visiteurs et serait capable de recomposer à la fois la vie de sa boutique et celle de la ville, il y a un ou deux siècles, au travers d’une performance durant quelques dizaines de minutes. Un tel lieu pourrait même être utilisé une bonne partie de l’année en en faisant une véritable scène pédagogique grâce à la signature d’un partenariat avec l’Éducation nationale. Ce « spectacle » pourrait bien entendu être parfaitement intégré dans le déroulement des visites de la ville organisées par l’Office de Tourisme, celles-là mêmes qui constituent, pour l’heure, le plus solide outil promotionnel dont nous disposons.

Que faire de l’ancienne Nationale 7 bientôt rénovée de fond en comble ? S'agira-t-il simplement d'un espace vide de sens ?
Organiser tous les deux ans un grand embouteillage de véhicules anciens à Lapalisse est une chose, mais cela ne relève que de l’événementiel et, notons au passage, que cette initiative n’a été rendue possible que grâce au travail efficace de l’équipe municipale précédente et au talent de Thierry Dubois. Comment faire de la traversée de Lapalisse un lieu attractif, pérenne et original ? Pourquoi ne pas découper le tronçon situé en cœur de ville en trois compartiments historiques qui permettraient aux visiteurs de remonter l’histoire de cette route depuis les années 80 jusqu’aux années de la conquête de l’automobile en passant par les sixties ? En partenariat avec le Musée d’Art brut (un lieu qu'il faudra bien sauver) on pourrait très bien installer à l’intérieur de chacun de ces tronçons des réalisations plastiques exposées à mi-hauteur traduisant l’esprit de la route et du tourisme au fil du temps. Un tel projet serait permanent, évolutif et permettrait de faire descendre l'art dans la rue.

Tout reste donc à construire à Lapalisse.

Pour l’heure nous vous proposons, chers lecteurs, de participer à un sondage, que vous trouverez dans la colonne de droite de PALICIA afin de connaître votre opinion sur l’image actuelle de notre ville.

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S. HUG


mercredi 16 décembre 2009

In Mémoriam : Jacqueline Dubuis, grande figure lapalissoise, vient de nous quitter

Jacqueline Dubuis vient de nous quitter cette semaine à l'âge de 89 ans. Grande figure de la vie lapalissoise de la seconde moitié du XXe siècle, cette dame ne fut pas seulement l'active pharmacienne de la rue du Commerce que nous avons tous connus, elle fut aussi pendant de longues années Présidente de la Croix Rouge lapalissoise et la seule femme du paysage politique local. Arrivée en tête du décompte des voix lors du premier tour des élections municipales de mars 1971, elle fut alors pressentie pour succéder à Lucien Colon à la tête de la ville, avant que le choix final du nouveau conseil municipal ne se porte sur le docteur Grèze dont elle fut l'adjointe entre 1971 et 1977.

mardi 8 décembre 2009

Le Pays lapalissois a-t-il perdu une bataille ?

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Le 23 novembre dernier l’Association de l’Office de tourisme du Pays de Lapalisse a été dissoute et remplacée par un Service Public Administratif dépendant de la Com com. On aura beau nous dire que ce transfert permettra à la fois des économies d’échelle, une meilleure gestion des investissements et une plus grande technicité, il n’en demeure pas moins que cette décision fait apparaître au grand jour un handicap propre au Pays lapalissois : son incapacité atavique à croire en lui. En fédérant autour de ses structures le groupe des acteurs et des décideurs de la promotion territoriale, la Com com cherche à pallier cette inertie collective.
Alors que les nouvelles équipes, installées après les élections municipales de 2008, rêvaient de réduire la distance les séparant de leurs administrés, les voici, rattrapées par la réalité du terrain, obligées d’inventer une structure satellitaire appelée à graviter dans l’ombre de la Com com. A l’heure où le Saint-Pourcinois et le Pays Gannatois mènent des campagnes promotionnelles ambitieuses, où les habitants du Pays de Tronçais et de la Montagne bourbonnaise sont convaincus de vivre et d’animer un territoire bien individualisé, le Pays lapalissois est peut-être en train de perdre une bataille sur le terrain de la communication faute de combattants.

