mercredi 29 décembre 2010

Chronique du haut de la palissade : le plan B

-

La dernière séance du Conseil communautaire a tenu, une fois de plus, toutes ses promesses. Nous y avons appris que le projet de Maison de Santé ne pourra pas être finalement réalisé sur le site de la friche ATAC pour la bonne et simple raison que son propriétaire, qui a toujours campé sur ses positions, n’est pas vendeur. Mais qu’à cela ne tienne, la com com a un plan B décliné en trois options : soit installer la future Maison de Santé dans l’ancien moulin de la ville, soit construire un bâtiment sur une parcelle située à l’arrière du Musée d’Art brut ou, tenez vous bien… installer le futur établissement de santé dans l’actuel Lycée Antoine-Brun.
Dans un élan burlesque annonçant le prochain « Printemps de l’Humour », nos élus, au terme de débats de haute tenue, ont décidé de retenir une autre alternative : une emprise appartenant à la commune de Lapalisse située place Jean-Bécaud (sic le compte-rendu de la réunion du 21 décembre dernier). A ma connaissance, le seul projet prévu place Jean-Bécaud (la Petite-Gare des Lapalissois) consiste en la rénovation des WC publics ! Chercherait-on à nous faire prendre des vessies pour des lanternes ? L’avenir nous le dira.
Plus sérieusement, alors qu’hier encore on annonçait à tue-tête que l’on se battrait jusqu’au bout pour sauver ce Lycée, alors que l’on continue à voter des motions d’émotions, aujourd’hui, en réalité, on prend de plus en plus acte de sa fermeture prochaine… Peu à peu, on se rend compte que le taureau ne veut pas se faire bio dans la ferme des Durets et que personne à la com com, à l’Hôtel de Ville ou au sein du collectif de défense de l’établissement n’avance des solutions innovantes capables de sauver le lycée. Selon nos sources clermontoises, il est fort probable que d’ici une quinzaine de mois le Conseil régional choisisse de céder les locaux du lycée à la com com qui aura alors en charge la reconversion du site. Le véritable enjeu économique lié à la fermeture du Lycée Antoine-Brun ne réside pas dans le transfert vers Neuvy d’une trentaine d’emplois directs (qui d’ailleurs ne correspondent pas, loin s’en faut, à autant de résidents et de consommateurs du bassin de Lapalisse) mais dans le coût futur de la gestion du site abandonné. Nous allons donc assister, à mon sens, dans les mois à venir à un redéploiement des investissements de la com com. Les opérations ont déjà commencé puisque le Président de la com com vient de commander un rapport de faisabilité sur le projet du « quartier d’art » situé au pied du château. Doit-on comprendre en d’autres termes que l’on prépare son enterrement de première classe ? A l’heure où le gouvernement revoit sa copie concernant les avantages fiscaux accordés à l’énergie photovoltaïque, la com com serait bien inspirée de reconsidérer ses investissements concernant la centrale solaire en projet sur l’aérodrome de Lapalisse-Périgny : en matière budgétaire, les erreurs d’investissement se payent comptant…
Tirons tout de même notre chapeau au Président de la com com qui continue à mettre en ligne sur le net l’intégralité des comptes-rendus des séances du Conseil communautaire, démarche vite abandonnée sur le site municipal de Lapalisse où plus rien n’est publié depuis six mois… Aurait-on des choses à cacher ?

-


S. HUG

lundi 27 décembre 2010

COLLECTION VISAGES DU BOURBONNAIS - Hector Rolland : Spartacus le Pitaux.

Rolland, emmailloté dans les langes de sa naissance, fut trouvé le matin de Noël 1911 sur les marches de l’église Saint-Pierre de Neuilly-sur-Seine. Recueilli par l’Assistance Publique, il fut placé dans une ferme de la Nièvre, où il partagea son enfance entre la surveillance des troupeaux et l’école communale d’où il sortit sans diplôme. Toute sa vie, Hector Rolland demeura dans l’âme un « pitaux », c’est-à-dire un enfant des Hôpitaux de Paris. Le jeune Hector commença par travailler en usine, puis au montage de lignes électriques et en tant que livreur. Au retour du service militaire, Hector Rolland fit tout pour donner un sens à sa vie en rachetant notamment des affaires en difficulté qu’il restructurait avant de les revendre (fabricant de couronnes mortuaires, parfumeur, marchand de charbon, gérant d’une affaire de papier en gros). En 1959, il racheta le garage Berliet de Moulins-Avermes et devint vite le concessionnaire Mercédès Poids-lourds de tout le département.Hector Rolland adhéra à l’UNR (Union pour la Nouvelle République) au début des années 60 et en devint le secrétaire départemental en 1962. Il se présenta pour la première fois à une élection législative en 1967 dans la circonscription de Montluçon face au député-maire de la ville, le socialiste Jean Nègre. Battu, il réussit néanmoins à se faire connaître et à faire progresser dans le Montluçonais l’électorat gaulliste. 1968, marqua le tournant de sa vie. Face à la « chienlit », Hector Rolland tempêtant contre la paralysie du pays, décida d’imprimer vingt mille tracts et de les distribuer dans Moulins (dont plusieurs milliers furent lancés depuis un avion). Quelques jours plus tard, 2 500 personnes se rassemblèrent sur les Cours, juste devant la Préfecture, pour manifester leur soutien au gouvernement, au Général et leur ras-le-bol face aux grèves et face à l’agitation. Fort de ce succès populaire, Hector Rolland fut tout naturellement candidat gaulliste aux élections législatives de juin. Il bat au second tour, le député communiste sortant, Jean Billaud, cultivateur à Mercy, encore peu connu car appelé à la députation quelques mois plus tôt en remplacement de Jean Guyot. Il n’empêche car la campagne de Rolland fut en tous points énergiques, à l’image du personnage. Réélu en 1973 et en 1978, Hector Rolland fut en revanche balayé en juin 1981 par la vague rose qui suivit l’élection de François Mitterand. Le candidat socialiste Jean-Paul Desgranges le devançant même dans la plupart des bureaux de vote de Moulins. Hector Rolland revint à l’Assemblée nationale entre 1986 et 1988 à la faveur de la représentation proportionnelle. Membre du groupe de l’UNR, puis à partir de 1977, du RPR, Hector Rolland se définissait comme un « godillot indiscipliné », détestant le parisianisme et les technocrates. Il lança un jour de 1976, du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, la fameuse formule humoristique du « combat des Horaces contre les Coriaces » qui déchaîna l’hilarité des Parlementaires persuadés qu’elle n’était que le reflet de son inculture. Un brin populiste, surnommé « Spartacus » par les journalistes politiques, défendant souvent des positions conservatrices (notamment sur l’IVG), ayant le verbe haut, usant de formules à l’emporte-pièce, Hector Rolland possédait, comme tous les autodidactes, un goût profond pour la culture et fut un lecteur assidu, notamment d’œuvres poétiques. Pressenti en 1974 pour un possible portefeuille ministériel, il fut finalement écarté par Jacques Chirac lors de la constitution de son premier gouvernement. Assurant qu’il avait pourtant obtenu la promesse d’intégrer la future équipe ministérielle, Hector Rolland conserva toute sa vie de l’amertume vis-à-vis de Jacques Chirac et ne mâcha pas ses mots, au soir de sa vie, dans son ouvrage testament, Souvenirs dérangeants d’un godillot indiscipliné (1990). Pour le consoler de cette disgrâce, Jacques Chirac le nomma néanmoins à l’automne à la Présidence du Comité des Usagers ayant pour objectif de réformer les relations entre l’administration et les citoyens. Candidat aux élections municipales de Moulins en mars 1971, la liste d’Hector Rolland l’emporta au premier tour face à une liste socialiste et une liste communiste. Réélu en 1977 et en 1983, Hector Rolland essaya de moderniser l’image de sa ville en développant les équipements sportifs. Il fit construire un Palais des Sports et une piscine d’hiver, tant et si bien qu’en 1978, Moulins obtint le titre de « Ville la plus sportive de France ». En 1987, il porta à bout de bras l’organisation des championnats du monde de Pentathlon moderne à Moulins. Décidé à passer la main au bout de son troisième mandat, il demanda, en 1989, à son premier adjoint, l’industriel Paul Chauvat, de conduire la liste de la majorité sortante. Hector Rolland fut également conseiller général du canton de Moulins-sud de 1970 à 1982, conseiller régional d’Auvergne et député européen en 1983-1984.Hector Rolland nous quitta le 7 mars 1995.
-
S. HUG

