jeudi 1 octobre 2009

Un lieu central : le vieil hôpital de La Palisse

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La fondation de l'hospice de la Providence de La Palisse par Claude-Maximilien de La Guiche et sa femme, Suzanne de Longaunay, en 1656, s'inscrit dans un XVIIe siècle, le Siècle des Saints, marqué par un renouveau de la piété catholique. Le vieil hôtel-Dieu de la rue Notre-Dame étant devenu depuis bien longtemps totalement obsolète, cette fondation fut tout autant un acte de dévotion qu'un acte politique visant à apporter une réponse face à la montée du paupérisme rural. La nouvelle fondation fut grassement dotée : Claude-Maximilien de La Guiche accorda une rente annuelle de 300 livres, sa soeur, la Comtesse de Ventadour, donna la somme de 1 500 livres, à cela s'ajouta une rente annuelle de 39 quartes de seigle à prendre dans les greniers seigneuriaux, des droits d'usage dans les bois de la seigneurie, une dîme sur la paroisse de Servilly, la propriété de deux maisons et d'une chenevière situées dans La Palisse et une rente de 99 livres annuelles. Un terrain de six quartellées (environ 6 000 mètres carrés) fut acheté au faubourg de Paris pour "La closture du couvent qui sera par elles construit et à leurs frais comme aussy des bastiments nécessaires audit hospital, chapelle ou église, cimetière des pauvres religieuses, jardin, vergier et autres choses qui seront comprises dans ledit enclos." . L'acte de fondation prévoyait que les Augustines de Clermont devaient entretenir dans leur hospice de La Palisse deux lits pour les hommes et deux lits pour les femmes et en créer deux autres quatre années plus tard. L'établissement devait accueillir en priorité les "gens de La Palisse et autres terres du seigneur" et "on ne reçoit point d'incurables, ny gens attaqués de maladies pestilencielles ou de playes et maladies indécentes, ny à faire amputations de membres." Par ailleurs, les quatre premières religieuses furent tenues d'instruire gratuitement les filles de La Palisse et d'entretenir quatre enfants pauvres désignés par le seigneur de la ville. Ce même seigneur désignait un directeur devant administrer le temporel de l'établissement et présenter les comptes de recettes et dépenses, ainsi que les médecins et les chirurgiens chargés de visiter les malades. Enfin, chaque jour un chapelain (désservant également la chapelle Saint-Ligier du château) officiait dans la chapelle de l'hospice.

Pendant la période révolutionnaire, les biens et l'administration de l'hôpital furent sécularisés et placés sous la tutelle des premières municipalités qui se plaignaient déjà de la vétusté des bâtiments et du manque de moyens. Les Religieuses augustines firent leur retour sous la Restauration, la gestion de l'établissement fut alors confié à un Conseil d'administration composé d'élus municipaux, de notables locaux, d'un ou deux médecins lapalissois et du curé de la paroisse.

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L'hôpital de La Palisse peu avant la Grande Guerre. Désaffectée en 1922, le bâtiment abrita dès 1925 le premier cinéma de la ville, Le Palace, ainsi qu'un bistrot. La chapelle servit quant à elle pendant de longues années de salle de répétition à la société musicale.

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La tombe des dernières supérieures de l'Hôpital de La Palisse (cimetière municipal)


Juliette Roulleau (1837-1905), en religion soeur Euphémie, supérieure de l'hôpital de La Palisse de 1882 à sa mort.




Vue sur l'abside de la chapelle de l'ancien hôpital. Cette chapelle, aujourd'hui désaffectée et fermée à la visite, possède un plan rectangulaire avec des voûtes d'arête, une abside en cul-de-four et elle est éclairée par deux fenêtres cintrées. La nef est divisée en trois petites travées par des arcs-doubleaux qui s'amortissent sur des consoles. Cette chapelle abrita pendant longtemps un mausolée renfermant le coeur de Claude-Maximilien de La Guiche, fondateur de l'hospice, mort à Moulins en 1659.


S. HUG





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