Le Pays de Lapalisse existe, mais malheureusement bien peu de gens s’en rendent compte. Le Pays de Lapalisse ne se résume pas seulement au territoire communautaire créé fin 1998, il s’agit d’un véritable territoire social, inscrit dans la ruralité et animé par une multitude de flux organisés autour de notre bourg-centre. Hélas, le Pays lapalissois souffre d’un problème d’identité (excusez du peu, le mot est à la mode !). Il est plus facile, par exemple, de se revendiquer de Tronçais tant la forêt a fini par façonner la perception mentale de ses habitants que de reconnaître son appartenance au Pays de Lapalisse. Et pourtant, notre identité peut être définie comme une certaine pratique du territoire rural. C’est justement cette ruralité que nous devons nous efforcer de vendre. Entendons-nous bien sur les mots afin de ne pas répéter l’erreur trop souvent commise en d’autres lieux : la ruralité n’est en aucun cas un territoire virtuel et idéalisé, il s’agit d’un espace vivant dans lequel les habitants ont tout autant de sens que le cadre environnemental qu’ils peuplent. Arrêtons de vouloir bâtir des territoires sanctuarisés où la nature aurait plus de valeur que l’homme. La ruralité, c’est justement la maîtrise raisonnée de la nature, il ne s’agit pas d’un concept, mais tout simplement d’un héritage historique bien antérieur à la naissance de l’écologie.

Le Pays lapalissois ne manque pas d’atouts, ce qui lui manque c’est de pouvoir les fédérer et de donner un sens au message adressé au grand public. Cette notion de ruralité deviendrait d’un coup une réalité identifiable par tous si elle était contenue dans une sorte de Pack ruralia proposant un accès global, ou à la carte, à la totalité de l’offre du Pays lapalissois : tables d’hôtes, gîtes ruraux ou hébergement en bungalows couplés à des visites d’exploitations classiques et de fermes biologiques, découvertes des paysages agraires autour d’animations guidées, découverte des transformations des produits agricoles à petite et grande échelles. Couronnant le tout, pourquoi ne pas créer une équipe qualifiée de guides personnellement attachés aux touristes durant la durée de leur séjour, ainsi qu’un véritable écomusée de la ruralité présentant toute l’évolution des pratiques agricoles bourbonnaises depuis la fin du XIXe siècle. Le projet, actuellement en sommeil, d’ouvrir un musée du machinisme agricole sur le site de l’ancienne SAMPC et la reconversion engagée depuis peu par le Lycée Antoine-Brun prendraient ainsi tout leur sens au sein d’un tel projet territorial.

Cette vision personnelle ne relève que de la prospective. A l’heure où la sortie de crise se fait attendre et où l’avenir des finances locales dépend de la finalisation de la réforme de la taxe professionnelle, formulons simplement le vœu qu’après les hautes eaux du temps des fondateurs, la Com com trouvera l’énergie et le talent pour continuer à faire vivre le Pays lapalissois.
S. HUG

vendredi 4 décembre 2009

La culture humaniste au vert

Beaucoup de gens l’ignorent, mais le bourg d’Arfeuilles abrite depuis près de cinquante ans l’une des très rares colonies maçonniques d’Europe continentale : l’UJM Clarté.


L’Union des Jeunesses Maçonniques Clarté a été créée en 1936. Son but fut dès le départ de fédérer l’ensemble des associations de jeunesse relevant des différentes obédiences maçonniques françaises. Si les premières colonies ouvrirent leurs portes à Saint-Nazaire, après la Seconde guerre mondiale, les colons s’établirent sur la côte charentaise. Ce ne fut qu’à la fin des années 50, sous l’impulsion du Frère Gagnepain (le titre de "frère" relève ici uniquement de la terminologie maçonnique) que l’UJM Clarté vint s’établir dans le bourg d’Arfeuilles. Depuis, tous les printemps et tous les étés, des dizaines de jeunes venus de toute la France et même parfois d’Europe viennent partager les valeurs de la culture hmaniste.






Deux groupes de colons dans les années 70



S. HUG


mercredi 2 décembre 2009

Aux origines de la promotion touristique de Lapalisse

Le développement de l'automobile, dans les années 1920, entraîna la mise à plat de l'espace français et la naissance de la concurrence touristique à l'échelle locale. Vanter les charmes et les atouts de son pays devint vite une nécessité économique afin de saisir le vent de la modernité.

Le 22 janvier 1934, dans la salle de la Justice de Paix de La Palisse fut créé le premier Syndicat d'initiative de notre ville, présidé par l'hôtelier Pierre Dulout. Confronté à la problématique d'exister dans l'orbite de Vichy, ce Syndicat édita rapidement une carte postale recensant les atouts de notre ville :



Si le château de La Palice (qui ne se visitait pas à l'époque) était déjà la pierre angulaire du patrimoine touristique lapalissois, le Syndicat d'initiative choisit de communiquer autour de la Besbre (baignade et pêche sur le site du Moulin Marin, ramassage des écrevisses en amont de la ville), des échanges agricoles engendrés par les foires et les marchés (boeufs gras, motte de beurre...) et des industries locales (usine Barthelot et Grumbar, boisselerie d'Antoine Guy). Alors que l'église Saint-Jean-Baptiste et le viaduc de Saint-Prix sont représentés comme éléments architecturaux notables, la vieille maison à pans de bois située à l'angle de la rue du Commerce et de la rue Notre-Dame ainsi que l'ancienne Hostellerie du Puits de l'Image n'occupent pas encore la place centrale qu'ils trouveront au coeur de la symbolique de notre ville au cours des années 60-70.