samedi 25 décembre 2010

Les deux Pères Noël de Saint-Prix (extrait d'une nouvelle inédite de Georges Romaillat)

-
Grâce à l'aimable concours de Claire Rodriguez, petite-fille de Georges Romaillat, voici un extrait d'une nouvelle inédite intitulée "Le Père Noël" dans laquelle l'écrivain lapalissois nous livre quelques souvenirs de ses Noëls d'enfance.
-
A l’époque de Noël, les écoliers du bourg, de l’école libre ou de l’école laïque, se posaient invariablement les mêmes questions. Les grands pensaient que le Père Noël n’existait pas et que c’était une invention des parents. Cependant, ils n’étaient pas absolument certains : on ne sait jamais ! Aussi mettaient-ils leurs sabots devant l’âtre, et plutôt deux paires qu’une seule. Les plus jeunes, les fesses serrées, se tenaient sages pendant la semaine précédent l’évènement. Pour éliminer certains doutes, ils auraient bien voulu voir le Vieux Barbu, mais il passait toujours à minuit, à l’heure du grand sommeil.
Tous les gens du bourg possédaient une cheminée digne de ce nom, plus ou moins vaste suivant les maisons et permettant au VIEIL HOMME de parvenir jusqu’à l’intérieur des foyers. Chez nous, à mon avis, il y avait problème. Non seulement les boisseaux étaient étroits, environ trente centimes de côté, mais sur le toit même, l’ensemble se terminait par une sorte de faîtière en terre cuite arrondie en forme de goulot, laissant un passage réduit.
Je voyais mal le Père Noël s’introduire chez nous par ce chemin. Un contorsionniste du cirque AMAR n’y serait sans doute pas parvenu. Alors, que dire de que ce pauvre vieux, engoncé dans sa pelisse et chargé comme un mulet, de surcroît !
Je décidai d’en parler à mon père. J’avoue qu’il fut surpris… Surpris au point de s’en entretenir avec ma mère, et c’est elle qui trouva une solution susceptible de mettre fin à mes inquiétudes.
Au lieu d’emprunter le conduit de cheminée, comme chez les autres, il viendrait tout bonnement par le grenier, puisque tous les fenestrons étaient hors d’usage.
Cartésien jusqu’au bout, je fis remarquer que l’escalier était à la limite de l’effondrement avec sa marche à bascule, la dixième, pas de lumière par-dessus le marché. Il avait toutes les chances de se casser la figure en faisant un boucan de tous les diables. Après un tel accident, on aurait bonne mine, vis-à-vis des voisins…
Encore une fois, ils réfléchirent.
La solution était simple. Aussi simple que celle de l’œuf de Christophe Colomb, mais encore fallait-il y penser. Cette nuit-là, on ne fermerait pas la porte d’entrée à clé. Il lui suffirait de tourner la poignée pour entrer chez nous. Mes sabots étaient là à deux mètres, devant la cuisinière.
Il est bon de préciser qu’en plus du personnage mythique du Père Noël circulant sur les toits avec sa hotte au dos cette nuit-là, sur le coup de minuit, il en existait un autre… Bien réel celui-ci, vêtu comme l’Envoyé du ciel d’une immense houppelande rouge à parements blancs. La tête enfouie dans un capuchon, barbe de neige frémissant au vent et porteur d’une hotte lui aussi.
Il est au service de Madame RATARD, une riche veuve de diplomate, d’origine américaine, dont la générosité est connue de tout le monde. Sans prononcer un seul mot, consigne oblige, il frappe à chaque porte et remet à chacun le cadeau qui lui est destiné. Sûr qu’on le reconnaît, c’est FRANCIS, le chauffeur de la Dame. Il a un tic bien à lui. Toutes les deux minutes, il se racle la gorge bruyamment, impossible de se tromper. On le suit pas à pas. Il demeure imperturbablement muet. Sa tournée achevée, il va rendre compte de sa mission. Dix minutes plus tard, habillé comme tout le monde, il va taper la belote au bistrot, comme si de rien n’était.
Pour les filles, des nécessaires de couture suivant l’âge. Pour les garçons, des trousses d’écolier ou des crayons de couleur. A tous, une médaille pieuse représentant Notre-Dame de Beaulieu.
Deux ans plus tard, je crois me souvenir, mon père s’arma de courage pour éclairer enfin ma lanterne. Sur ce plan, je manquais vraiment de précocité. Il usa de mots simples, trop simples peut-être. En tout cas, brutalement dépourvus de la poésie de l’enfance.
Un homme avait parlé à son petit garçon comme à un homme, c’était la première fois. Brutalement, mes illusions tombèrent et mon cartésianisme vola en éclats. En un instant, j’avais changé de monde. Dois-je l’avouer : je l’aimais bien le Père Noël !

