vendredi 19 novembre 2010

COLLECTION VISAGES DU BOURBONNAIS - Achille Allier : l'inventeur du romantisme provincial


Né le 2 juillet 1807, rue Notre-dame à Montluçon. Sa famille appartenait à la petite bourgeoisie de la ville, (son père était marchand-épicier, sa mère, issue d’une famille de notaires de Montmarault, son oncle fut général et baron d’Empire). Après avoir fréquenté le lycée de Montluçon, il monta à Paris finir ses études secondaires au Lycée Louis-le-Grand. Sa famille l’orienta ensuite vers des études de Droit car on rêvait d’en faire un notaire. Il passa sa licence à la Sorbonne (1826-1829) mais ne put obtenir l’étude notariale qu’il convoitait. Passionné de littérature, de poésie romantique (il est admirateur de Chateaubriand et de Lord Byron) et par la sauvegarde du patrimoine, Achille Allier peut être considéré comme l’un des fondateurs du romantisme provincial. En avril 1831, Achille Allier devint rédacteur en chef de L’Album de l’Allier, journal littéraire, des sciences, des Arts et de l’Industrie. Le 5 septembre 1831, il épousa Evelina Deshays et s’installa à Bourbon-l’Archambault. La même année il publia ses Esquisses bourbonnaises. Sa rencontre avec Claude-Henri DUFOUR, un élève de l’école du peintre David, fut à l’origine de L’Ancien Bourbonnais, livre album consacré à l’histoire et aux richesses de notre province. Le 20 juillet 1832, avec l’aide du Duc d’Aumale, il réussit à empêcher la vente aux enchères des ruines du château de Bourbon-l’Archambault ce qui aurait livré cet édifice à la pioche du démolisseur.L’imprimeur moulinois Pierre-Antoine Desrosiers se chargea en 1833 de l’impression de L’Ancien Bourbonnais, tiré dans un premier temps à mille exemplaires, formé de deux tomes in-folio et doté d’un atlas de cent vingt cinq pages grand in-folio. Achille Allier fut soutenu dans cette entreprise par Victor Hugo et par la famille d’Orléans. En 1835, Achille Allier lança avec l’imprimeur Desrosiers la revue L’art en province.Exténué par ces travaux et ses incessants voyages à Paris, Achille Allier succomba brutalement à Bourbon-l’Archambault, le matin de Pâques 1836. Adolphe Michel, professeur au Lycée de Moulins termina L’Ancien Bourbonnais qui fut finalement tiré à 2 000 exemplaires entre 1833 et 1837.L’œuvre d’Achille Allier tombée dans l’oubli hors de notre province est en revanche ici considérée comme fondatrice et influença profondément l’historiographie bourbonnaise. Ce romantique est le grand refondateur de notre province. Depuis 1991, chaque année, le Conseil général de l’Allier décerne un Prix Achille Allier récompensant les défenseurs et les promoteurs de la culture bourbonnaise.
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S. HUG

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