Ce fut le soir du mercredi 7 juillet 1937 que fut réalisée la première illumination du Château de La Palice par la Compagnie des lampes MAZDA. Le journal local Les Vérités de Lapalisse relata cette soirée inoubliable au travers de lignes remplies de verve : "les rues étaient noires de monde et les coteaux voisins abondamment garnis. C'est, du reste, de là que le spectacle était le plus intéressant et de Bel-Air, par exemple, le château semblait un bloc de cristal incandescent. La presse a donné de copieux comptes rendus de Vérifier l'orthographecet événement. Joignons-nous à elle pour féliciter la Municipalité et le Syndicat d'Initiative qui ont obtenu sa réalisation. "

Tous les espoirs locaux furent coupés nets par la guerre et l'occupation. Ce ne fut qu'au début des années 1950 que les campagnes d'illumination du château reprirent véritablement pour aboutirent, en 1955, à la création d'un spectacle Son et Lumières qui enchanta les nuits lapalissoises pendant un quart de siècle.

S. HUG


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jeudi 22 octobre 2009

L'abbé Gabriel Déret

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Pendant près de trente deux ans, l'abbé Déret incarna l'Église à Lapalisse. De nombreux Lapalissois se souviennent encore de ce prêtre d'exception qui avait gardé de son engagement militaire une certaine allure martiale. Fustigeant souvent lors de ses sermons la perte des valeurs chrétiennes et l'effritement de la cellule familiale, je le vois encore venir chercher par les oreilles, et cela en plein office, les jeunes ouailles trop peu attentives à son goût pour les placer près de l'autel... Homme animé d'une vraie bonté, participant à de nombreuses sociétés lapalissoises, l'abbé Déret fut un trait d'union entre l'Eglise de l'avant-Vatican II et celle de l'ouverture sur le monde moderne.

Gabriel Déret était né à Cosne-d'Allier en 1910. Sa prime jeunesse fut marquée par la Grande Guerre qui lui arrivait d'évoquer en chaire. Entré à l'Institution du Sacré-Coeur en 1923, puis au Grand Séminaire de Champfeu en 1927, il fut ordonné prêtre en 1934. Tout d'abord professeur à l'Institution du Sacré-Coeur, il devint ensuite vicaire à Gannat. En 1939, Gabriel Déret choisit de s'engager dans l'armée et devint officier avant d'être blessé et envoyé en Allemagne en captivité. A la Libération, il devint curé de Jenzat, puis curé-doyen de Jaligny en 1947. En 1954, il devint enfin curé-doyen de Lapalisse.

Gabriel Déret en 1939





L'abbé Déret et les communiants de 1957

(cliché aimablement communiqué par Jean-Pierre Chervin)


Décoré de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre, l'Abbé Déret fut Président cantonal des Anciens Combattants Prisonniers de Guerre et Président national des Prêtres anciens combattants. Une semaine après avoir célébré sa messe d'adieu et alors qu'il s'apprêtait à quitter sa chère ville de Lapalisse pour prendre une retraite bien méritée, Gabriel Déret fut terrassé par une crise cardiaque le 26 juillet 1986.

Deux souvenirs personnels : sa messe de jubilé, célébrée en 1984 où son charisme illumina toute l'assistance et la visite impromptue, un soir de kermesse, de son petit musée religieux aménagé tout contre la chapelle de l'école Notre-Dame, collection qu'il légua d'ailleurs juste avant sa mort à la Société d'Emulation du Bourbonnais et aujourd'hui visible au Musée Bourbonnais de Moulins.




L'abbé Déret dans les années 60



A voir sur le site de la ville de Lapalisse : les pages consacrées au musée des drapeaux du Monde, collection patiemment réunie par l'abbé Déret





S. HUG


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samedi 17 octobre 2009

Le bonheur de l'historien

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Le 11 octobre dernier, dans la salle Carrefour de Positions de Bransat, Marie-Madeleine Richard reçu des mains de Jean Cluzel, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences morales et politiques, le Prix Allen dans la catégorie du Mémorial communal pour "Chronique d'un village, Andelaroche au XXe siècle". Si le Prix Allen récompense malheureusement trop souvent des ouvrages se prétendant historiques et qui ne sont en fait qu'une simple compilation érudite, cette fois-ci, le Prix distingue un ouvrage collectif d'une rare perfection. Aux côtés de Marie-Madeleine Richard, cheville ouvrière de ce projet, une soixantaine d'Andais collectèrent pendant de longs mois souvenirs, anecdotes et documents iconographiques afin de réaliser la somme mémorielle la plus complète de notre province. Cet ouvrage mériterait d'être connu par l'ensemble des ruralistes français car il s'agit d'un outil de travail de première main permettant de mesurer, à l'échelle de la longue durée, l'importance des grandes ruptures et des petites respirations qui ont jalonné le passage des sociétés traditionnelles aux sociétés modernes.