Georges Romaillat – janvier 2001
-

jeudi 9 décembre 2010

Chronique du haut de la palissade : horizon 2011


-

Les deux grands dossiers lapalissois de l'année 2011 sont déjà connus : la réalisation d'une Maison Pluridisciplinaire de Santé et le maintien du Lycée Antoine-Brun. Alors que la réussite du premier dossier dépend du dynamisme de la Com com et de sa capacité à fédérer toutes les énergies locales autour de la création d'une structure visant à lutter contre l'apparition de "déserts médicaux", le sauvetage du LPA lapalissois nécessitera, quant à lui, d'innover en proposant des projets capables d'attirer les investissements publics et privés. Il n'y aura pas d'autres moyens pour faire plier le Conseil régional et tenter de faire annuler la décision de fermeture. Mais, comme je vous l'ai déjà dit, je crains que le combat actuel soit bien tardif. En effet, la fermeture de l'établissement a été évoquée pour la première fois en 2008 et, à l'époque, elle devait intervenir à l'horizon 2014-2015. A la rentrée 2010, les parents d'élèves ont été par ailleurs avertis de la probable fermeture du lycée en 2011 (source syndicale). C'est donc en 2008, alors que des premières classes commençaient à être fermées, qu'il aurait fallu lancer une réflexion pour sauver cet établissement et prendre le temps de bâtir des projets cohérents. Désormais, les défenseurs du LPA lapalissois vont devoir lutter contre le meilleur allié de René Souchon : le temps. Néanmoins, il existe à mon sens quelques pistes de développement à creuser. Si l'on veut réellement pérenniser le Lycée Antoine-Brun, il faut répondre aux besoins et aux attentes du milieu rural et chercher à capter les filons budgétaires publics et privés. Quatre thèmes politiques et sociaux majeurs se dégagent actuellement avec netteté : le développement rural, la dépendance, le numérique et l'environnement. En combinant ces quatre thèmes on peut parvenir à la mise en place de filières et de formations innovantes :


Filière 1 : Télésurveillance et veille médicale des séniors en milieu rural - Filière 2 : Lien social et psychologie mémorielle en milieu rural - Filière 3 : Agent-accompagnateur du patrimoine vert et rural - Filière 4 : Numérisation et modélisation du patrimoine paysager. Pour chacune de ces filières, des formations continues et des stages "remise à niveau" permettraient d'élargir la zone de recrutement du LPA.

-

Retrouvez dans la colonne de droite du site PALICIA une enquête d'opinion sur l'avenir du Lycée Antoine-Brun.

-

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

mardi 7 décembre 2010

Une vieille proto-industrie lapalissoise

-
Tout au long du XIXe siècle, La Palisse fut renommée pour ses fabriques de chaussures qui se concentraient place du Moulin (puis place de l'Industrie). L'histoire de cette proto-industrie (comprenez l'âge - XVIIIe-XIXe siècles - durant lequel l'atelier commença à se dégager lentement de l'artisanat en adoptant des méthodes plus productives) est difficile à raconter faute d'une masse de documents suffisante. De toutes ces "micro-fabriques" (pas plus de quatre ou cinq au demeurant), la fabrique LIGIER fut la dernière puisqu'elle fonctionna jusqu'à la veille de la Grande Guerre.
-




La façade de la boutique Ligier au début du XXe siècle
-
De nous jours, rien ne rappelle plus cette activité mise à part, à l'arrière de l'ancienne boutique Ligier, un édicule en saillie portant des baies "industrielles" destinées à laisser entrer la lumière du jour.
-

Un vestige de la Fabrique Ligier (ruelle Billaudit)

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

jeudi 2 décembre 2010

Pour un nouveau modèle territorial

-

L'esprit des Think Tanks, ces "réservoirs d'idées" extrêmement réactifs qui vivent et se développent à partir de plate-formes numériques, est en train de chahuter la politique de papa. A l'heure où la société a parfaitement intégré le fait que le numérique offre une grande capacité de réaction, il est devenu primordial d'inventer des modèles capables de s'adapter en permanence aux réalités sociales, économiques et territoriales. Voici la version 2 du projet territorial que vous avais proposé en février dernier.
La triple enquête d'opinion mise en ligne dernièrement par le site PALICIA a montré que les internautes du Pays de Lapalisse ont un sentiment d'appartenance extrêmement fragile par rapport à cette entité qu'ils perçoivent plutôt, et à juste titre, comme une construction historique. Néanmoins, il apparaît, au regard des réponses à la troisième question, qu'il reste un long chemin à parcourir afin que chacun se sentent à sa place dans cette maison commune. Au-delà des choix politiques à corriger, l'apprentissage de la territorialité doit tout d'abord passer par une vaste entreprise de communication. Fédérer les énergies et connaître son pays sont les deux préalables à une bonne communication.

-



Le modèle de territoire présenté en février dernier repose sur l'emboîtement de trois échelles géographiques : le Pays, la ville et l'artère principale.

Réinventer la promotion du Pays



· La mise en sommeil de l'UGCAL et les problèmes liés à l'organisation du Troisième Embouteillage de Lapalisse ont montré qu'il est plus que temps de repenser le sens de l'engagement envers la collectivité. En février, j'avais avancé l'idée de réactiver le Comité des Fêtes lapalissois, mis en sommeil en 2007, en créant un forum associatif local. Chaque conseiller municipal non doté d’une délégation pourrait ainsi se voir proposer de signer une Charte d’engagement civique lui permettant, contre une indemnité, de s’engager au service de la vie festive lapalissoise. Ces conseillers deviendraient de la sorte les pivots d’un Comité des Fêtes d’une nouvelle génération qui, après révision de ses statuts, se verrait confier la gestion et le développement du forum associatif local. Toutes les associations locales pourraient librement adhérer à ce forum. Les adhérents, s’engageant bénévolement dans la préparation et l’organisation d’événements lapalissois, capitaliseraient au nom de leur association un crédit-temps qui, lors du montage financier d’un projet précis, serait converti en une subvention supplémentaire accordée par la municipalité. L’unité de crédit-temps serait néanmoins dotée d’un coefficient inversement proportionnel au poids numérique de l’association afin de ne pas pénaliser les petites structures associatives. Une fois testé, ce concept de Forum associatif local pourrait être élargi à l'échelle de la communauté de communes afin de faire vivre trois grands rendez-vous : l'Embouteillage de Lapalisse, une biennale de printemps et une fête d'automne. Alors que cette Fête d'automne serait annuelle, il serait budgétairement plus stratégique de créer une alternance, chaque printemps, entre les Embouteillages et les Biennales de Printemps (ancienne Fête de Printemps). En effet, pour renforcer l'impact promotionnel des Embouteillages de Lapalisse, il est impératif de programmer cet événement, non plus à l'automne, mais à la fin du printemps afin d'en faire un produit d'appel efficace pour le Pays de Lapalisse, en d'autres termes, un véritable tremplin pour la saison estivale. Si les Embouteillages sont inscrits dans le cadre lapalissois, les Biennales de printemps et les Fêtes d'automne doivent être en revanche pensées à l'échelle de tout le Pays de Lapalisse à l'image du Festival Gourmand du Saint-Pourcinois .