Chronique d'un village est enfin une vraie leçon de vie pour nous autres historiens qui avons souvent tendance à trop conceptualiser nos lectures du passé en nous réfugiant derrière un jargon épineux. Ces Andais nous ont ramené aux sources de l'histoire : tout simplement le récit du passé, un vrai bonheur.



S. HUG


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jeudi 8 octobre 2009

Le refuge polonais d'Isserpent

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Durant l'été, Madame Noélie Morlat, dont le café-restaurant anima pendant de longues années la place d'Isserpent, me parla d'une demeure cossue du bourg, connue sous le nom de La Réserve ou de La vieille Poste qui aurait été construite par un réfugié polonais au cours du XIXe siècle.

L'archiviste de la Bibliothèque polonaise de Paris aiguilla immédiatement mes recherches sur le Baron Napoléon-Ignace Gostowski dont le destin vaut le détours.





La demeure du Baron Gostowski à Isserpent fut le siège de la Poste du village entre 1898 et 1910 (d'où le nom de Vieille Poste). Le Comte Thiollière, propriétaire du château de Beauplan, avait acquis cette bâtisse à la fin du XIXe siècle et en avait fait le grenier à grains de ses vastes propriétés (d'où le nom de Réserve).
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Napoléon Ignace GOSTKOWSKI (baron von Gostkowski) naquit à Cracovie en Pologne le 2 août 1807. Issu d’une vieille famille noble, il entra à l’Ecole militaire en 1825. En 1830-1831, il prit part à l’insurrection polonaise contre la domination russe. Il reçut la Croix d’or militaire polonaise en mars 1831 après la bataille de Grochow et fut nommé major en août de la même année. A l’automne 1831, l’insurrection polonaise fut écrasée par l’armée russe, Napoléon Ignace Gostkowski prit alors le chemin de l’exil en direction de la France. Il fut affecté, en 1832, au dépôt des réfugiés polonais établi à Bourges.

A une date inconnue, notre homme quitta le métier des armes pour effectuer une reconversion réussie dans l’encadrement de l’administration locale des Ponts et Chaussées en devenant agent voyer (l’équivalent de nos jours d’ingénieur de la DDE).

Ce fut de toute évidence entre 1833 et 1837 que Napoléon Ignace Gostowski fit construire une demeure de type « bourgeois » dans le bourg d’Isserpent. Le maire de l’époque, Jean-Baptiste Michel, riche propriétaire terrien (la troisième fortune du canton), ancien chirurgien de la Grande Armée, bonapartiste notoire et franc-maçon moulinois (à cette époque, les réseaux maçonniques sont constamment venus en aide aux réfugiés politiques européens : Espagnols, Italiens, Grecs et Polonais notamment), semble avoir bien servi les intérêt du jeune baron polonais dans cette affaire. Nous ignorons malheureusement tout des conditions d’acquisition du foncier et de la cession ultérieure de ce bien.


En 1837, Gostkowski épousa, dans le Cher, Laurence Archambault des Chaumes (1817-1890) qui fut parfois appelée baronne Gostkowska. Napoléon Ignace Gostkowski ne fut naturalisé français qu’au printemps 1848, à cette époque il était en poste dans le département de la Nièvre.
Napoléon Ignace Gostkowski décéda le 10 mars 1881 à Issoudun (Indre).


S. HUG


jeudi 1 octobre 2009

Un lieu central : le vieil hôpital de La Palisse

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La fondation de l'hospice de la Providence de La Palisse par Claude-Maximilien de La Guiche et sa femme, Suzanne de Longaunay, en 1656, s'inscrit dans un XVIIe siècle, le Siècle des Saints, marqué par un renouveau de la piété catholique. Le vieil hôtel-Dieu de la rue Notre-Dame étant devenu depuis bien longtemps totalement obsolète, cette fondation fut tout autant un acte de dévotion qu'un acte politique visant à apporter une réponse face à la montée du paupérisme rural. La nouvelle fondation fut grassement dotée : Claude-Maximilien de La Guiche accorda une rente annuelle de 300 livres, sa soeur, la Comtesse de Ventadour, donna la somme de 1 500 livres, à cela s'ajouta une rente annuelle de 39 quartes de seigle à prendre dans les greniers seigneuriaux, des droits d'usage dans les bois de la seigneurie, une dîme sur la paroisse de Servilly, la propriété de deux maisons et d'une chenevière situées dans La Palisse et une rente de 99 livres annuelles. Un terrain de six quartellées (environ 6 000 mètres carrés) fut acheté au faubourg de Paris pour "La closture du couvent qui sera par elles construit et à leurs frais comme aussy des bastiments nécessaires audit hospital, chapelle ou église, cimetière des pauvres religieuses, jardin, vergier et autres choses qui seront comprises dans ledit enclos." . L'acte de fondation prévoyait que les Augustines de Clermont devaient entretenir dans leur hospice de La Palisse deux lits pour les hommes et deux lits pour les femmes et en créer deux autres quatre années plus tard. L'établissement devait accueillir en priorité les "gens de La Palisse et autres terres du seigneur" et "on ne reçoit point d'incurables, ny gens attaqués de maladies pestilencielles ou de playes et maladies indécentes, ny à faire amputations de membres." Par ailleurs, les quatre premières religieuses furent tenues d'instruire gratuitement les filles de La Palisse et d'entretenir quatre enfants pauvres désignés par le seigneur de la ville. Ce même seigneur désignait un directeur devant administrer le temporel de l'établissement et présenter les comptes de recettes et dépenses, ainsi que les médecins et les chirurgiens chargés de visiter les malades. Enfin, chaque jour un chapelain (désservant également la chapelle Saint-Ligier du château) officiait dans la chapelle de l'hospice.

Pendant la période révolutionnaire, les biens et l'administration de l'hôpital furent sécularisés et placés sous la tutelle des premières municipalités qui se plaignaient déjà de la vétusté des bâtiments et du manque de moyens. Les Religieuses augustines firent leur retour sous la Restauration, la gestion de l'établissement fut alors confié à un Conseil d'administration composé d'élus municipaux, de notables locaux, d'un ou deux médecins lapalissois et du curé de la paroisse.

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L'hôpital de La Palisse peu avant la Grande Guerre. Désaffectée en 1922, le bâtiment abrita dès 1925 le premier cinéma de la ville, Le Palace, ainsi qu'un bistrot. La chapelle servit quant à elle pendant de longues années de salle de répétition à la société musicale.

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La tombe des dernières supérieures de l'Hôpital de La Palisse (cimetière municipal)


Juliette Roulleau (1837-1905), en religion soeur Euphémie, supérieure de l'hôpital de La Palisse de 1882 à sa mort.




Vue sur l'abside de la chapelle de l'ancien hôpital. Cette chapelle, aujourd'hui désaffectée et fermée à la visite, possède un plan rectangulaire avec des voûtes d'arête, une abside en cul-de-four et elle est éclairée par deux fenêtres cintrées. La nef est divisée en trois petites travées par des arcs-doubleaux qui s'amortissent sur des consoles. Cette chapelle abrita pendant longtemps un mausolée renfermant le coeur de Claude-Maximilien de La Guiche, fondateur de l'hospice, mort à Moulins en 1659.


S. HUG





samedi 19 septembre 2009

En point d'orgue : la catastrophe du dirigeable République

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L'Illustration du 2 octobre 1909 - Dessin établi à partir du récit des témoins du drame

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Dans une lettre datée du 26 septembre, Léonie Fradin, épouse de Paul Raby, architecte de la Ville de Lapalisse, raconte à son fils Marcel le dernier vol du dirigeable République :


"Maintenant, mon cher Marcel, que je te raconte l’épouvantable catastrophe du dirigeable que tu liras avec plus de détails dans tous les journaux.
Hier, samedi à 4h1/2 du matin nous entendons un camion automobile rouler dans les rues ; je dis à ton père : « c’est au moins le ballon qui part aujourd’hui, car les autres jours ils ne sont pas si matinals (sic) » ; aussitôt le jour arrivé nous montons au grenier et apercevons le hangar ouvert. Comme je tenais essentiellement à le voir partir, avec ta sœur, nous nous habillons à la hâte et montons au hangar ; le ballon était en effet sorti et prêt à partir. Le capitaine Marchal, le lieutenant Chauré et les deux adjudants Vincenot et Réaux montent dans la nacelle et font leurs préparatifs de départ. Quelques instants après le dirigeable s’élève gracieux et majestueux dans le ciel bleu. La foule applaudit, les aéronautes répondent par des signaux, le képi à la main, l’un même agite un mouchoir en signe d’adieu. Jamais nous n’avons vu le ballon d’aussi près ; aucun des détails ne nous a échappé. Charles qui se trouvait auprès de nous, nous a donné toutes les explications désirables. Tant que nous avons aperçu le ballon nous l’avons suivi des yeux ; puis une fois qu’il a eu disparu à nos regards, nous nous sommes décidés à descendre. Une heure après ils étaient à Moulins où une ovation des plus enthousiastes lui a été faite. Mais hélas à 8 heures ½ , à Trévol, devant le château d’Avrilly qui appartient à M. de Chabanne La Palice, cousin du marquis, se produit l’épouvantable accident qui devait coûter la vie aux quatre malheureux qui le montaient.
Une pale d’hélice se détache et est projetée par la vitesse dans l’enveloppe qu’elle traverse de part en part ; une explosion se produit et le ballon de 200 mètres d’altitude tombe sur le côté de la route, ensevelissant sous ses débris dans la nacelle les quatre malheureux officiers. La pale a été retrouvée dans un arbre à 100 m de l’accident avec un lambeau de l’enveloppe du ballon. Aussitôt les spectateurs qui se trouvaient là se mettent en devoir de dégager les malheureux. Tous étaient morts. Le capitaine Marchal avait un trou dans la tête causé par un tube et le cerveau sortait, le lieutenant avait également des blessures à la tête ; quant aux deux adjudants, il a fallu un temps infini pour les dégager de dessous le moteur qui les avait broyés. Tu vois mon cher Marcel, quelle triste fin. Ils n’ont, parait-il, pas souffert physiquement, ayant été tués sur le coup, mais ils se sont vus perdre. Ici tout le monde est dans la consternation ; les drapeaux sont en berne et nous revenons à l’instant d’un service funèbre dit à leur intention dans l’église de Lapalisse.