· Créer une publication biannuelle gratuite consacrée au patrimoine, à l’histoire et à l’action culturelle en Pays lapalissois sur le modèle de la remarquable Gazette des Monts de la Madeleine. En effet, une véritable dynamique de territoire ne pourra être créée qu’à la seule condition que tous les habitants du Pays se sentent investis d’un héritage historique commun. La première livraison annuelle serait lancée (y compris hors du Pays de Lapalisse) à l'occasion des Embouteillages et des biennales de Printemps et raconterait notre Pays au travers de ses produits phares et de ceux qui les font vivre. (ci-dessus : à l'image de ce qui se fait en Champagne, il faut communiquer autour de la personnalité des producteurs locaux). La seconde livraison annuelle prendrait place à l'occasion de la Fête d'automne et serait plus axée sur le partage d'un patrimoine commun.



· Créer un Pack ruralia, c’est-à-dire un passeport regroupant l’ensemble des offres touristiques liées à la ruralité du Pays de Lapalisse et permettant d’accroître la lisibilité de notre territoire au travers de plusieurs formules. La formule la plus complète serait basée sur la mise à disposition des touristes de coach de Pays les guidant à travers les campagnes du Lapalissois et les accompagnant dans leur rencontre avec les acteurs de notre ruralité. Il est également nécessaire d'étendre la gamme de nos offres en créant des pass "journée thématique" alliant visites et déjeuner. (ci-dessus : exemple de circuit clé en mains mis) Un circuit pourrait ainsi être organisé autour du thème des différents styles romans qui voisinent dans notre Pays (Bert, Droiturier, Le Breuil), un second circuit pourrait retracer un siècle d'agriculture, un autre serait structuré autour du thème de l'agriculture biologique, sans oublier la thématique de l'artisanat d'art... La mise en place de packs ruralia et de pass thématiques soulève une question, éludée pour l'heure dans le Pays de Lapalisse, celle de la formation des acteurs du tourisme local : un vaste chantier en perspective.




Une ruralité à parcourir
-



Promouvoir notre ville




Le travail sur l’image de notre ville est sans doute le plus difficile à mener car, dans l’esprit collectif, cette notion est intimement liée à l’idée du déclin de Lapalisse matérialisée par la fermeture de nombreux commerces. Cependant, rien ne prouve qu’une hypothétique expansion économique se traduirait obligatoirement par une reconquête des cellules commerciales abandonnées. L’enjeu est donc dans un premier temps de parvenir à rénover l’image projetée de notre ville. Cette entreprise de longue haleine passe tout d’abord par la remasterisation du site internet communal qui, malgré sa rénovation en juillet dernier est bien en deçà des attentes. Il est désormais impératif de le rendre plus dynamique, plus vendeur, en y intégrant des animations flash et des bannières interactives. Le prochain site communal devra également être pensé comme un véritable hub, c’est-à-dire une plate-forme de réflexion fonctionnant sur le principe d’un réseau social mettant en relation l’ensemble des entrepreneurs et des porteurs de projets qu’ils soient installés dans le Pays ou expatriés. Un tel hub doit être géré par un webmaster-modérateur dédié.





Une ville plus visible


-


Une artère à repenser



La dernière échelle de réflexion intégrée à ce modèle territorial est celle de la principale artère lapalissoise, à savoir l’ancienne Nationale 7 dans sa traversée de la ville. Les travaux de réhabilitation qui sont planifiés jusqu’au printemps de cette année, ne suffiront pas à redynamiser cette artère : il faut véritablement la replacer au cœur de l’image du Pays de Lapalisse en en faisant un lieu central. Beaucoup d’internautes se sont émus de l’état de décrépitude de l’entrée sud de la ville (la route de Roanne). Il est temps qu’une réflexion municipale et communautaire s’engage sur cette micro-portion de l’ancienne Route bleue en projetant le paysagement sur la droite de la chaussée de l’emprise de l’ancienne station service. Cet espace, ainsi que la totalité de la traversée de Lapalisse, pourraient être valorisés par l’installation d’œuvres nées d’un partenariat avec le Musée de l’Art en marche (Art brut) et financées par la création de micro-bourses artistiques (2 000 à 5 000 euros) packagées à la fois par la commune, la Communauté de communes et l’intervention d’un mécénat d’entreprises. Le thème général serait celui l’histoire de la Route bleue et des migrations estivales afin d’inscrire dans l’espace urbain l’importance de cet héritage routier. L’objectif final serait de créer, tout le long de la traversée de Lapalisse, la première galerie d’art rubanée de France, dont la muséographie emmènerait le visiteur jusqu’au cœur de la vie lapalissoise. Notons au sujet du financement de ce concept que plusieurs fondations soutenant la promotion de l’art contemporain peuvent être sensibilisées sur ce thème de la galerie rubanée.
Reste enfin à donner un sens à cet emboîtement d’échelles géographiques en installant dans une des cellules commerciales réhabilitées au pied du château, place du Moulin, un Comptoir de Pays, lieu de promotion animé par une scénographie à caractère historique qui entraînerait le visiteur dans le passé de Lapalisse et de son pays. Ainsi, dans une échoppe reconstituée, un ou deux intervenants maîtrisant les arts de la scène, feraient revivre au cours d’une représentation de quelques dizaines de minutes l’environnement social, architectural, sonore et olfactif des rues et des places lapalissoises d’avant 1914. La dimension gustative ne serait pas oubliée en intégrant dans le scénario, la mise en scène et la dégustation de produits du terroir (commercialisés à l’intérieur même du Comptoir de Pays ou dans son périmètre immédiat).

Une artère à réinventer




S. HUG




Analyse conceptuelle protégée par un copyright

mercredi 1 décembre 2010

Chronique du haut de la palissade : front de circonstance

-

Vous le savez sans doute, un front élargi s'est dernièrement constitué afin de sauver le Lycée Agricole Antoine-Brun. En quittant la scène locale, le débat est devenu un objet politique dont le maire de Lapalisse a déjà perdu le contrôle. Ce front qui a un ennemi désigné, le Président de la Région Auvergne, René Souchon, rassemble aussi bien des élus de droite que de gauche. On pourrait croire, à première vue, en l'existence d'une sorte d'union sacrée, en fait, il n'en est rien. Alors que DanielDugléry, chef de l'opposition régionale, ne manque pas une occasion de lancer des piques contre la gestion socialiste de la région, Brice Hortefeux profite de l'occasion pour s'imprégner encore un peu plus des problématiques bourbonnaises... Jean-Paul Dufrègne, Président du Conseil Général de l'Allier a, quant à lui, tout intérêt à se montrer combatif d'ici le printemps, époque à laquelle son poste de Président sera sérieusement menacé par le renouvellement cantonal. Gérard Charasse et le PRG bourbonnais ont également pris rendez-vous pour le mois de mars prochain et doivent délimiter d'ici là leur périmètre politique par rapport au PS et à Jean Mallot.
Ne nous y trompons pas, ce front est trop large et composite pour qu'il puisse durer. L'idée actuellement étudiée (mais qui a peu de chance de voir le jour) serait de parvenir à l'abandon pur et simple de la décision de fermeture de l'établissement. Or, personne n'a encore évoqué le vrai enjeu conditionnant l'avenir de ce Lycée : comment le rendre plus attractif et plus compétitif ? Reconduire le Lycée Antoine-Brun en l'état ne serait aucunement rendre service à cette structure. Il faut, impérativement et sans délai, réfléchir au développement de nouvelles filières.
-
S. HUG

mardi 30 novembre 2010

Ils travaillaient la Besbre

-

Par le passé, la Besbre fut bien plus qu'une simple rivière, elle formait un monde à part que ses riverains avaient appris, au fil des générations, à se partager et à exploiter. Retour sur une époque, pas si éloignée de la nôtre, où la rivière foisonnait encore de vie.