Ta lettre nous est parvenue ce matin …..Envoie nous de tes nouvelles le plus tôt possible. Ci-joint ton mandat.

Toute la famille se joint à moi pour t’embrasser bien fort.

Ta maman qui t’aime bien.

Léonie"





A Versailles, dans la cour de la caserne du Ier Génie - départ du cortège funèbre pour la cathédrale où se déroula une messe lors de des funérailles nationales de l'équipage du République.

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Remerciements à M. Zaccone, descendant du couple Fradin-Raby, pour son aide documentaire.


S. HUG


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vendredi 18 septembre 2009

Le Centenaire des Grandes Manoeuvres du Bourbonnais (Chapitre IV) : un moment de communion avec l'armée

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La France de la Belle Époque glorifiait son armée et avait inventé une sorte de culte républicain autour de celle-ci. Pendant ces journées de septembre 1909, Lapalisse fut au centre de cette religion tricolore.



Pour la plupart fils de la terre, de nombreux soldats nouèrent des contacts spontanés avec les paysans des environs de Lapalisse.


"Je rentre à Lapalisse alors que le dirigeable vient d'atterrir dans la plaine de Rosières. Il règne sur ce point un mouvement extraordinaire. Depuis huit jours on y a élevé des buvettes, des restaurants, des cantines qui toutes font des affaires, l'établissement de la vaillante cantinière Magnol ne désemplit pas, il y a beaucoup de monde dans une auberge ambulante qui a pris pour titre "Au dirigeable". A Lapalisse, il y a un encombrement fantastique, toutes les chambres des hôtels sont prises, on met des lits dans les couloirs ou sur les billards. Toute la ville est pavoisée de drapeaux et d'oriflammes, il semble que tous les chanteurs du pavé se soient donnés rendez-vous ici, les mendiants pullulent et dans cette cohue les camelots, vendeurs de cartes postales du dirigeable, de jouets comiques et de petits drapeaux tricolores, apportent la note gaie par leurs boniments et leurs cris (...) Hier soir à 6 heures on ne trouvait plus de pain à Lapalisse. On en a envoyé chercher dans toutes les communes voisines. Le soir, les soldats se répandent dans Lapalisse qui, de plus en plus, ressemblent à une ville en état de siège." (Le Centre - 16 septembre)




Une des nombreuses buvettes montées à la hâte sur le site de Rosières


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Un groupe de soldat dans une rue de Lapalisse.

Dans une lettre du 26 septembre, Léonie Fradin, épouse de Paul Raby, architecte de la Ville de Lapalisse, raconte à son fils, Marcel, l'euphorie qui régnait alors sur les bords de Besbre :

"Mon cher marcel,

Après t’avoir quitté à la gare, nous avons rejoint notre habitation tout doucement ; quelques instants après arrivaient Léon et la tante Augustine qui venaient voir le ballon et qui ont passé la journée à la maison. Chaque fois que le ballon se rendait aux manœuvres qui ont eu lieu entre le Donjon et Lapalisse il passait au dessus de la maison de sorte que nous l’avons très bien vu. Les manœuvres ont duré trois jours dans nos parages du jeudi au samedi. Jamais Lapalisse n’avait tant vu d’autos, de bicyclettes, de piétons et de voitures que le vendredi. Les uns venaient pour suivre les manœuvres, d’autres pour voir le ballon.
Les Algériens [cousins de la famille vivant en Algérie] sont arrivés justement le vendredi. Il y avait une telle circulation dans les rues que l’omnibus n’a pu nous mener à destination et à été obligé de nous laisser avant l’Ecu ; il y a eu plusieurs accidents.
Le samedi le ballon a fait sa dernière sortie, sortie de parade qui n’a duré que 25 minutes ; il a évolué au-dessus de Lapalisse et a plané au dessus du château pour permettre de le photographier avec le château, photographie en couleur qui est on ne peut mieux réussie.
Avec l’oncle et la tante nous nous sommes rendus au hangar et nos parents ont très bien vu la sortie du ballon de son hangar, son évolution et sa rentrée au hangar ; il était temps, c’était sa dernière sortie. "

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Cohue sur la route de Moulins à la hauteur de Rosières


Dans le journal du Centre du 18 septembre, on note : "La rue nationale ressemble ce matin, comme animation, au boulevard des Italiens un jour de courses à Longchamp. A côté des autos qui accourent de toutes les routes, circulent les véhicules les plus divers, de toutes formes et de toutes dimensions. Quant aux piétons, ils sont des milliers venus de tous les points du département et des départements limitrophes. On peut estimer à 100 000 au moins le nombre des personnes qui se trouvent aujourd'hui à Lapalisse ou aux environs."




Les cantonnements étaient autant de lieux propices pour communier avec la population locale.



Remerciements à M. Zaccone, descendant du couple Fradin-Raby, pour son aide documentaire.


S. HUG


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jeudi 17 septembre 2009

Le Centenaire des Grandes Manoeuvres du Bourbonnais (Chapitre III) : les manoeuvres d'armée.

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Après une journée de repos, le 14 septembre, débuta la seconde phase (15, 16, 17 et 18 septembre) des Grandes manoeuvres du Bourbonnais : les manoeuvres d'armée proprement dites opposant le parti blanc au parti bleu. Après trois jours d'avancées et de mouvements englobants, les combats décisifs eurent lieu entre Bert, Lenax et Le Donjon. L'avantage final revint au 13e corps (Parti blanc) du Général Goiran qui déploya efficacement son artillerie et tint de la sorte en respect les contre-offensives du 14e corps.







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Deux aperçus de l'Etat-Major du Général Trémeau, directeur des Grandes manoeuvres du Bourbonnais

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L'une des grandes attractions de ces Manoeuvres d'automne fut la venue de missions étrangères d'observations de 29 pays différents (Allemagne, Japon, Russie, Chine, Turquie, Grande-Bretagne, Italie, Suède, Etats-Unis, Belgique, Bolivie, Chili, Pérou, Espagne, Equateur, Serbie, Suisse, Danemark, Norvège, Roumanie, Portugal, Bulgarie, Argentine, Grèce, Pays-Bas, Mexique et Uruguay). Ces missions furent principalement logées dans les hôtels moulinois et vichyssois.




Autre inscription dans l'âge industriel et dans le culte de la vitesse : durant ces Grandes Manoeuvres, l'armée testa pour la première fois un service de ravitaillement motorisé depuis les gares de Digoin et de Roanne.


S. HUG


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mercredi 16 septembre 2009

Le Centenaire des Manoeuvres du Bourbonnais (chapitre II) : Les manoeuvres de divisions et de brigades

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Du 9 au 13 septembre, sous une pluie soutenue et quasi continue, se déroula le premier acte des Manoeuvres du Bourbonnais. Il s'agissait de manoeuvres de divisions et de brigades ayant pour but, tout d'abord, de positionner le Parti Blanc (13e corps) autour de Gannat et le Parti Bleu (14e corps) autour de Roanne. Puis, à partir, du 11 septembre, les deux camps se resserrèrent dans un quadrilatère délimité par les villes de Moulins, Digoin, Roanne et Saint-Pourçain, avant de lancer les hostilités le 15 au matin, après une journée de repos.



La presse de l'époque est unanime : dans toutes les villes et villages du Bourbonnais et du Roannais, les populations se pressaient le long des routes pour voir passer "les fiers soldats de la République".



Si la bicyclette était déjà fréquente dans nos campagnes, les bataillons de cyclistes constituèrent l'une des attractions de ces manoeuvres.


S. HUG



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mardi 15 septembre 2009

Le Centenaire des Manoeuvres du Bourbonnais (chapitre I) : les préparatifs

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De nos jours, les manoeuvres militaires se déroulent dans une indifférence quasi générale. Il y a un siècle, il s'agissait d'un événement national. Depuis la défaite de 1870 et la perte de l'Alsace-Lorraine, un puissant sentiment de revanche animait toute la nation française. L'armée, émanation de cette même nation, était devenue la religion de la République et du pays tout entier. Être pacifiste en ce temps-là était une tare sociale. Les Grandes manoeuvres du Bourbonnais qui se sont déroulées entre Allier et Loire marquèrent l'un des sommets de cette passion française. Entre le 15 et le 19 septembre, sous la direction du Général Trémeau, les 21 000 hommes du 13e corps du Général Goiran affrontèrent les 24 000 hommes du 14e corps du Général Robert. La ville de La Palisse fut choisie comme siège de l'Etat-Major et base de départ du dirigeable République, vedette de ces Grandes manoeuvres.