La Besbre était tout d'abord travaillée par les paysans qui y entretenaient le long de ses berges des "boires" (des bras morts et des zones humides périphériques servant à abreuver le cheptel) ainsi qu'un vaste lacis d'espaces de parcours (photos 1 et 2). Parmi les pratiques oubliées de l'ancienne agriculture, toujours à la recherche du moindre engrais, figurait, en certains lieux, le curage des limons de la Besbre qui fertilisaient les champs voisins (photo 3).




A côté des formes traditionnelles de l'exploitation de la Besbre, se développèrent, dans la seconde moitié du XIXe siècle, des activités relevant de ce que l'on considérait à l'époque comme l'industrie. En haut, le moulin du Châtelard (Saint-Prix), en bas, l'extraction des sables de la Besbre à Trézelles.


Enfin, à Lapalisse, des activités répondant plus aux attentes du marché local prenaient place le long de la Besbre. Citons, par exemple, les blanchisseuses de l'Ile Saint-Jean (photo du bas) ou bien encore la famille Vérot qui, en plus de son magasin de vins situé au faubourg, commercialisa jusqu'au début des années 1960 des poissons de rivière très prisés dans cette France où le maigre du vendredi et du Carême était encore particulièrement suivi.
-

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

samedi 27 novembre 2010

Antonin Régerat : une ligne de vie à travers le XXe siècle lapalissois

-

L’homme en son temps, tel est le dessein premier de l’Histoire. Suivre pas à pas le cheminement d’un individu à travers son époque, voilà le sage pèlerinage que nous offre l’écriture historique. Observer comment cet individu réagit et s’adapte face à la modernité ou de quelle manière il s’accroche à certaines pesanteurs du passé, comment il parvient également à tisser son propre réseau de relations et à dessiner les contours de ses lieux de sociabilités, voici autant d’objets qui constituent les bases d’une histoire sociale raisonnée.
Grâce au travail mémoriel de Michel Parillaud, nous pouvons suivre son grand-père, Antonin Régerat, tout au long du XXe siècle lapalissois.


-

Antonin Régerat naquit en 1903 à Arfeuilles où ses parents tenaient une épicerie. Durant sa prime enfance, son oncle, Marcel et son père, Auguste, quittèrent le bourg montagnard et s'installèrent à Lapalisse. Alors que le premier y ouvrit, rue Nationale, un commerce de quincaillerie, le second devint quant à lui régisseur de l'usiine à gaz de la ville.

La famille Régerat rassemblée autour du père, Auguste, partant à la Grande Guerre. Antonin est assis à droite, son frère Léon (1909-1979) est quant à lui assis à gauche. Léon Régerat fut successivement instituteur à Andelaroche, au Breuil puis à Cusset. Les deux frères resteront très proches l'un de l'autre durant toute leur vie.



Le magasin de Marcel Régerat, oncle d'Antonin, au début des années 1920


Antonin entra dans le monde du travail à l’âge de 14 ans en intégrant le petit atelier de maroquinerie que venait d’ouvrir Gilbert Barthelot, rue Nationale. A cette époque, cet entrepreneur, appelé par la suite à une connaître une belle réussite industrielle, produisait principalement des ceinturons, des cartouchières et des baudriers pour l’armée. Dès lors, le destin d’Antonin fut intimement lié à celui de Gilbert Barthelot qui en fit, quelques années plus tard, l’un de ses plus fidèles contremaîtres.

Puis, vint le temps du service militaire, réalisé au 2e Bataillon de Chasseurs à pied de Neuf-Brisach en 1925-1926.Quelques mois après son retour, Antonin épousa Marie-Louise Grenier, une jeune fille de Montcombroux-les-Mines. De cette union, naquit, en 1933, Catherine, seul enfant du couple.


















En haut, à gauche, Antonin au début des années 1920, à droite, photo de régiment, en bas, photo de mariage et la famille Régerat en 1943 avec Catherine Ginette.

-


Mobilisé en 1939, Antonin connut le tourbillon de la débâcle qui fit échouer une partie de son unité à Bordeaux. Ci-dessous : souvenir de la Campagne de France en mai 1940, un bombardier allemand Heinkel 111 abattu par la chasse française (photo conservée dans l'album d'Antonin Régerat).

Durant l’Occupation, la question du ravitaillement conditionna une bonne partie du temps familial. Ce fut tout naturellement à la ferme des Terriers, à Montcombroux, auprès des parents de Marie-Louise, qu’Antonin venait cherchait lait, beurre, œufs, poules et lapins. De cette époque de tourments, Antonin Régerat conserva une profonde admiration pour l’homme du 18 juin. Toute sa vie durant, il demeura un fervent gaulliste, sans pour autant faire le choix d’adhérer au MRP ou participer à la vie politique locale. Homme de droite, Antonin était cependant relativement distant par rapport à la foi catholique, n’assistant qu’aux grandes messes de l’année liturgiques alors que son épouse était, quant à elle, très pratiquante.
Michel Parillaud se souvient encore des moindres recoins de la maison du 100 avenue Roosevelt où résidaient ses grands-parents : «La maison possédait une petite cour bétonnée à l’entrée avec un tilleul et un lavoir, sur la droite, une remise où se trouvait les vélos, à droite également une entrée directe vers la cave qui était surtout utilisée pour les livraisons de charbon. Après trois ou quatre marches, on rentrait dans un couloir avec, à droite, la cuisine où

l’on trouvait un poêle à charbon, un frigo, une radio un évier, une table et quatre chaises jaunes. A gauche, le salon salle à manger avec une grande table en bois et un buffet, et de chaque côté du buffet, un fauteuil, un pour mon grand-père où il effectuait ses répétitions de clarinette et l’autre, pour ma grand-mère. En face, contre le mur, une télévision posée sur une table à roulettes. Tous les soirs, mon grand-père déplaçait la télévision dans le couloir et nous la regardions depuis la cuisine où nous dînions. Au fond du couloir, un poêle à mazout et de chaque côté une chambre, à gauche, celle de mes grands-parents, et à droite, la mienne. Pas de salle de bain, juste un WC, on se lavait dans la cuisine dans une bassine. A l’étage, il y avait deux pièces, dont l’une était une chambre occupée, à partir de 1964-1965, par mon arrière-grand-mère, Fanny Grenier. Il me semble qu’elle écoutait la messe tous les dimanches à la radio.
Derrière la maison un petit jardin avec un clapier à lapin, de ce jardin on pouvait entrer dans la cave où était entreposé le charbon, et je me souviens de grands pots de confiture de coings que fabriquait ma grand-mère. »

Antonin Régerat était en effet un jardinier passionné et entretenait d’ailleurs deux jardins. Le premier, à un jet de noyau de cerise de sa maison, juste devant la « Petite-gare», le second, à l’arrière de l’usine Barthelot. Alors que le jardin de la « Petite-Gare » était surtout planté d’arbustes fruitiers et de fraisiers, le jardin « Barthelot » était un véritable potager où poussaient les légumes favoris des années cinquante et soixante (pomme de terre, haricots, radis, petits pois, asperges, salades, carottes …)
Au temps de Marie-Louise Régerat, dominé par les tâches ménagères et rythmé par le marché du jeudi et la messe dominicale, s’opposait le temps d’Antonin, cadencé par les horaires de l’usine Barthelot et jalonné par les répétitions et les concerts de l’Union Musicale au sein de laquelle il fut clarinettiste pendant près de cinquante ans.

La grande passion d’Antonin fut en effet la musique. Comme tout mélomane averti, Antonin possédait d’ailleurs quelques 33 tours et ne manquait aucune retransmission télévisée du concert du Nouvel An donné à Vienne.











-

En haut à gauche, Antonin et un groupe d'amis de l'Union Musicale dans les années 20, à droite, Antonin et son petit-fils Michel, dans les années 50, avenue Roosevelt à Lapalisse. Ci-contre, Antonin Régerat dans l'atelier des valises de l'usine Barthelot.

-

En 1967, à quelques mois d’intervalle, Marie-Louise et Fanny Grenier quittèrent ce monde. Antonin vécut dans sa maison de l’avenue Roosevelt jusqu’en 1980, année durant laquelle, affaibli, il rejoignit sa fille, Catherine Ginette, à Clermont-Ferrand où il vécut les neuf dernières années de sa vie.

-

Remerciements à Michel Parillaud et à Madame Micheline Carré, fille de Léon Régerat.

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

mardi 23 novembre 2010

Jeudi 25 novembre, le Président Sarkozy a fait étape à Isserpent

-

C'est en fin de matinée que Nicolas Sarkozy a visité l'exploitation agricole de Louis Salles, maire de la commune. Comme prévu, à Isserpent et au Mayet, les défenseurs du Pays de Lapalisse ont brillé par leur discrétion. Mais qu'importe, un autre Président nous a apporté son soutien, il s'agit de Jean-Paul Dufrègne, Président du Conseil Général de l'Allier, qui souhaite organiser une table ronde au sujet de la fermeture programmée du Lycée Antoine-Brun. Il faut dire que la motion d'émotion votée il y a quelques jours par sa majorité, afin de protester contre le projet de fermeture du LPA, a été totalement ignorée par René Souchon, Président de la Région.
La rotondité étant actuellement à la mode dans notre département, on annonce déjà la tenue à l'Hôtel de Ville de Lapalisse d'un colloque autour du thème : L'art de tourner en rond à l'échelle des pratiques politiques locales.
-
S. HUG

lundi 22 novembre 2010

Chronique du haut de la palissade : le retour de Don Quichotte

-
Vous n’êtes pas sans ignorer que le couperet est officiellement tombé sur l’avenir du Lycée Antoine-Brun qui fermera ses portes au mois de juin prochain. Le Maire de Lapalisse, se sentant trahi par ses amis politiques qui tiennent à la fois la région et le département, a juré de se battre jusqu’au bout. Mais l’issue du combat est déjà derrière nous. Lapalisse s’est réveillée ce week-end avec la gueule de bois, sans doute saoulée d’avoir vu défiler cette semaine dans ses rues désertes une jeunesse trop longtemps ignorée. En effet, combien de Lapalissois ont déjà franchi les portes du Lycée Antoine-Brun ? Mais soyons lucides, nous n’avons rien à gagner à enfiler le bleu de chauffe des Conti de l’usine de Clairoix qui promettaient de continuer la lutte alors que les jeux étaient déjà faits et que l’opinion était déjà passée à autre chose. Aujourd’hui, Lapalisse n’est plus dans le camp des vainqueurs. Je crains que notre ville n’ait pas encore compris dans quel monde elle évolue. Depuis une dizaine d’années, une concurrence féroce s’est engagée entre les collectivités territoriales et toutes les familles politiques, y compris celles de gauche (qui pourtant s’en défendent), se sont converties à cette nouvelle forme de lutte politique. Mieux encore, la décentralisation a définitivement placé l’Etat en position de juge territorial qui fait toujours pencher la balance du côté de l’innovation. Or, l’innovation naît de dynamiques qui peuvent être encouragées à condition de le vouloir. Si le Pays de Lapalisse ne réagit pas avec rapidité, rossinante n’est pas au bout de botter les fesses de Don Quichotte…
-
S. HUG

dimanche 21 novembre 2010

Chronique du haut de la palissade : les Vérités de Lapalisse

-
L'actualité lapalissoise des jours derniers montre à quel point notre ville est à la croisée des chemins. Alors que la fermeture programmée du Lycée agricole va accroître encore un peu plus l'écart qui nous sépare des villes moyennes de notre département, le projet de création d'une Maison de Santé ancre résolument Lapalisse parmi les bourgs-centres bourbonnais.
Comme nous vous l'avions annoncé dès le mois d'août, la fermeture du Lycée Antoine-Brun n'est plus qu'une question de mois. Tout est déjà plié et de longue date. Rappelons qu'en 2008, la majorité de gauche du Conseil régional avait déjà programmé la fermeture du site en refusant de voter les 4 millions d'euros nécessaires à la rénovation des bâtiments. De plus, il existe en effet une concurrence entre le Ministère de l'Agriculture et le Ministère de l'Education Nationale en ce qui concerne les filières "sanitaires et sociales" en milieu rural. La consolidation des Bac Pro SMS à Varennes-sur-Allier et Cusset a réduit le champ de recrutement du Lycée Antoine-Brun dont les équipes enseignantes ont le plus grand mal à développer de nouveaux projets capables de créer des filières attractives.

La manifestation qui a eu lieu jeudi dernier, jour du marché, dans les rues de Lapalisse n'aura donc aucun effet. Jacques de Chabannes et son mentor, le député Gérard Charasse, ont eu beau jouer sur l'affect, s'en prendre à l'Etat centralisateur, comptable et distant, ils savent forcément que tout est déjà fini.
Autre dossier, celui de la Maison de Santé. Vous vous êtes sans doute rendu compte que depuis quelques semaines, la com com mène une opération de séduction en direction des professionnels de la santé du Pays de Lapalisse. La raison en est toute simple. La Com com s'est vue conseiller de se replonger dans la Charte de création des Maisons de Santé et de bien comprendre, cette fois-ci, que le projet ne doit, en aucun cas, répondre à une commande publique, mais doit être, au contraire, porté par les acteurs locaux de la Médecine. Les erreurs d'analyses s'accumulent donc et le projet tarde à voir le jour.
S. HUG

samedi 20 novembre 2010

Sur le front de la recherche universitaire

-


Dernièrement, Antonin Forlen, lecteur de PALICIA, a brillamment soutenu devant la Faculté de droit de Strasbourg, un travail de recherche intitulé "L'ordre public au XVIIIe siècle: la lecture d'un praticien, Edme de la Poix de Fréminville", preuve que de multiples facettes du travail du jurisconsulte lapalissois restent encore à explorer.