Construit par les ateliers Lebaudy, le dirigeable Republique (62 m de long, 18 m de diamètre, 3000 mètres cubes de capacité, pouvant transporter près de quatre tonnes et disposant d'une autonomie de douze heures) était l'un des cinq dirigeables que possédait alors notre pays (le Lebaudy, le Ville-de-Paris, le Liberté, le Colonel-Renard et le République).



Dès la fin août, sur la plaine de Rosières, située à un kilomètre au nord de La Palisse, des unités du Génie avaient assemblé en quatre jours un immense hangar de plus de 72 mètres de long sur 30 de haut devant accueillir le République.

L'arrivée du dirigeable était prévue pour le 4 septembre. Toute la ville et les environs s'étaient donnés rendez-vous à Rosières. Parti de la base de Chalais-Meudon, le République subit un avarie au-dessus de la commune de Précy (Nièvre) et se posa en catastrophe. Après toute une journée d'attente, à neuf heures du soir, le site de Rosières se vida subitement... Dans les jours suivants l'enveloppe, l'armature et la nacelle du dirigeable furent transportés par la route.



Par route et par chemin de fer, toutes les routes du centre de la France menaient alors à La Palisse (ici, le quartier de Montplaisir avec la gare de La Palisse-ville). Toute la ville se mobilisa pour accueillir la Direction générale des Manoeuvres : "Le Général Trémeau est logé à la sous-préfecture et son officier d'ordonnance, le capitaine de La Fontaine, chez M. Desaint-Martin. Le généralissime, très simple, a déclaré se contenter de deux petites pièces situées à l'extrémité de l'aile est du bâtiment, il s'est aussitôt mis au travail et a reçu quelques officiers de son Etat-Major avec lesquels il a conféré longuement. Le Général Pau, directeur des arbitres, avec deux commandants et un capitaine est logé au château de La Palice, enfin, le Général de Castelnau est logé chez M. Saulnier, route du Donjon. Le service de la trésorerie et des postes est installé à l'école libre des garçons, le bureau de direction des arbitres est installé dans la justice de Paix et les aérostiers dans la halle aux blés." (Le Courrier de l'Allier - 10 septembre 1909)


Regonflé le 9 septembre, le République exécuta sa première sortie le 13 septembre devant une foule enthousiaste.



S. HUG


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samedi 12 septembre 2009

Au pays de Montjournal et de la Tour Pourçain (Barrais-Bussolles)

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Dans le bois de Claval, se dressent encore les ruines du château de Montjournal (propriété privée). De plan carré, flanqué de tours à ses quatre angles, Montjournal est édifié sur une butte dominant la Têche. Grâce à un système de digues, ce ruisseau alimentait un étang qui enserrait le château. On raconte qu'un jeu de quilles en or y est caché...

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Détail des ruines de Montjournal
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Installée sur un étroit promontoire au fond d'un ravin, la Tour Pourçain se dresse tout contre un vieux chemin qui reprend le tracé de l'antique voie romaine de Lubié à Digoin. Autrefois appelée la "Motte des Pousins", cet édifice fortifié fut édifié par les sires de Bar au XIVe siècle. La Tour Pourçain fut plusieurs fois remaniée au cours des XVe et XVIe siècles. L'édifice comprenait primitivement trois étages munis chacun d'une cheminée. Le rez-de-chaussée est voûté. Une croisée à meneaux permet d'éclairer l'intérieur qui comprend une cheminée sculptée en grès et un four à pain. Le dernier étage était sans doute surmonté d'une terrasse crénelée. En partie rasé, il fut remplacé par une toiture qui s'effondra en 1920. La Tour Pourçain fut convertie en chapelle en 1926.
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Four à pain du rez-de-chaussée (cliché Ministère de la culture)



Cheminée du premier étage (cliché Ministère de la Culture)



Détails architecturaux du premier étage (cliché Ministère de la Culture)

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Acte royal entérinant la fusion des communes de Barrais et de Bussolles en 1833


L'idée de fusionner ces deux communes, dont les chefs-lieux étaient distants l'un de l'autre de seulement trois kilomètres, naquit en 1803. Cette année là, le maire et l'adjoint de Bussolles décédèrent et comme, selon la Préfecture, personne n'était apte à les remplacer, le maire de Barrais fut donc chargé un temps d'administrer la petite commune voisine. L'affaire s'accéléra en 1831 quand le conseil municipal de Barrais demanda le rattachement officiel de Bussolles. Le conseil de Bussolles refusa, mais le processus administratif était déjà lancé. En 1832, une enquête de commodo et incommodo fut diligentée par le sous-préfet de La Palisse : seules trois personnes de Barrais sont contre cette idée et surprise... seules deux à Bussolles ! Le 26 octobre 1832, le sous-préfet de La Palisse rédigea un rapport favorable à cette fusion, l'acte officiel (ci-dessus) fut promulgué le 28 janvier 1833.


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S. HUG