-

vendredi 19 novembre 2010

COLLECTION VISAGES DU BOURBONNAIS - Achille Allier : l'inventeur du romantisme provincial


Né le 2 juillet 1807, rue Notre-dame à Montluçon. Sa famille appartenait à la petite bourgeoisie de la ville, (son père était marchand-épicier, sa mère, issue d’une famille de notaires de Montmarault, son oncle fut général et baron d’Empire). Après avoir fréquenté le lycée de Montluçon, il monta à Paris finir ses études secondaires au Lycée Louis-le-Grand. Sa famille l’orienta ensuite vers des études de Droit car on rêvait d’en faire un notaire. Il passa sa licence à la Sorbonne (1826-1829) mais ne put obtenir l’étude notariale qu’il convoitait. Passionné de littérature, de poésie romantique (il est admirateur de Chateaubriand et de Lord Byron) et par la sauvegarde du patrimoine, Achille Allier peut être considéré comme l’un des fondateurs du romantisme provincial. En avril 1831, Achille Allier devint rédacteur en chef de L’Album de l’Allier, journal littéraire, des sciences, des Arts et de l’Industrie. Le 5 septembre 1831, il épousa Evelina Deshays et s’installa à Bourbon-l’Archambault. La même année il publia ses Esquisses bourbonnaises. Sa rencontre avec Claude-Henri DUFOUR, un élève de l’école du peintre David, fut à l’origine de L’Ancien Bourbonnais, livre album consacré à l’histoire et aux richesses de notre province. Le 20 juillet 1832, avec l’aide du Duc d’Aumale, il réussit à empêcher la vente aux enchères des ruines du château de Bourbon-l’Archambault ce qui aurait livré cet édifice à la pioche du démolisseur.L’imprimeur moulinois Pierre-Antoine Desrosiers se chargea en 1833 de l’impression de L’Ancien Bourbonnais, tiré dans un premier temps à mille exemplaires, formé de deux tomes in-folio et doté d’un atlas de cent vingt cinq pages grand in-folio. Achille Allier fut soutenu dans cette entreprise par Victor Hugo et par la famille d’Orléans. En 1835, Achille Allier lança avec l’imprimeur Desrosiers la revue L’art en province.Exténué par ces travaux et ses incessants voyages à Paris, Achille Allier succomba brutalement à Bourbon-l’Archambault, le matin de Pâques 1836. Adolphe Michel, professeur au Lycée de Moulins termina L’Ancien Bourbonnais qui fut finalement tiré à 2 000 exemplaires entre 1833 et 1837.L’œuvre d’Achille Allier tombée dans l’oubli hors de notre province est en revanche ici considérée comme fondatrice et influença profondément l’historiographie bourbonnaise. Ce romantique est le grand refondateur de notre province. Depuis 1991, chaque année, le Conseil général de l’Allier décerne un Prix Achille Allier récompensant les défenseurs et les promoteurs de la culture bourbonnaise.
-
S. HUG

mardi 16 novembre 2010

Chronique du haut de la palissade : méfiez-vous des imitations !

-

Comme vous avez sans doute pu le lire dans La Montagne du 30 octobre, le Conseil Général de l'Allier a voté, lors de sa dernière session, une motion pour demander le maintien du Lycée Antoine-Brun. Les moins affutés des lecteurs de la "presse-patate" ont sans doute pensé un peu trop vite que le Conseiller général du canton de Lapalisse était en passe de sauver l'établissement lapalissois. En fait, vote de motion ne rime pas du tout avec décision et le maintien du Lycée Antoine-Brun ne dépend pas du Conseil Général. Le conseiller général de Lapalisse vient donc, bien maladroitement, de montrer au grand public qu'il n'avait, sur ce dossier comme sur tant d'autres, aucune cartouche pour monter au front. En attendant de nous rejouer la fable du Pot de terre contre le pot de fer , voici donc venu le temps des voeux pieux et des motions d'émotions...
-
-


S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

samedi 30 octobre 2010

PALICIA organise une nouvelle enquête d'opinion à destination de tous les habitants du Pays de Lapalisse.


PALICIA ORGANISE LA PREMIERE ENQUETE D'OPINION VISANT A MIEUX CONNAITRE VOTRE PERCEPTION DU PAYS DE LAPALISSE - RETROUVEZ TROIS QUESTIONNAIRES DANS LA COLONNE DE DROITE DU SITE

samedi 23 octobre 2010

Chronique du haut de la palissade : lunettes noires pour soleil couchant.

-
Apprenant qu'une vingtaine de conseillers municipaux lapalissois était bloquée au trente-sixième dessous dans une mine de rien où ils ont réussi à faire leur trou, la société Oakley (celle-là même qui a sauvé les rétines des 33 valeureux mineurs chiliens) vient d'annoncer, non sans une arrière pensée publicitaire, qu'elle était prête à nous livrer ses fameuses lunettes afin de faire remonter nos édiles juste à temps pour le crépuscule de notre ville.
-
S. HUG

mercredi 20 octobre 2010

COLLECTION VISAGES DU BOURBONNAIS - Gabriel Péronnet : l'élégance dans l'engagement politique

-
PALICIA lance, à l'occasion de ce portrait de Gabriel Péronnet, la Collection VISAGES DU BOURBONNAIS, une série consacrée aux hommes et aux femmes qui ont marqué de leur empreinte notre province.
-

Né au Vernet, près de Vichy, le 31 octobre 1919, dans l’école communale où son père était instituteur, Gabriel Péronnet fit toutes ses études au Collège de Cusset, puis à l’Ecole vétérinaire de Lyon, d’où il sortit major de promo en 1943 . Après un passage dans l’Armée (il demeura d'ailleurs Lieutenant-colonel vétérinaire de Réserve), Gabriel Péronnet se maria en 1945 et ouvrit un cabinet à Cusset. Il entra dans la vie politique en 1952 en se faisant élire conseiller général du Canton de Cusset, sous l’étiquette d’Indépendant de Gauche, lors d’une élection partielle suite au décès de Georges Roux, maire de Cusset et conseiller général. Gabriel Péronnet siégea au Conseil général jusqu’en 1979 et y fut réélu cinq fois consécutives (en 1979, il fut battu par le communiste René Bardet, futur maire de Cusset). Durant cet engagement départemental, Gabriel Péronnet fut, pendant de longues années, Président de l’Office départemental d’HLM et administrateur de l’Office départemental du Tourisme et du thermalisme.
Proche du Parti radical socialiste dès 1939, Gabriel Péronnet retourna vite au sein de cette formation politique après avoir, nous l’avons dit, porté un temps les couleurs des Indépendants de gauche. En 1958, il fut élu président du Comité radical de Vichy, puis, Président de la Fédération de l’Allier en 1962, prit la tête de la Fédération d’Auvergne en 1971 . Il devint secrétaire général du Parti radical en décembre 1973 et, enfin, Président national en décembre 1975, prenant ainsi la suite de Jean-Jacques Servan-Schreiber. Il assura la direction des Radicaux de gauche pendant deux années, puis devint leur Président d’honneur.
Gabriel Péronnet se présenta pour la première fois à des élections législatives en novembre 1958, dans la 4ème circonscription de l’Allier, mais fut battu lors d’une triangulaire au deuxième tour par le député sortant (candidat des Indépendants et Paysans), Pierre Coulon, maire de Vichy, alors que le candidat communiste avait choisi de se maintenir. En novembre 1962, bénéficiant cette fois-ci du report des voix communistes, il triompha de Pierre Coulon et devint député de la circonscription de Vichy, abandonna la médecine vétérinaire pour ne plus se consacrer qu’à la vie politique. Gabriel Péronnet fut réélu député en 1967, en 1968 (avec les voix de gauche, sous l’étiquette FGDS – Fédération de la Gauche Démocrate Socialiste), en 1973 (avec le soutien du mouvement des Réformateurs), en 1976 (lors d’une élection partielle) et, enfin en 1979 avec l’appui de l’UDF. Il siégea pendant de longues années à la commission des Affaires étrangères. Aux élections législatives de juin 1981, Gabriel Péronnet fut battu par le jeune candidat socialiste Jean-Michel Belorgey . Un mois plus tard, il devenait membre honoraire du Parlement par décision du bureau de l’Assemblée nationale.


Gabriel Péronnet lors d'une cérémonie de remise de médailles du travail aux Etablissements Barthelot à Lapalisse au début des années 1970. De gauche à droite : François Grèze, maire de Lapalisse, Gabriel Péronnet, Antonin Régerat, M. Gravière, M. Buissonière et François Rimoux, PDG des Ets Barthelot (cliché aimablement communiqué par Michel Parillaud).

-

Gabriel Péronnet tenta par ailleurs une seule fois de conquérir la mairie de Vichy, lors des élections municipales de mars 1971, mais il fut largement battu par l’équipe sortante du Docteur Lacarin.
L’année 1974, marqua un tournant dans la carrière politique de Gabriel Péronnet. Après avoir soutenu la candidature de Valéry Giscard d’Estaing, le député de l’Allier entra le 8 juin 1974 dans le 1er gouvernement de Jacques Chirac en tant que secrétaire d’Etat chargé de l’Environnement, puis, à partir du mois d’octobre, comme secrétaire d’Etat à la fonction publique. L’expérience ministérielle de Gabriel Péronnet prit fin en août 1976 avec la démission de Jacques Chirac.
Au niveau international, Gabriel Péronnet fut élu en juillet 1977 membre de la sous-commission de l’UNESCO par la commission de la culture et de l’éducation du Conseil de l’Europe, puis, en 1980, vice-président de la commission de la culture et de l’éducation au Conseil de l’Europe, nommé, en 1982, représentant permanent de la Fédération mondiale des villes jumelées auprès de l’UNESCO. Après son élection à la Présidence de la République, François Mitterand le nomma membre de la délégation française à l’Assemblée générale de l’ONU, puis il fut élu Président de l’Association Française des Nations Unies en 1983, année durant laquelle il quitta la vie politique. Lors de ses missions ministérielles ou parlementaires, puis dans le cadre de L’ONU, du Conseil de l’Europe ou de l’UNESCO, Gabriel Péronnet rencontra et travailla avec des grandes figures du Monde contemporain : Richard Nixon, Indira Gandhi, le Maréchal Tito, John Fitzgerald Kennedy ou Golda Meir.
Passionné par la chose publique, véritable élu de terrain (habitué des banquets, concours, fêtes de villages), Gabriel Péronnet (« Gaby » pour ses électeurs) était toujours vêtu avec élégance. En 1978, un chroniqueur en brossait le portrait suivant :
« Radical, Monsieur Péronnet ne l’est pas que par la pensée, il l’est par le geste, dans l’attitude comme dans sa personne. Jusqu’au bout des ongles. Jusqu’au bout de la moustache vigoureuse et bien lissée. Jusque dans le costume, sobre, impeccable et dans l’impulsion de sa voix, modulée et profonde, comme dans la phrase souple, rythmée qui coule avec clarté et facilité, qui rappelle les grands orateurs de la IIIe République. Petit veston, bien calé dans son fauteuil, attentif, il répond à nos questions. On dirait le président Herriot. »
Gabriel Péronnet nous quitta le 13 janvier 1991 des suites d’une longue maladie.

Gabriel Péronnet était Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier de l’ordre national du Mérite, commandeur des Palmes académiques, chevalier du mérite agricole, du Mérite social, du Mérite militaire, du Mérite sportif.

-

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

samedi 16 octobre 2010

Le cahier du soldat Grenier

-

Michel Parillaud, originaire de Lapalisse et installé sur l'Ile de la Réunion depuis une dizaine d'années, vient de me communiquer un document tout simplement exceptionnel. Il s'agit d'un cahier d'une centaine de page que son arrière-grand-père Auguste Grenier (1876-1928) a rédigé durant son passage sous les drapeaux. Ce document rarissime contenant plusieurs dizaines de chansons illustrées de dessins coloriés, va combler de bonheur les historiens de l'Armée française et les spécialistes de la Belle Epoque. Grâce à l'aide et à l'aimable autorisation de Michel Parillaud, nous vous présentons quelques unes des plus belles pages de ce cahier où se cotoyent grivoiserie, patriotisme et rêves érotiques des soldats de la Belle Epoque.

Jean-Marie (dit Auguste) Grenier est né à Lapalisse en 1876 dans une famille de cultivateurs. Entre novembre 1897 et septembre 1900, Auguste Grenier effectua son service militaire au 153e Régiment d'Infanterie basé à Toul. Revenu à la vie civile, il regagna Montcombroux-les-Mines où il sétait fixé vers 1895. En 1905, Auguste Grenier épousa Fanny Marais (1885-1967), originaire de Beaulieu (Saint-Prix). En 1910, le couple acheta le domaine des Terriers à Montcombroux où prit place, sur six hectares de prairie, un bel élevage de charolais. Membre du Syndicat agricole de Montcombroux, Auguste Grenier donna libre cours jusqu'à la fin de sa vie à sa passion pour la chasse.
-

Auguste Grenier durant son service militaire

- Fany Marais au moment de son mariage avec Auguste Grenier
-






Auguste Grenier à la fin de sa vie

-

S. HUG


HUGSTEPHANE@aol.com